‹ Russes et Prussiens, guerre de Sept ansChapitre 91 sur 122 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

La campagne de 1761 allait commencer. Depuis que la France avait fait sa déclaration du 18 décembre, on ne pouvait plus espérer à Pétersbourg une continuation très active des hostilités en Allemagne, non plus que le succès final, c'est-à-dire le maintien de la domination russe siu" la Prusse- Orientale.

Elisabeth, qui avait déjà cédé aux instances de Louis XV en repoussant les projets de Soltykof sur Dantzig, faisait aussi des concessions pour la j)rovince de Prusse. Dans Tautomne de 1760, elle avait fait dire au roi de France que ce ne serait i)oint un obstacle à la paix. Les Instructions ^ datées du 31 janvier 1761, que reçut de Versailles le baron de Breteuil, montrent à quel point Louis XV tenait, toujours pour les mêmes raisons, à décourager les ambitions de la Russie ^

Le baron de Breteuil représentera à l'impératrice de Russie, si elle lui en laisse le temps, tous les motifs de justice et d'humanité qui doivent engager cette princesse à adopter le projet salutaire d'arrêter l'effusion du sang de tant de nations belligérantes et de prévenir, s'il est possible, les hasards d'uue nouvelle campagne... On ne peut plus raisonnablement espérer d'obtenir la paix par une guerre, dont l'expérience n'a que trop appris que les dangers sont plus certains que les succès... Une aussi grande princesse, après avoir donné les marques les plus authentiques de sa fidélité à ses engagements, ne doit ambitionner actuellement d'autre gloire que celle de procurer le repos et le bonheur publics.

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