Ibid., à Finckenstein, 1®^ septeml)rc
Frédéric. La fortune des mis va déclinant, celle de Tautre remonte.
Le 30 août, Frédéric II est à Borne et commmiique à Finckenstein sa joyense snrprise de voir les Autrichiens tourner vers la Lusace : « Pendant que je croyais qu'ils marcheraient sur Berlin, ils prennent le parti tout contraire. 5> Le l^"" septembre il est à Waldow; le divorce entre Russes et Autrichiens paraît consommé c'est un cri de triomphe qu'il adresse au prince Henri : « Je vous annonce le miracle de la maison de Brandebourg. »
Le miracle qui, ainsi qu'il le faisait dire naguère aux Anglais, pouvait seul le sauver, ce miracle s'était accompli. Le maréchal Daun, d'une part, la Conférence, de l'autre, étaient parvenus à briser l'essor des aigles russes déjà tournées vers Berlin; l'armée victorieuse, soumise à un charme funeste, liée de liens invisibles, fascinée, enchantée, ensorcelée, comme si on lui eût noué les aiguillettes, restait immobile à son campement de Lieberose.
Cependant toutes les conséquences de Kunersdorf n'étaient pas encore épuisées. La bataille du 12 août pesait toujours sur Frédéric. S'il ne. pouvait ni punir Daun de ses forfanteries, ni sauver Dresde, forcée à capituler, ni refouler « ces infâmes Suédois », qui profitaient de son infortune pour envahir de nouveau la Poméranie % c'est que lui aussi était enchaîné en présence de l'armée russe.
Elle n'allait pas à Berlin, cette armée, niais elle était toujours en Brandebourg. Frédéric II ne pouvait rien tenter tant qu'il ne serait pas « débarrassé » des Russes. Alors seulement, écrivait-il, « nous pourrons remuer ». Il supputait ce qui manquait à leur armée, en vivres, en fourrages. Il attendait qu'elle fût chassée par la famine^. Il était condamné au rôle de son surveillant : il était de sa suite, de son escorte, à sa disposition, presque à son service.
Enfin le 16, Soltykof, las de son inaction, exaspéré contre