INCENDIE DE KIEF
Les trois fils de Vladimir conduisirent, ehaeun, d'heureuses expédiliojis contre des tribus hostiles. Le premi(U", Mstislaw, remporta deux victoires sur les Tcliaudes, louri ou Georges, son frère, battit les Bulgares, à qui il enleva un riche butin; Jaropelk, enfin, réussit à soumettre les Polovvtsis. Tandis que ses enfants se signalaient par leur valeur, Vladimir Monomaque chassait de la Russie les hordes barbares qui, sorties de TOrient, commençaient à se répandre vers le Don et le Dnieper. Redouté de ses emiemis, objet de l'estime et de l'admiration de l'empereur d'Orient, Alexis Comnène, dont il reçut de magnifiques présents, Vladimir vit s'écouler son règne dans la prospérité. Toutefois, l'incendie de Kief, présage de la décadence qui bientôt allait frapper sa race, \int attrister la dernière année de la vie du grand prince. Six cents églises furent consumées, et la grandeur même de ce désastre indique quelle était la splendeur de l'ancienne capitale de la Russie. Vladimir, durant la longue paix qu'il sut conserver à ses États, améliora l'administration, augmenta et modifia le code de laroslaw le Législateur. Il mourut à soixante et onze ans, laissant à ses enfants un testament plein d'excellents conseils, et terminé par ces mots qui peignent bien son noble carcictère : « 0 mes enfants, ne redoutez ni la « mort ni les bêtes sauvages, confiez-vous à la Pi'ovidence, « elle est au-dessus de toutes les précautions humaines « (1125). «
A peine Vladimir était-il mort, que les rivalités intérieures divisèrent de nouveau la Russie. Mstislaw, laropelk et Swiatcheslaw, tous trois enfants de Vladimir, se succédèrent à de courts intervalles : Svsiatcheslaw fut même contraint d'abandonner Kief à un usurpateur nommé Vsevold, descendant du prince Swiatoslaw, fils
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d'Jaroslavv le Législateur, dont les enfants avaient été écartés du trône. Vsevold consacra ses principaux efforts au rétablissement de l'unité russe, tentative qui, chaque jour, rencontrait de plus grands obstacles. Non seulement, en effet, les princes nombreux qui s'étaient partagé le territoire de la Russie s'attaquaient incessamment les uns les autres , mais les habitants de Kief et de Novogorod, se souvenant de leur indépendance passée, montraient plus d'audace pour la ressaisir à mesure que le pouvoir s'affaiblissait. Us dictaient des lois à leurs princes, ils les chassaient , les rappelaient , leur donnaient à leur gré des successeurs. Vsevold, qui avait triomphé si facilement de Swiatcheslaw, échoua quand il voulut faire rentrer Novogorod dans l'obéissance. La guerre civile, excitée en Pologne par le partage du royaume entre les fils de Boleslas IJJ , augmenta encore la confusion générale. De toutes parts s'élevaient des prétendants qui s'alliaient, se combattaient tour à tour, s'unissant, pour assurer leur victoire, anx Polowtsis, les constants ennemis des deux royaumes, et qui seuls proiitaient de ces débats. Ysevold mourut (1146), après d'inutiles efforts pour compriiper ces divisions. Son frère Igor, prince rude et hautain, fut obligé, pour monter sur le trône, d'accepter humblement toutes les conditions que lui imposaient les habitants de Kief. Il avait à peine ceint la couronne, qu'Isiaslaw, petit-fds de Vladimir Monomaque, la lui ravit. Le malheureux Igor, surpris dans sa fuite, fut conduit à son rival, qui le fit renfermer dans un monastère. Svviatoslaw, fière d'Igor, hâta sa perte en voulant le secourir. Les Kioviens, irrités de cette agression, excités probablement aussi par Isiaslaw, se jetèrent furieux sur le monastère qui renfermait Igor, et sans écouter la voix du métropolite, évcque