A. Uambaud, lnslraclions, t. U, p
Daun le Cunctator à la guerre défensive ; il avait passé TOder à la vue d\me armée prussienne, établi si fortement son camp sons Glogau que le roi de Prusse n'avait osé Tattaquer, forcé le x^i^^ei^^i^i^ capitaine du siècle à tout laisser pour le surveiller, occupé à lui seul la principale armée ennemie pendant trois mois. Il avait contraint le roi à tant affaiblir ses antres corps d'armée que, quinze jours après son départ de Silésie, Finck, le héros de Kunersdorf, avait pu être cerné à Maxen j)ar les Autrichiens et, le 20 novembre, obligé de mettre bas les armes avec 12 000 hommes, 540 officiers, 71 canons, 120 drapeaux on étendards. « J'ai donc apporté en Saxe le malheur qui me persécute ! » s'écriait Frédéric^. Il se rendait bien compte que c'était Kunersdorf qui continuait à peser sur lui et que le désastre du 20 novembre n'était qu'une queue de la défaite du 12 août.
Le général Masslovski rend à Soltykof cet autre témoignage : il ne s'est pas laissé tromper par les Autrichiens, n'a consenti ni à exposer son armée dans un assaut sur Glogau ni à la laisser démembrer pour complaire à Daun ou Laudon ; il a su résister aux critiques injustes et aux injonctions déraisonnables de son propre gouvernement : « Le comte Soltykof, étant sur place, a vu clairement à quoi tout cela tendait ; sans s'émouvoir beaucoup d'injurieux reproches qui lui venaient de la Conférence, il a su maintenir sa dignité à la hauteur qu'il convenait ; il a prévenu les conséquences désastreuses qui j)Ouvaient résulter pour la Russie de la dislocation de son armée ou de manœuvres en Silésie à la suite de Laudon. »
Enfin M. Masslovski constate que Soltykof ne fut responsable en rien du peu de résultat qu'on recueillit de ses brillantes victoires. « Gela tient, dit-il, à une lourde faute de la diplomatie russe, qui s'était mise en une complète dépendance vis-à-vis de Kaunitz. Si la guerre de Sept ans n'a pas été alors terminée jmr une offensive décidée et générale, tout de suite après Kunersdorf, la faute en retombe sur Daun, et