‹ Russes et Prussiens, guerre de Sept ansChapitre 82 sur 122 · Traité de Belgrade, 21 septembre · texte numérisé non relu

Traité de Belgrade, 21 septembre

6. Cette longue énumération de griefs se retrouve presque textuellement dans toutes les Instructions donne'es successivement à nos ambassadeurs et agents jusque dans les premières années du règne de Louis XVL

Ce motif suffirait pour faire désirer au roi que l'impératrice de Russie se désistât de ses prétentions sur la Prusse-Ducale quand même Sa Majesté n'aurait pas une raison plus puissante et plus prochaine de la détourner d'un projet qui ne pourrait que multiplier les calamités de la guerre et les embarras de la paix '

Telles étaient les défiances et les jalousies de Louis XV à regard de cette puissance toujours croissante de la Russie que, Ghoiseul s'éLant avisé, dans ses Instructions de juillet 1759 à L'Hôpital, de proposer un moyen de rétaljlir la paix par une médiation armée de la Russie entre rAutriclie et la Prusse, le roi avait énergiquement désapprouvé son ministre des affaires étrangères. « On doit regarder comme heureux pour les intérêts du roi, mandait Louis XV à M. de Breteuil, que

le marquis de L'Hôpital ait laissé échapper l'occasion qu'il

lui était si vivement recommandé de saisir a »

Devant cette froideur de la cour de France, la Russie avait esquissé un rapprochement avec celle de Vienne. A l'insu du cabinet de Versailles, elles avaient signé le traité et la convention de Pétersbourg, du 21 mars 1760^: dans les articles séparés et secrets de la convention, on stipulait nettement que les deux cours impériales essaieraient de prendre lem* dédommagement aux dépens du roi de Prusse, l'une par la reconquête de la Silésie et du comté de Glatz, l'autre par l'acquisition définitive de la Prusse-Orientale.

Dans l'exposé des motifs qui précède le plan de campagne signé par Elisabeth, le 11 mai 1760, la résolution de poursuivre la guerre se fait jour avec une extrême énergie": « La nécessité nous aurait obligés tôt ou tard de commencer cette guerre quand môme le roi de Prusse ne l'aurait pas commencée, car ce souverain, qui autrefois était dépendant de tous ses voisins % prétendait réduire toutes les cours dans sa dé-

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