‹ Russes et Prussiens, guerre de Sept ansChapitre 80 sur 122 · CHAPITRE Xlir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlir

La guerre commençait à peser lom^dementà certaines puissances : non pas seulement au roi de Prusse, qui voyait anéantir successivement toutes ses ressources ; mais à TAutriclie et à la Russie, quoiqu'elles n'en voulussent point convenir, acharnées qu'elles étaient. Tune à la reprise de la Silésie, l'autre à la conservation de la Prusse-Orientale; mais surtout à la France, qui ne remportait en Allemagne que des succès mêlés de revers, et qui hors d'Europe perdait toutes ses colonies. La tentative essayée en vue d'une paix séparée entre la France et l'Angleterre avait échoué : celle-ci ne se trouvait pas encore les mains suffisamment garnies dans l'Inde et en Amérique, et Pitt se faisait un point d'honneur de ne point séparer sa cause de celle du roi de Prusse.

La France se lassait de s'épuiser en Europe, de se ruiner hors d'Europe, pour la cause de l'Autriche. Quant à la Russie, non seulement Louis XV avait décliné toute proposition ou toute insinuation d'une alliance plus intime et plus directe avec elle ; mais il conservait toutes ses préventions à l'égard de cette puissance. On le voit bien dans les Instructions remises, le 16 mars 1760, à M. de Breteuil qu'on envoyait à Pétersbourg, comme ministre plénipotentiaire et adjoint au marquis de L'Hôpital, et aussi comme agent de la Correspondance secrète et comme surveillant de l'ambassadeur en titre :

La saine politique ne doit pas permettre qu'on laisse la cour de Pétersbourg profiter des avantages de son état actuel pour augmenter sa puissance et étendre les bornes de son empire. Un pays presque aussi étendu que les Etats réunis des plus grands princes de TEurope

Carte III.

NANCY. BERGER - 1>EVRAULT A. C«®

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