‹ Russes et Prussiens, guerre de Sept ansChapitre 54 sur 122 · Catt, p. 23S · texte numérisé non relu

Catt, p. 23S

2. Polilische Correspondent, t. XVIIl, 2^ partie, p. 434. Eicliel à Finckonsteia, 22 juillet 1759.

3. La nation qui ne porte pas chapeau, ce sont les Turcs et les Tatars. Les Barbares, ce sont les Russes. Polit, Corresp., t. XVIII, i^o partie, p. i7. Cette

opposé aux Russes Dohna avec une « belle et leste armée », plusieurs fois renforcée. Quant à lui, Tépuisement de ses ressources en officiers et en hommes Tobligeait à se tenir sur la défensive. Et voilà qu'on venait l'attaquer jusque sur sa terre margraviale de Brandebourg. Il éprouvait autant de colère contre ces redoutables im^jortuns que d'irritation contre le malchanceux Dohna.

Dohna, depuis sa retraite derrière l'Obra, n'avait que des données fort incertaines sur ce que faisait l'armée russe. Craignant qu'elle n'eût tourné vers le sud pour opérer sa jonction avec Daun, il décida de remonter cette rivière dans la direction de l'Oder. Le 17 juillet il leva son camp de Mezeritz et, à marches forcées, se porta sur Schwiebus, où il arriva le 21. Mais ce même jour, 17 juillet, Soltykof avait franchi l'Obra à Bomst (en polonais : Babié most, pont de la Bonne-Femme), et, le 20, était entré sur les terres de Brandebourg. Il résulta de cette double opération que Dohna, poursuivant sa route vers le sud, sans le savoir et sans qu'ils le sussent, passa presque à portée de mousquet des cavaliers de Tottleben. Puis, à Zûllichau, il tomba sur les hussards de Zoritch, qu'il chassa de cette ville. C'est là qu'il prit position pour essayer de barrer le chemin aux envahisseurs.

C'est là aussi que vint le trouver un billet du roi, très sec, et ainsi conçu : « Vous êtes trop malade pour vous charger du commandement. Vous ferez bien de vous faire transporter ou à Berlin, ou dans un endroit où vous pourrez remettre votre santé. Adieu \ »

En même temps que ce mot, arrivait au camp le lieutenantgénéral von Wedell. Outre le commandement, le roi lui confiait les pouvoirs les plus étendus. « Je l'ai fait dictateur pendant la durée de cette commission », écrivait-il au prince Henri. Ainsi donc, il fallait un dictateur, comme dans l'an-

lettre et d'aulres semblables furent prises sur le comte de Fouqué, lors de son désastre, communiquées par Eslerhazy à Voronlsof, qui les lit traduire et les mit sous les yeux d'Elisabeth. Elles sont reproduites dans V Archive Vorontsof , t. XXXVn, p. 217 et suiv.

1. Polilisdie Correspondenz, t. XVIII, 2e partie, p. 425; 20 juillet 1759.

LA BATAILLE DE PALTZIG

cienne Rome au moment des dangers suprêmes, tels que tumulte gaulois ou invasion barbare. Frédéric II ne se dissimulait pas les difficultés de la mission confiée à Wedell : « Il devra faire ce que faisait un dictateur au temps des Romains \ » — « Vous comprenez, mandait-il encore à Henri, qu\me bredouille ne se redresse pas dans les vingt-quatre heures... Voilà encore des têtes qui tournent. Grand Dieu, que les hommes sont une triste espèce ! La crise est grande, mais il n'y a encore rien de perdu ^. »

Non seulement Tarmée de Dohna se trouvait dans la situation la plus aventurée, mais elle était épuisée et démoralisée. Sans presque avoir essuyé le feu de l'ennemi, elle était notablement diminuée par la désertion, qui était le fléau de ces troupes, recrutées en partie de transfuges, d'étrangers enrôlés de force, et même de prisonniers de guerre. Un officier français écrivait le 15 juillet :

La désertion est fort grande en Prusse. L'on estime à 3 000 hommes au moins la perte de M. Dohna depuis son séjour en Pologne. Les déserteurs se partagent. Les Mecklemboui-geois enlevés de force retournent chez eux, les Polonais restent dans leur patrie, et Ton ne fait monter qu'à 200 ceux qui ont rejoint l'armée prussienne. Dans ce nombre il y a quelques Français qui ont été faits prisonniers à Bergen ^ Ils s'étaient sauvés quatorze, mais douze ont été repris et conduits à Stettin^.

Le « dictateur » Wedell avait d'abord à refaire le moral de Tarmée, à sévir contre l'indiscipline des soldats et la « lâcheté ^ » des officiers. Voici quelques lignes de Tlnstruction que lai remit Frédéric II :

... Tenir la main à une discipline rigoureuse. Défendre aux offi-

1. Was ein Diclalor bei der Rœmer Zeiten vorstelUe. Ibid., lettre à Dohna.

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