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'La quettion grecque a vivement préoccupé l'Europe, qui était loin de se douter combien le triomphe appa* rent de la liberté servait les intérêts les plus vitaux du despotisme. Il était naturel que le principe d'une guerre d'indépeudanoe parût étranger au but de la nussie ; mais l'erreur aurait dû cesser dès que l'on vit le cabinet de Pétersbourg se déclarer protecteur de la révolte des Hdlènes , et 11 ne fallait pas une grande sagacité pour découvrir que la Russie allait directement à son but constant, l'asservissement de la Turquie, en enchaînant à sa politique les deux pays dont l'alliance intelligente pouvait paralyser tous ses efforts. Kotre sujet ne comporte pas un récit détaillé des événements qui ont amené l'érection de la Grèce en royaume; mais il n'est pas sans importance de rapporter en peu de mots quelle a été la part d'Influence de la Russie sur un év&ement qui a préparé les faits tels
3u'on les a vus s accomplir en Orient ans un but qui ne saurait plus être un mystère.
Cest après la peste de 1756 , qui désola hi Grèce, et lorsqu'elle avait à peine réparé ce désastre , qu'eut lieu , en 1770, l'expédition des Russes en Morée. En se conformant au plan de Munich , Catherine II voulait opérer une scission religieuse entre les Turcs et les provinces chrétiennes qui leur étaient soumises. Cette expédition attira de grandes calamités sur les Grecs, que la Porte regarda toujours depuis comme disposés à devenir les auxiliaires des Russes. Des hordes d'Albanais envahirent la péninsule, occupèrent les districts les phis fertiles; et bientôt furent abolis les droits stipulés du peuple j^rec , ses institutions nationales, les immunités de son Église , et les caractères principaux de spn administration intérieure.
Cependant la Russie, mêlée à toutes les grandes luttes de l'Europe , depuis la revolution de 89 jusqu'à la chute de Napoléon , n'avait pas le loisir de poursuivre ses projets sur la Turquie. Pendant cet intervalle , la Grèce joUit de quelque repos; et les Turcs n':yant
rien à craindre de ce cdté , ils la laissèrent organiser de nouveau les moyens de se gouverner et d'agir plus tard avec une certaine Indépendance.
« En 1820, une organisation municipale existait sur tous les points de la Grèce. Un conseil municipal central , représentant les communes de toute la Grèce, siégeait, comme assesseur, auprès de l'autorité déléguée par le sultan. Son intervention était légalement indispensable dans l'administration de la province ; et non-seulement ce conseil grec avait des moyens d'appel à Constantinople , mais ses délégués dans cette capitale y représentaient les Intérêts de la province. » ( Portfolio, n^ 32 et 28.) Nous sommes loin d'avancer que le gouvernement turc , avec les exactions de ses pachas , et sa haine brutale pour tout ce qui était chrétien, pût contenter les Grecs; nous voulons seulement indiquer que l'Europe, en prenant la Grèce sous sa tutelle , devait être plus soigneuse de lui assurer un meilleur avenir. Nous savons que, sous le rèene d'Alexandre, en 1814, une société (Hétœrie) s'était organisée en Grèce dans un but d'indépendance. Malgré la répugnance que Fempereur témoigna depuis le congrès de Vienne pour tous les mouvements qui avaient un caractère insurrectionnel , la Russie ne laissa pas échapper l'occasion de diriger les vœux des Hétœristes dans un sens favorable à ses intérêts. L'écrit pubKé en 1819, par le comte Capo-d Istria , indique suffisamment cette tendance. Dès l'année suivante, l'association s'accrut sensiblement, et les primats des îles grecques entrèrent en communauté de principes avec les Hétœristes. En 1821 , la tentative du prince Ipsilanti fut hautement désavouée par Alexandre, soit que, tout en approuvant le but de l'association, il jug^t que cette levée de boucliers ne pouvait avoir l'appui du chef de la sainte alliance, soit que l'exaltation d'Ipsilanti eût devancé le temps opportun. Quoi qu'il en soit^ les preuves de la coopération individuelle d'un grand nombre de Russes ouvrirent les veux du Sultan sur les
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dangers qui le menaçaient^ Il prit aussitôt des mesures de répression dont fa violence irrita les Grecs et rendit tout rapprochement impossible. Il importait à la Russie que cette rupture fidt profonde : si la Grèce parvenait à conquérir son indépendance, la Turquie était affaiblie et perdait une position maritime de la plus haute importance dans la Méditerranée; si la lutte se prolongeait indécise , les Turcs s*épuisaient en efforts stériles, et les voies diplomatiques s'ouvraient à Tinfluence russe à travers les prétextes les plus sj^écîeux. C'est dans ce but que le cabinet de Pétersbourg dénonça à l'Euxope cette insurrection dont il avait fécondé les germes. Il proposa, dans un mémoire communiqué a toutes les cours européennes , Térection en Grèce de trois prmcipautés qui seraient gou% vernées [xar des princes srecs, sous une certaine dépendance de la Porte , et avec des institutions analogues à celles de la Moldavie et de la Valachle, queigarantiraient les cours alliées ou celles d'entre eUes qui voudraient contracter cet engagement. Ce rapproche* ment était trop signiflcatif pour que l'Angleterre ne s'opposât pas à une telle mesure, que la Porte déclina d'ailr leurs formellement.
La loi organique d'Épidaure , rédigée en 1821 par Maurocordato, sous rinfluence anglaise, établissait l'indépendance de la Grèce sur les bases les plus larges de la liberté civile et religieuse. Ce libéralisme, de vues de la part du cabinet de Londres était tout simplement une affaire de position , et le résultat de la crainte qu inspirait la Russie, plutôt que l'expression d'un zèle sympathique en faveur des Grecs, comme la prouvé depuis la conduite des agents anglais. Cette loi (Port-fo-^ lio) tendait à attirer en Grèce la popu-' lation des pays voisins , à y offrir un refuge à toutes les victimes des persécutions politiques; et, quand I ordre serait rétabli , à assurer le bonheur de tous, les habitants de la Grèce par un système de tolérance universelle , d'égalité devant la loi , d'indépendance de la magistrature , et d'une forme de
{gouvernement représentatif, devant eguel l'autorité executive élue serait responsable de l'exerdce de son pouvoir.
La Russie ne pouvait voir d'un œil indifférent les maîtres de Malte et des lies Ioniennes afficher des prétentions sur une province essentiellement roa*ritime. Elle avait à lutter en Grèce contre le parti anglais et le parti français. Cfi deririer ne lui inspirait que de faibles craintes, le gouvernement de la restauration appuyant d'ordinaire la politique générale de l'alliance; quant a rAutriche , elle ne pouvait que s'effacer entièrement dans cette question, après avoir offert à la Turquie de l'aider à étouffer l'insurrection. Il y avait donc en Grèce une lutte diplomatique qui dominait la lutte de fait, et dont les efforts tendaient à désorganiser les éléments d'ordre et de force qu'une intervention franche et désintéressée aurait pu féconder sur cette terre clas* sique de patriotisme, de génie et de civilisation. La sympathie des peuples de l'Europe chrétienne , de ceux surtout qui , dans la cause des Hellènes , appuj^aient un principe opposé aux principes du congrès de Vérone , avait accoutumé les Grecs à l'idée que la solution de leurs débats ne viendrait que du dehors ; et , comme leur résistance s'appuyait principalement sur leur marine, il était naturel qu'ils tournassent leurs vœux du côté de l'Angleterre.
En 1825, les primats de la Morée et des lies, le prince de Maïna et les membres les plus distingués du clei^é se réunirent pour placer T'existence politique de la Grèce sous la protection exclusive de la Grande-Bretagne , et ils envoyèrent , à cet effet , une députation en Angleterre , avec une déclara* tien appelée Acte de protection , et la demande du prince Léopold de Saxe- Cobours comme souverain de la Grèce.
On déclina cette offre , qui était plus hostile au sultan que 1 érection des trois principautés proposée par la Russie , et parce que cette dernière puissance , appuyée de la France , n'aurait, pas manqué de s'y opposer.
Le désir exprimé par les primats de.
voir la Grèce gouveruée par un prince anjKlais prouvait à la Russiç que soq influence était près de succomoer ; elle eut recours, pour parer ce coup, aux ressources de sa diplomatie si habile et si déliée. Le protocole signé à Saint* Pétersbourç en février 1826 amena le traité de juillet 1827 , &atre la Russie , la France et TAngieterre. Pour montrer combien les suites de ce traité trompèrent les prévisions du cabinet britannique, nous citerons le Portfolio.
« Le fameux traité du 6 juillet accorda à la Russie de si énormes avantages, au*on peut dire qu'il a presque accompli tous ses projets à Tégard de la Grèce. Il forma une série de combinaisons pour en ouvrir une toute nouvelle. Jusqu'à cette époque , quelque habiles, heureuses et étendues qu'eussent été les intrigues de la Russie, cette puissance n'agissait cependant que dans son caractère individuel , et avait constamment à se prémunir contre les chances qui , d'un moment à l'autre , pouvaient faire échouer tous ses plans, savoir : l'union de la France et oe l'Angleterre contre elle , ou , ce qui était encore plus à craindre, le rapprochement de l'Angleterre et de la Turquie. Par le traité du 6 juillet, la Russie se vit délivrée de ses dangers , la Turquie fut privée de tout secours possible de la part des puissances européennes ; l'Europe fut mise en opposition , pour ainsi dire, avec la Turquie, et la chrétienté avec l'islamisme; enfin l'influence morale, et, par suite, les armes de l'Angleterre et de la France furent mises à la disposition de la Russie. r. Cette puissance, en montrant qu'elle avait un moyen de coercition à l'égard de la Turc|uie , et en annonçant qu'elle l'exercerait même toute seule , amena l'Angleterre à prendre part à ce traité, et a donner ainsi à sa politique un point d'appui assez ferme pour prendre à loisir tous ses avantages. »
La catastrophe de Navarin , la mort prématurée de Canning , et les embarras qui assaillirent le cabinet britannique , embrouillèrent les négociations
au profit de la Russie , qui se hâta de vider ses griefe particuliers contre la Porte, tandis que le traité de juillet liait et l'Angleterre et la France.
C'est sous l'empire de l'influence russe qu'eut lieu , en Grèce , la nomination de Capo-d'Istria à la présidence.
Cet homme d'État quitta Genève en 1827 pour se rendre à Saint-Pétersbourg, où, après s'être affranchi du service russe , il se rendit à Londres et à Paris ; ce qui semblait annoncer qu'il prendrait plutôt conseil des exigences politiques des puissances signataires qat de l'état du pays qu'il était appelé a administrer. Il débarqua en Grèce au commencement de 1828.
« Le pays était tombé dans un état complet d^anarchie. Le peuple mourait de faim ; la ^erre civile désolait Nauplie; l'inténenr était infesté par des brigands , et les eaux de la Grèce étaient couvertes de pirates. Les Égyptiens étaient en possession des forteresses, et le président n'avait aucune force régulière sous son commandement. »
A l'arrivée de Capo-d'Istrra , l'ordre s'établit comme par enchantement; mais cet accord et cette soumission n'étaient crue l'expression de l'espoir qui accueille partout l'inauguration des pouvoirs, et qui fait place à la méfiance et h la haine, non par l'inconstance des gouvernés , mais parce que la réalité dément trop souvent tout ce qu'on avait espéré.
On ne fut pas longtemps sans reconnaître dans quel esprit il comptait agir. « Il dit à la première députation qui le saluait à bord du Warspite :
Soyez sur vos gardes vis-à-vis -des maîtres de la maison. Lorsqu'il visita l'amiral Miaulis à bord de sa frégate Hellas, il lui dit, en le prenant à part : foi merveilleusement tiré parti des simplefons de Londres et de Paris.
Cest vers le Nord que nous devons tourner nos regaras; nos amis ne sont que là, Cest de la part du jeune homme {àjA toO veoO)gt<e nous pouvons et devons attendre tout ce qtd peut nous enrichir et nous honorer. Bientôt après, le conseil législatif fut remplacé par le Panhellenium , conseil
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composé de vingt-sept membres choN sis par le président , et associé à la res* poQsabilité de son administration jusqu'à la réunion d'un congrès national.
Pour éliminer les libertés municipales, il abolit le système des élections populaires , et nomma des préfets provinciaux , des juges de paix et des démogérontes.
L'arriyée d*un corps fran<^is en Morée pour presser révacuation du pays par les Égyptiens, et les conférences des ambassadeurs des trois ours protectrices , réunis à Poros en 1838, détournèrent l'attention publique des affaires d'organisation intérieure. Le résultat de ces conférences fut de combiner en Grèce les éléments du pouvoir représentatif, qui ressortait des anciennes institutions , avec le principe d'un pouvoir suprême héréditaire. Capo-d'Istria essaya de paralyser une mesure qui , en subordonnant son autorité, devait porter un coup Êital à l'influence russe. Le comte Bulgari écrivit un mémoire sur l'état de la Grèce , et ce document , envoyé à Pétersbourg par le président, fut immédiatement transmis au prince de Lieven pour servir d'annexé au protocole de la conférence. Ce mémoire , écrit avec une grande habileté , présente les primats comme ne posséaant ni les vertus ni les talents sur lesquels des sociétés bien organisées puissent reposer. « Ce serait une illusion bien étrange . y est-il dit , de penser sérieusement à organiser en Grèce un gouvernement quelconoue sur des principes constitutionnels.
« Les sacrifices déjà faits par les puissances leur donnent le droit incontestable d'exercer une intervention active sur la forme du gouvernement en Grèce , et d'en exclure tout principe qui paraîtrait incompatible avec la réelle tendance sociale des Grecs et avec le repos de l'Europe.
« Il est important que les trois cours s'accordent, sans délai, sur la forme du gouvernement et le mode d'organisation à introduire en Grèce. Toutes les autres questions , même celles de limites, de tribut, etc., ne peuvent
être considérées que comme complètement secondaires , et subordonnées à la forme du gouvernement.
- « En écartant de UGrèceleséléments* qui peuvent troubler la société, les trois cours ne sauraient ne pas rendre l'arrangement gui va résulter du traité de juillet partie intégrante des actes de 1814 , 1815 et 1818, qui ont assuré la trançiuillité de l'Europe. Ce n'est qu'ainsi que les puissances vont frapper au oœur les démagogues de tous les pojTS , en prouvant qu^ucune révolution ne saurait avoir lieu , sans être aussitôt écrasée par les forces réunies des souverains alliés ; et que , lorsçiue même certaines révolutions seraient raisonnables et possibles , elles trouveraient toujours une barrière insurmontable dans l'action combinée des couronnes . et dans leur volonté décidée ou de les détruire ou de les faire tourner à l'avantage de Tordre social. » Le résultat des efforts de Capo-d'Istria fut d'annuler le vœu du parti anglais , en empêchant indirectement le prince Léopotd d'accepter la souveraineté de la Grèce : il eut l'adresse de présenter comme des anarchistes les
f)rimats qui invoquaient les premiers a forme monarchique. Tout était en Grèce confusion et servilisme, lors-
3u'éclata la révolution de juillet. Capo- 'Istria , à cette nouvelle , s'écria luimême que son heure était venue. La Russie, appuyée par la France à ta conférence de Londres, se trouva à son tour isolée; mais, toujours habile à tirer parti des circonstance en apparence les plus défavorables , elle comprit que l'union momentanée des deux cours ne tiendrait que faiblement contre la rivalité des intérêts; et, tandis qu'elle contenait la jeune royauté révolutionnaire par fa menace d'une coalition européenne, elle alarmait l'Angleterre sur les résultats probables de l'émancipation française. L'avénement de lord Grey au ministère, la question de réforme, celle du catholicisme en Irlande , la taxe des pauvres et le poids de la dette nationale , tels sont, à réjjard de la Grande-Bretagne, les auxiliaires de la politique russe.
Quant à la Franee , les tendances monarchiques de son gouvernement, privées du principe ae la légitimité, le déâr du repos dans les masses en opposition avec les exigences logiques des partis, en un mot, tous les em* barras inséparables d'un grand changement dans un État aussi puissant , tels sont les gages sinon de bon vouloir, du moins de neutralité forcée qu'elle présente à la politique. Nous allons voir ou'en dépit de la sagacité du prince de Talleyrand, la Russie n*en poursuivit pas moins en Grèce Foeuvre qu'elle avait si bien commencée.
Le président , dans son projet avoué de rendre la Grèce dépendante de la Russie , établit un système rigoureux de douanes , et étendit si loin les droits du fisc, qu'il tenait, pour ainsi dire, dans sa main la fortune des particuliers. Pour lier ensemble les diverses branches de son administration, il créa un système de législation si compliqué et si contraire aux idées qui avaient cours dans le pays, que ses lois , loin de prévenir les abus , semblaient faites pour rendre insolubles les questions les plus simples , ou plutôt pour mettre à la discrétion du pouvoir exécutif la liberté des individus et l'exercice du droit de propriété.
Comme toutes les mesures de l'arbitraire s'appellent et s'enchaînent, il lui fallut entraver la presse et persécuter à la fois les patnotes et les partisans de l'Angleterre. Il n'est pas douteux que la révolte de Malna , d'Hydra et des Cjrelades fut excitée par les agents anglais. Ils blâmaient nautement l'administration du président , et semblaient devoir appuyer toute manifestation contre rmfluence russe.
En présence de ce conflit , le pays demanda la réunion d'une assemblée nationale: Capo-d'Istria la convoqua pour le 15 octobre; en même temps il travailla à s'assurer la majorité par de nouvelles élections ; et , appuyé d'ailleurs par les forces de la conférence, il envoya des ordres secrets à Paros pour faire armer la marine nationale, dans le but d'attaquer les iles. Lors-
que les insurgés ae furent emparés de la frégate Hellas , du reste de la marine et de Paros, l'amiral russe, qui commandait par ancienneté la flotte alliée, se rendit à Paros avec son escadre et une frégate anglaise pour renforcer l'autorité du président. On fit courir le bruit qu'on n'emploierait que des moyens de persuasion; mais, pendant que les commandants anglais et français étaient allés à Nauplie pour régler leur conduite ultérieure sur de nouvelles instructions , les Russes attaquèrent les Grecs. Miaulis , à l'approche des chaloupes russes , fit sauter sa frégate. Le président annonça par des proclamations que les commandants des trois escadres s'étaient mis à la poursuite des vaisseaux des insurgés ; ainsi, tandis que le résident anglais avait encouragé la révolte , il agissait conformément aux instructions de la conférence, c'est-à-dir-e, hostilement contre ses propres principes. Il est difficile de pénétrer le motif d'une telle conduite. Le but de l'Angleterre était-il uniquement d'empêcher l'organisation de la Grèce sous un président russe, ou , dans la crainte d'une alliance entre la France et la Russie, se trouvait-elle forcée d'appuyer des mesures que la conmiunauté de vues de ces deux puissances ne lui permettait pas de repousser sans retomber dans le même isolement où elle se trouvait avant la révolution de juillet? Le professeur Thiersch est d'avis que le représentant de FAngleterre avait négligé les intérêts de sa nation pour servir ceux d'un parti , qu'il était enfin un représentant des torys sous un ministère whig.
Quoi qu il en soit, il en résultait pour la Grande-Bretagne une déconsidération réelle.
Les Grecs , voyant qu'ils étaient calomniés auprès de la conférence, et que Capo^'Istria, en dénaturant leurs réclamations et leurs griefs , avajt l'art de présenter aux cours protectrices et au public européen son administration comme répondant aux eoùgences des temps , et comme n'étant combattue que par des artisans de désordre , ré«