Fkédkric II, Histoire de la (juerre de Sept ans
2. Scii.î:fi:k, Gesch. d. Siebenjàln'igen Kriegs, t. II, p. 295.
Dans ce rapport, qui contrastait heureusement avec certains de Fermor, il rendait un éclatant témoignage à la bravoure de son armée :
L'ennemi est revenu cinq fois consécutives à la charge avec des troupes fraîches et toujours en plus grand nombre. Toutes ces fois, les troupes de Votre Majesté Impériale se sont comportées avec tant de valeur que la première ligne seule, sans le secovirs de la seconde, sans avoir perdu un pouce de terrain et sans avoir été nullement ébranlée, non seulement a soutenu les cinq attaques, mais a remporté même une victoire complète, chassé l'ennemi du champ de bataille, l'a mis en déroute, lui a fait prendre la fuite et a enlevé beaucoup d'artillerie, d'étendards, de drapeaux et d'autres trophées. . . Il n'est personne, depuis les généraux jusqu'au dernier soldat, qui n'ait fait tout son devoir comme on doit se le promettre de sujets fidèles et de gens pleins d'honneur'...
Le général Pierre Ivanovitch Panine, dans une lettre à son frère Nikita, ne fait pas un moins bel éloge d'une autre vertu du soldat russe :
Nous avons vu de nos yeux, avec la plus grande surprise, beaucoup de nos hommes blessés légèrement prendre sur leur dos les Prussiens grièvement blessés et les transporter en lieu sûr. Nos soldats les réconfortaient de leur pain et de leur eau, dont eux-mêmes avaient le plus grand besoin, comme si, d'un sentiment unanime, ils avaient voulu confondre les calomniateurs qui accusent notre armée d'indiscipline et d'inhumanité^.
Soltykof avait montré à Daun le Cunctator comment on sait s'acquitter, à tout prix, d'une parole donnée, et comment, pour le succès de la cause commune, on doit affronter « le premier coup » d'un redoutable ennemi. Après sa victoire comme avant la bataille, il semble n'avoir d'autre souci que de maintenir ou de lier des communications avec cet allié qui
1. Traduclioii de cette pièce dans lo toine LX de la Correspondance Russie. Archives des affaires étrangères de France. — Soltykof s'exprime presque dans les mômes termes dans une lettre à Vorontsof (Société impériale de Russie t. X, p. 489-490).