‹ Russes et Prussiens, guerre de Sept ansChapitre 95 sur 122 · Sch.i.:fkr · texte numérisé non relu

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2. Il est à remarquer quG Frédéric II ne donne à Boutourline que 30 000 hommes, savoir : 13 000 hommes (23 bataillons) d'infanterie, 7 000 de cavalerie régulière, 10 000 kosaks. Polilische Correspondenz , 23 avril I76i, t. XX, p. 608.

des montagnes, et avait eu l'adresse d'exposer, dans toutes les occasions, les alliés de la maison d'Autriche aux marches et aux entreprises les plus hasardeuses. »

Cependant le 24 août, Boutourline occupa Jauer ; le 25, il put rallier une partie de l'armée autrichienne sous Hohenfriedberg. Laudon vint Ty rejoindre de sa personne, et comme le généralissime russe était son ancien, il se plaça sous son autorité. Il n'y avait donc plus qu'à marcher tous ens3mble et en masse contre Frédéric II.

Celui-ci occupait auprès de Bunzelwitz, au sud-ouest de Schweidnitz, sur la rive droite de la rivière de Striegau, une position formidable : la rivière de Striegau protégait son camp du côté du nord et de l'ouest; la rivière de Schweidenwasser, du côté de l'est. Il avait couvert tous ses fronts de villages fortifiés, de retranchements, redoutes, batteries, palissades, chevaux de frise, abatis d'arbres ^ 11 pouvait tirer de Schweidnitz des renforts en hommes et en matériel.

L'armée autrichienne prit position devant le front sud, en arrière du village de Kunzendorf -, l'armée de Boutourline devant le front ouest, au sud de Striegau, sur les deux rives de la rivière du même nom ; le corps de Tchernychef, un corps autrichien et enfin le corps russe de Berg, couverts par cette même rivière, observaient le front nord. Seul le front de Test restait libre, car il eût fallu envelopper dans les lignes alliées la forteresse de Schweidnitz, et Boutourline, môme uni à Laudon, n'avait pas la moitié des forces qui eussent été nécessaires pour une telle opération.

Du reste, on ne pouvait môme bloquer un camp si étendu que celui des Prussiens, séparé de l'ennemi par des rivières et des marais, obligeant celui-ci à se tenir à distance respectueuse, à étendre ses lignes indéfiniment, à les affaiblir d'autant. On ne pouvait pas non plus l'assaillir. Tout l'avantage était pour Frédéric II : s'il ne se fût fait une loi de la défensive, c'était môme lui qui aurait pu tomber sur l'une ou l'autre

1. Voir la description dotaillce de ce camp par Frédéric II, Histoire de it gueri^e de Sjpt ans.

des armées assiégeantes, avant que Tune eût pu accourir au secours de l'autre. C'était donc encore lui qui commandait la situation, déterminait les mouvements de l'adversaire, était comme le président de ses manœuvres.

Laudon avait d'abord décidé qu'on donnerait l'assaut le 27 août. Puis, le 29, Boutourline réunit un conseil de guerre, où assistait Laudon et où il se montra fort pressant : il disait qu'on pouvait, en ces lieux mêmes, fmir la guerre d'un seul coup ; les généraux russes paraissaient ébranlés. Seulement, comme l'écrivait, le 30 août, le chevalier Ménager, attaché militaire de France, <c quand M. de Laudon jjaraît, chacun le fête et est de son avis, avant même qu'il ait proposé ; mais il se tient tous les jours des conseils particuliers qui révoquent le soir ce qui s'est fait le matin ^ ». Le récit de Frédéric II semble confirmer ce témoignage : d'après lui, les deux généralissimes seraient tombés d'accord que l'attaque aurait lieu le 1®'' septembre : « M. de Boutourline, qui faisait à table de longues séances où le vin n'était pas épargné, avait consenti, dans un moment de gaieté et le verre à la main, à ce que M. de Laudon lui avait proposé. Les dispositions des trois attaques avaient été mises par écrit ; on les avait envoyées aux princi- Ijaux officiers de l'armée qui avaient des commandements^ et M. Laudon s'en était retourné chez lui satisfait des Russes. M. de Boutourline dormit là -dessus, et ayant consulté sa prudence à son réveil, il contremanda les ordres qui avaient été donnés, parce qu'il craignit, avec quelque raison, que les Autrichiens ne sacrifiassent son armée, et que si l'entreprise ne réussissait point, les Russes n'en remportassent que le blâme et la honte. »

Les témoignages que M. Masslovski produit aujourd'hui dans le débat donneraient à l'affaire une autre tournure. D'après lui et le Journal des opérations (procès-verbal du 4 septembre), ce seraient les Russes qui auraient été résolus à attaquer ; Laudon, au contraire, serait arrivé le 2 septembre au quartier général de Boutourline et aurait fait des objections.

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