Archive Voronlsof, t. IV
diers, les obligeait à boire, à chanter des chansons, à crier ; ceux qui lui plaisaient le plus, il les nommait officiers et même majors ; puis, quand il avait dormi, il les faisait venir et les priait de renoncer à ces grades et de rester tels qu'ils étaient auparavant...
Cependant, dans sa dépêche du 26 janvier 1761, le marquis de L'Hôpital rendait à l'armée russe, réorganisée par Boutourline, le témoignage le plus favorable : « Elle est en très bon état. Il passe continuellement des recrues. Il ne manque que 1 000 chevaux au plus à la cavalerie ' . »
La campagne de 1761 commenra, ainsi qu'à l'ordinaire, par les mouvements de la cavalerie légère des Russes. « Voilà 8 000 Russes rentrés en Poméranie, écrivait Frédéric II, Avouez que je suis chargé de l'ouvrage de Pénélope. Dieu ! que je suis las^ ! » Le 29 janvier, les Russes eurent une escarmouche avec les Prussiens, à Schlawe, sur la route de Stolpe à Kolberg. Ils y eurent l'avantage et firent un assez grand nombre de prisonniers. Tottleben en profita pour se porter sous Kolberg et faire occuper par ses lignes d'avantpostes Treptow, Greifenberg, Plathe, Regensvvalde, Neu- Stettin, Gzarnikow, Oborniki, c'est-à-dire la majeure partie de la Poméranie prussienne et de la Posnanie. Le 17 février, Tottleben annonçait qu'il tenait Kolberg en état de blocus. Avec les renforts que Békétof lui avait amenés, il disposait alors de 14 000 hommes.
A la fin de février, il était entré en négociation avec les chefs prussiens, le prince de Brunswick-Bevern et le général Werner ; il avait conclu avec eux une trêve de quatre jours j)Our l'échange des prisonniers. Puis d'autres trêves survinrent. Tottleben ne fut point désavoué : il reçut d'abord l'approbation du généralissime, puis celle de la Conférence. Celle-ci autorisa même Tottleben à prolonger la trêve jusqu'au 27 mai. M. Masslowski s'en étonne, car, dès loi's, le général des troupes légères pouvait passer pour un personnage équivoque et même suspect.