Polilische Correspondenz, t. XVHI, 2© partie, p
il écrivait : « Mes généraux passent au grand galop TAcliéron, et bientôt il ne restera plus personne \ » La « cruelle guerre » , que poursuivaient si âprenient contre lui les trois femmes avait détruit toutes ses élites : « Ah ! si j'avais dix bataillons de 1757 !... Mais ce qui nous reste n'est pas comparable à ce que nous avions de plus mauvais "\ »
Plus tard, Frédéric a fait cet aveu : « Si les Russes avaient su profiter de leur succès, s'ils avaient poursuivi ces troupes découragées, c'en était fait des Prussiens... Enfin il n'aurait dépendu que des ennemis de terminer la guerre ; ils n'avaient qu'à donner le coup de grâce » Le soir de Kunersdorf , il voyait déjà l'ennemi en route sur sa capitale : « A Berlin, écrivait-il à Finckenstein, on fera bien de penser à sa sûreté^. » Le lendemain il prescrivait à ce ministre de se transporter avec le gouvernement à Magdebourg et d'engager « sous main » les gens riches et aisés de se retirer à Hambourg avec lem*s effets et capitaux, car « l'ennemi peut être à Berlin en deux ou trois jours »•
Dans cette bataille de Kunersdorf, Soltykof ne s'était point montré un général médiocre. En faisant la part de ce qu'il dut aux conseils de Laudon, il faut reconnaître qu'il avait résolument accepté la bataille, clioisi les positions les plus avantageuses, ajouté à leur force naturelle par des travaux bien conçus, fait des reconnaissances aussi exactes que possible, assuré la retraite tout en se jjréparant à la défense. Il avait su « conformer ses dispositions à celles de l'adversaire », rompu avec la* routine du grand carré à la Miinich, fait les modifications opportunes à mesure que se dévelopj)ait le mouvement de Frédéric, amené à prox)Os les forces de son aile occidentale au secours de l'aile orientale, tiré parti de
1. Politische Correspondenz, ibid., p. 407, au prince Henri, 16 juillet 1769.