Cité par M. M.vsslovski, t. III, p
LA BATAILLE DE PALTZIG
se dérobe. Il tend à se rapprocher des points où Ton peut opérer la jonction avec les Autrichiens. Le 25, il décide de faire occuper Krossen sur TOder, par la brigade Volkonski. Or, à ce moment, Wedell se dirigeait de Grùnberg sur cette ville. Le 28, son avant-garde, formée des hussards de Malachowski, réussit à y prévenir les Russes. Il fut aussitôt chassé de sa conquête par Volkonski, qui s'empara de la ville et des magasins prussiens.
Ce général dépêcha même, par le pont de TOder, Perfilief et ses kosaks. Ils poursuivirent Malachowski sur Tautre rive du fleuve, lui prirent deux canons et forcèrent Wedell à modifier son itinéraire.
Enfin le 26, Soltykof, qui avait passé trois jours à Paltzig, occupé à enterrer les morts, à soigner les blessés, à faire chanter le Te Deurn^ leva son camx3. Le 28, il était de sa personne à Krossen : il expédiait sur l'autre rive de TOder la cavalerie de Tottleben, le corps de Galitsyne, pour nettoyer le pays et préparer la jonction avec les Autrichiens. Dans la direction de Francfort, il envoyait Villebois, avec 5 régiments d'infanterie, 2 de grenadiers à cheval, des hussards, des kosaks et de Tartillerie. Villebois arriva le 31 juillet en vue de Francfort. Francfort, sur la rive gauche de TOder, était une ville de 1 300 maisons, que le commerce avait fort enrichie. Elle n'était point en état de défense : Frédéric II en avait enlevé tous les canons pour en renforcer Kûstrin et n'y avait laissé qu'un bataillon sous le major Arnim. Villebois, en arrivant, trouva le pont détruit. Il souhaitait épargner cette ville et envoya aussitôt un parlementaire au major Arnim. Celui-ci consentit à entrer en pourparlers, mais il exigea la libre sortie de la garnison avec toutes les armes et tout le bagage, Villebois refusa ces conditions et fit ouvrir le feu sur la ville. A peine avait-on tiré quelques coups de canon qu'arriva un secrétaire du Magistrat, annonçant que la garnison s'était retirée et que les halûtants faisaient leur soumission. Villebois exigea qu'avant tout le pont sur l'Oder fût rétabli, sinon le bombardement recommencerait. Aussitôt le pont rétabli, Villebois y fit passer les hussards de Zoritch
BUSSES ET PRUSSIENS.
et les grenadiers à cheval de Biïlau, avec ordre de poursuivre la garnison, qui se retirait sur Kûstrin. Déjà les kosaks de Loukovkine avaient franchi le fleuve à la nage auprès de Lebus . Ils tombèrent les premiers sur la petite colonne du major d'Arnim et, sans l'attaquer à fond, la tinrent en arrêt jusqu'à l'arrivée de Zoritch et Bûlau. Alors cette troupe, au nombre de 645 hommes, mit bas les armes.
Villebois ht son entrée dans Francfort, sous l'escorte du régiment d'infanterie Vyborg. Reçu par les habitants avec les honneurs accoutumés, il frappa aussitôt sur la ville une contribution de 200 000 thalers, exigea des foimiitures de vivres considérables et se ht livrer des cuirasses, dont manquaient beaucoup de cuirassiers russes et qu'on attendait depuis 1757.
Le lendemain, sur l'autre rive de l'Oder, apparaissait le corps autrichien de Laudon. Celui-ci avait lueme essayé de prévenir les Russes par l'occupation de Francfort et de leur enlever le i3lus brillant résultat de leur victoire. Du moins il exigea que Villebois lui remît la moitié de la contribution et des réquisitions. Villebois refusa, le renvoyant à Soltykof.
Celui-ci fit, le 3 août, son entrée triomphale dans Francfort, salué par le carillon des cloches et les salves de Tartillerie russe; il fut reçu et harangué par le Magistrat qui lui jjrésenta les clefs de la ville. Elles furent aussitôt envoyées à la tsarine.