Frédéric H, Histoire de la guerre de Sept ans
3. Gliillré. Allai res étrangères do France, Correspondance Russie, t. LX, la pièce qui suit la pièce 74.
dans une position où son secours était nécessaire ; qu'en attendant il était résolu de donner du repos à son armée... ; qu'enfin il était décidé à conserver le reste de ses braves gens qui avaient si bien combattu à Paltzig et à Francfort ' .
Je lui ai inutilement représenté qu'en ne suivant pas plus loin le roi de Prusse, il laisserait cueillir aux Autrichiens le fruit de ses victoires. Il m'a répondu qu'il n'en était point jaloux et qu'il leur sovibaitait de tout son cœur les plus grands succès ; qu'il en avait assez fait.
Je me suis aperçu à Pétersbourg, mais bien plus distinctement à cette armée, que tout ce qui est russe est intimement persuadé que la cour de Vienne se soucie fort pevi de les ménager, et que son intention est de leur faire supporter tout le poids de cette guerre. Ils sont devenus fort avantageux depuis leurs victoires, et parlent des Autrichiens en termes peu convenables. Pour les Suédois, ils les regardent avec mépris ; ils ne veulent seulement pas souffrir qu'on leur en parle, et le comte de Soltykof m'a dit tout net qu'il serait très fâché de les avoir dans son armée. « Ils furent braves autrefois, m'a-t-il dit, mais ce n'est plus leur temps... »
Soltykof, jjIus tard, quand les Autrichiens eurent poussé à bout sa patience, s'exprimera en termes encore plus vifs dans sa correspondance avec Vorontsof :
Ce n'est pas mon affaire que de me mêler des affaires politiques. Mais rappelez-vous le passé... La bataille de Zorndorf est assez instructive pour le secours que nous avons alors reçu des Autrichiens. Plus près de nous encore, la bataille sous Francfort. Le roi de Prusse a mis trente-six heures à passer l'Oder; M. Daun n'était pas à plus de 9 milles de là : je lui ai envoyé courrier sur courrier. Hadik était à 7 milles; j'ai demandé à Daun : « Où est Hadik ? il pourrait encore se hâter vers nous. » Laudon me dit : « Je ne sais. » Le roi passe l'Oder : j'envoie un courrier à Hadik. Le roi commence à dresser ses batteries : j'envoie un autre courrier. La bataille commence : mon courrier, qui était un colonel, eut le temps de revenir avant la fin de la bataille et de se faire blesser à la tête de son régiment. Donc, les Autrichiens n'étaient pas si loin ; ils auraient pu arriver à temps s'ils avaient voulu. La bataille s'annonce indécise; nouveau courrier. La bataille est gag-née; encore un courrier. Le roi repasse l'Oder tout en désordre ; Hadik était tout près ; pourquoi ne l'a-t-il pas attaqué et pris avec tout son monde? Des ré-