‹ Russie, Pologne, Suède et NorwègeChapitre 58 sur 77 · CHAPITRE Xn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xn

Stéiion Sture le jeune, administrateur de la Suède. — Guerre avec Chrislicrn, roi de Danemarck. — Gustave TroUe, archevêque d'Upsal. — Chistiern, roi de Suède. — Ses cruautés. — Diétrick Slagock.

Le successeur de Jean, Christian II, plus connu sous le nom de Christiern, est Tun des princes que l'histoire a le plus sévèrement et le plus justement flétris. En montant sur le trône de Danemarck, il y apporta toutes les vues ambitieuses de ses prédécesseurs sur la Suède, mais il les dépassa tous par sa fourbe, son astuce, ses cruautés impitoyables, ses fureurs avides de sang et de proscriptions. Pour mettre la main sur cette couronne tant convoitée, il commença par déclarer la guerre à l'administrateur de la Suède, Sténon Sture le jeune, et gagna tout d'abord à sa cause l'archevêque d'Upsal, Gustave ïrolle, fds du rival de Sténon II, autrefois repoussé par les États. Non content de cet appui, Christiern sollicita du pape Léon X une bulle d'interdiction contre l'administrateur et les Suédois attachés à sa cause. La Suède fut excommuniée et le royaume mis en interdit.

Cette mesure, qui semblait faire du catholicisme une

arme aux mains des Danois, fut encore l'une de celles qui favorisèrent plus tard l'introduction de la réforme en Suède, et c'est un point à signaler dans l'histoire de l'hérésie de Luther en Allemagne et en Suède, que la première de ces contrées se laissa surtout entraîner par la controverse théologique, tandis que la réforme trouva sa principale force en Suède, dans le sentiment de l'indépendance nationale.

Enfin, en 1518, après avoir partout cherché des auxiliaires, après s'être assuré de l'alliance du czar Iwan le Grand, et de la protection de Charles- Quint dont il avait épousé la sœur, Christiern passa les frontières du Daneniarck, et marcha sur Stockholm, suivi d'une nombreuse armée. Complètement battu par Sténon, il fut forcé d'entamer des négociations. Sur le refus de l'administrateur de se rendre auprès de Christiern, réfugié à bord de ses vaisseaux , le roi de Danemarck consentit à descendre à terre et à s'aboucher avec Sténon, si l'on voulait garantir sa personne, en lui livrant des otages. Cette proposition fut acceptée ; mais aussitôt que le vieux Hemming Gaad, le jeune Gustave Wa sa, alors âgé de vmgt-deux ans, et les six autres chevaliers suédois qui les accompagnaient, eurent été déposés comme otages sur les vaisseaux de Christiern, celui-ci fit lever l'ancre, emmenant, au mépris de toutes les lois des nations , ses otages prisonniers en Danemarck.

Impatient de venger la honte de cette expédition, Christiern rentrait, en 1520, en Suède, et son armée rencontrait celle de Sténon sur la glace du lac Asunder, où la bataille eut lieu. Sténon ayant reçu une blessure au genou, dès le commencement du combat, cet accident, qui jeta quelque désordre parmi ses soldats,- donna l'avantage de la

CHIUSTIKKN, KOI DE SUEDE (1514-1520). 245

journée aux Danois. L'aclministrateui- se retira en toute hâte à Strengnas ; mais il apprit là que les ennemis s'avançaient dans rUpland, et voulut, quoi({ue blessé et souffrant, courir au secours de la capitale menacée. Son mal s'aggrava tellement pendant la route, ((u'il mourut sur son traîneau, en traversant le lac Maîlar ((520).

La mort de l'administrateur était un coup de fortun(î pour Christiern. Au milieu des ambitions rivales qui s'agitaient pour recueillir les riches dépouilles de Sténon, tous les seigneurs oublièrent bientôt l'ennemi qui menaçait la Suède. Lorsque l'anarchie fut au coml)le, une assemblée de la noblesse, entraînée par l'éloquence de Gustave Trolle, offrit la couronne à Christiern, à la condition qu'il prendrait pour règle de sa conduite les conventions an étées lors de l'union de Calmar. Christiern promit tout ce qu'on lui demandait, et pour convaincre les Suédois qu'il avait abdiqué tous ses ressentiments, une amnistie générale fut proclamée par le nouveau souverain.

Cependant le château de Stockholm ne s'était pas encore rendu. Il était défendu par Christine GyHenstierna, la noble épouse du dernier administrateur, et soutenue par quelques fidèles amis de Sténon, cette femme héroïque aurait pu s'y maintenir long-temps. Christiern, pour éviter un siège, recourut aux armes qui l'avaient déjà servi. Il protesta si bien de ses sentiments d'admiration pour Christine, il lui lit des conditions si généreuses, des promesses de pardon si solennelles, que la veuve de Sténon, trompée, remit les clefs de la citadelle.

La reddition du château de Stockholm fut suivie du couronnement de Christiern, qui eut lieu le 4 novembre 1520. Jamais magnificence pareille n'avait été déployée. Des fêtes public[ues appelèrent le peuple aux réjouissances

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par tout le royaume, taudis que la haute noblesse, invitée à des repas splendides au château de Stockholin, croyait à une complète sécurité, à un avenir de bonheur et de repos. Malheureusement ce rêve ne dura pas longtemps. Lorsque les fêtes furent terminées, le tyran se démasqua et dévoila ses affreux desseins.

A l'époque de la lutte entre le roi de Danemarck et l'administrateur Sténon IT, Gustave TroUe, archevêque d'Upsal, avait pris les armes et s'était mis à la tête du parti danois. Fait prisonnier par Sténon, il avait été renfermé dans le monastère de Westeraas, et déposé de son siège par les États suédois. Rendu à la liberté lors de l'avénement de Christiern, ce fut lui qui présida aux cérémonies de son couronnement, ce fut lui aussi qui fournit un prétexte au roi pour commencer les exécutions qu'il méditait. Lorsque Gustave Trolle vint en appeler à la justice du roi des violences qu'il reprochait à Sténon, il demanda que sa conduite fût soumise à la cour de Rome, qui jugerait souverainement entre lui et ceux qui l'avaient dépossédé. Mais le roi répondit qu'il fallait en fmir de suite, et fit ai'rêter aussitôt une partie des seigneurs et de la bourgeoisie de Stockholm.

Dès les premières accusations dirigées contre son époux, la veuve de Sténon II, Christine Gyllenstierna avait produit le décret des États qui ordonnait la déposition de Trolle. Cet arrêt, revêtu de la signature des évêques et des seigneurs suédois, devint une première liste de proscription. Tous les signataires, et Christine avec eux, furent arrêtés et emprisonnés. La procédure fut expéditive, ou plutôt il n'y en eut pas. Le lendemain de leur arrestation , les pi-isonniers étaient condamnés comme rebelles au Saint-Siège, et le surlendemain ils

CRUAUTÉS DE CHRJSTIEWN (1520-1521). 247

marchaient au supplice. A midi, à un signal donné dans Stockholm, toute la bourgeoisie dut se rendre sur la grande place ; aussitôt on amena les condamnés, garrottés et étroitement gardés, et le bourreau commença son office. Les évèques de Strengnas et de Skara, douze seigneurs de la haute noblesse, la plupart des membres de l'ancien conseil, les bourgmestres, les sénateurs et plusieurs notables citoyens de Stockholm furent les premières victimes de cette sanglante journée, qui se termina par un iTiassacre général dans Stockiiolm. Tous ceux qui étaient soupçonnés de ne pas aimer la domination danoise, furent saisis et exécutés ; les maisons furent fouillées ; on s'empara d'un grand nombre d'habitants, et, après les avoir outragés dans leurs plus saintes affections, on les traîna à l'échafaud. Le lendemain une amnistie fut proclamée. C'était une ruse infâme de Cliristiern, afin de faire reparaître ceux qui avaient pu se soustraire à ses fureurs. Trompés par une fausse confiance dans la parole du roi, plusieurs se montrèrent et furent saisis : pendant deux jours encore, les bourreaux ne se reposèrent pas. Le corps de Sténon et celui d'un de ses enfants furent arrachés de leur cercueil et indignement mutilés. Lnfin, lorsque Christiern abandonna Stockholm, en 1521, plus de six cents têtes étaient tombées par ses ordres. De la capitale la terreur se répandit sur toute la Suède. Des gibets étaient dressés sur le bord des chemins, et des échafauds , élevés en permanence sur la place publique de chaque vil!e , disaient assez quels châtiments les lâches et implacables vengeances de Christiern réservaient à tous ceux qui ne fléchiraient pas sous sa tyrannie. La journée du 8 novembre 1 520, qui vit commencer cette longue suite de proscriptions, et qui en fut l'acte principal , a, depuis.

été désignée sous le nom de bahi de sang. Un témoin de ces événements, OlaûsMagnus, qui nous en a transmis le récit, vit de ses yeux, dit-il, décapiter quatre-vingt-quatorze personnes : l'histoire n'a fait que justice quand elle a donné à Christiern le surnom de Néron du nord.

Une bonne part des crimes de son odieux règne revient toutefois à un miséral)le, nommé Dietrick Slagock, ancien barbier westphalien, élevé par la faveur du roi à la dignité de premier ministre, et plus tard à l'évêché de Skara. Afin de dominer les volontés de son maître, ce conseiller de bas étage sut user habilement de l'influence qu'exerçaient sur l'esprit et le cœur de Christiern deux femmes hollandaises tirées d'une auberge pour prendre place dans les plus intimes affections de ce prince. L'une était la célèbre Siegbritte dont Dietrick était le parent et à laquelle il devait sa fortune ; l'autre était la fille de Siegbritte, Dyveka, surnommée la belle Colombe.

Du reste, les terribles m.esures par lesquelles Christiern croyait assurer pour toujours sa domination, ne firent que hâter sa chute. Du fond de la Dalécarlie Dieu suscitait un vengeur à la Suède : cet édifice de tyrannie si péniblement élevé dans le sang et cimenté avec du sang , allait bientôt s'écrouler sous les coups de Gustave Wasa.

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CHAPJTKK XIII.

Gustave Wasa. — son curaiicc. — Ses aventures. — Il (^st élu clicf des Dalécarliens.— Bataille de Bruncbeck. — Prise de Wcsteraas, d'Upsal, de Stockliolni. — Gustave proclamé roi de Suède. — Années de paix. — Changement do religion on Suède. — L'hérédité au ti'ùne reconnue par les États.

(1531 à l^GO)

Gustave Wasa, né le 12 mai 149(), comptait, parmi ses aïeux, des partisans de la domination danoise en Suède; mais durant l'administration de Sténon Sture, sa famille s'était ralliée à la cause nationale. Élevé lui-même dans des sentiments d'amour dévoué à sa patrie , il les laissa éclater dès son enfance , et il était encore à l'école, lorsqu'on l'entendit un jour dire à ses condisciples : « Voici « ce que je ferai quand je serai grand : J'irai enDalécarlie 'c réunir les paysans, et alors je saurai bien casse?' le nés « aux Danois. » Ces paroles, recueillies par son maître, lui attirèrent une correction qu'il n'était pas d'humeur à supporter patiemment. Dans un mouvement de colère , il perça, dit-on, son Quinte-Curce de son épée; puis il s'enfuit de l'école pour n'y plus revenir.

Le premier événement politique auquel Gustave fut mêlé , ne fit qu'accroître encore la haine que lui inspirait la domination danoise. Il se trouvait au nombre des otages remis à Christiern en 1 51 8, et si odieusement emmenés par lui captifs en Danemarck. Venu, à l'âge de dix-huit ans, à la cour de Sténon Sture, le jeune Wasa s'y était déjà fait remarquer par ses quaUtés brillantes. Christiern les appréciait si bien, qu'un moment, assure-t-on, il voulut

se défaire de son prisonnier. Toutefois ce dessein digne de Christiern n'eut pas de suite : Gustave fut confié à la garde d'Érick Banner son parent, Suédois comme lui, mais attaché au parti danois.

Quoique traité avec distinction, Gustave instruit des projets qui menaçaient la Suède , résolut , à tout prix , de s'enfuir, afin d'aller offrir son bras à sa patrie. Il s'échappa un matin , caché sous un costume de bouvier , et engagé aussitôt au service d'un marchand de bestiaux du Jutland, il parvint à gagner Lubeck qui était alors la principale des villes hanséatiques. Banner le fit réclamer, mais inutilement. Les Lubeckois, jaloux de l'ascendant que Christiern prenait dans le nord , refusèrent de livrer le jeune Wasa : quelques jours après son évasion, celuici rentrait en Suède.

Le pays tout entier était , à cette époque , soumis aux autorités danoises. Deux châteaux seulement , celui de Stockholm et celui de Calmar, tenaient encore pour la cause nationale. Mais au moment où Gustave arrivait à Calmar, cette place était forcée de se rendre. Dès lors commença pour lui cette existence errante qui , après des périls sans nombre et des efforts héroïques , devait glorieusement finir sur le trône de la Suède.

Pour traverser l'armée danoise qui entourait Calmar, Wasa prit un habit de villageois et se cacha dans une voiture chargée de foin. Malgré ces précautions, il faillit être découvert. Des soldats danois ayant rencontré le chariot quiemportait Gustave, l'un d'eux, fouillant le foin avec sa lance, atteignit le fugitif qui ne poussa aucun cri, ne fît aucun mouvement. Mais le sang qui coulait de sa blessure allait le trahir, quand un de ses amis qui suivait lo chariot blessa adroitement l'un des chevaux de l'atte-

GUSTAVE WASA (l'i2l). 251

lage dont le sang se confondit avec celui deWasa, soustrait ainsi à une mort certaine.

Poursuivi dans sa fuite, traque parles Danois, Gustave, perdu le jour dans les forets, parcourait les villages pendant la nuit, iiaranguait les paysans, les appelait aux armes, cherchant à réveiller dans leurs rangs le patriotisme endormi. Mais la tyrannie de Christiern, dont les excès consternaient Stockholm , sévissait moins dans les campagnes, et les paroles de Wasa trouvèrent d'abord peu d'écho dans le cœur des paysans fatigués de la guerre civile. Forcé d'ajourner ses projets, sans ressources, sans amis, Gustave vint chercher un refuge parmi les montagnards de la Dalécarlie. Là il fut obligé, pour vivre, de travailler à l'exploitation des mines, et l'on montre encore aujourd'hui, avec une religieuse vénération, la maison du mineur qui devait asseoir plus tard sur le trône de Suède la dynastie des Wasa.

L'obscurité à laquelle il était condamné ne put le soustraire aux vengeances de ses ennemis. Poursuivi, épié jusque dans la pauvre cabane qui lui servait d'abri , il fut obligé de fuir vers la Norwége pour y attendre le jour où la tyrannie de Christiern aurait enfin fatigué sa patrie. 11 n'avait pas encore franchi la frontière, lorsque les paysans de la Dalécarlie ayant appris que Christiern voulait les faire désarmer, se soulevèrent , et envoyèrent, en toute hâte, des patineurs à la recherche de Gustave, pour lui offrir leur concours et l'inviter à se mettre à leur tête. En apprenant cette heureuse nouvelle, il revint en diligence sur ses pas et se rendit à Nora, lieu fixé pour la réunion. Là, il fut élu, d'une voix unanime, chef des Dalécarliens qui, les mains levées au ciel, firent le serment de suivre Gustave, de vaincre ou de mourir avec lui (i 52 1 ) .

Dans ce moment solennel, le vent du nord souffla. Par un lointain souvenir des traditions païennes de la Scandinavie, cette circonstance fut regardée comme d'un lieureux augure : le vent soufflait du pays des glaces où se trouve le palais enchanté des héros.

En quittant l'assemblée, les paysans coururent aux armes, et vinrent se ranger en foule sous le drapeau de Gustave. Sa fermeté, son activité, l'ardeur qu'il communiquait à ses soldats, arrêtèrent tous les désordres qui auraient pu éclater au sein de ces bandes indisciplinées et mal équipées. Le soulèvement, gagnant toutes les provinces, mit bientôt en péril l'autorité danoise. Christiern , rentré en Danemarck , avait laissé en Suède son impitoyable favori, Diétiick Slagock, évêque de Skara. Au piintemps de l'année 1 521 , six mille hommes commandés par le fougueux Gustave ïrolle , archevêque d'Upsal , marchèrent contre les révoltés. Us s'avancèrent jusqu'à la rivière de Brunebeck, sur la frontière de la Dalécarlie, où ils rencontrèrent les Suédois conduits , en l'absence de Gustave , par un paysan des montagnes. En apercevant cette foule d'hommes rudes et à moitié sauvages, l'un des évêques danois demanda , dit-on , de quoi ils pouvaient vivre. — R Us boivent de l'eau, lui répondit-on, et, au besoin, man- « gent du pain d'écorce. — S'ils mangent du bois et boi- « vent de l'eau, ajouta l'évêque, ils résisteraient au diable « lui-même; comment donc espérerions-nous en venir à « bout? » Et il fut d'avis de battre en retraite. Mais il n'était déjà plus temps. Les paysans ayant franchi la rivière , s'étaient rués avec fureur sur l'armée danoise , qui périt presque entièrement sous le fer de leurs lances, ou dans les eaux du Brunebeck.

Ce premier triomphe fut célébré par deux chants popu-

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laires, conservés encore en Suède. Peu de temps après, Gustave Wasa vint en personne assiéger Westeraas que Slai^hock détendait et dont Wasa s'empara ; enfin le jour de lu Pentecôte, il pénétrait dans Upsal par la force des armes, après avoir vainement sollicité rarchevêque ïrolle d'abandoniKM" le parti danois. Ce fut là qu'il apprit la mort de sa mère et de sa sœur (fue Christiern avait fait précipiter dans la mer. A cette affreuse nouvelle sa raison s'éuara. Dans le délire de sa douleur il ordonna à ses soldats de massacrer sans pitié tous les Danois qui tomberaient entre leurs mains ; mais il regretta bientôt cet ordre échappé à un instant de désespoir , et rendu tout entier à ses grands desseins , il résolut d'entreprendre le siège de Stockholm, qu'il investit avec son armée, au mois de juin 1521.

La ville recevant des approvisionnements de la flotte danoise qui était maîtresse du port , le siège dura deux ans. Il aurait pu se prolonger encore , mais dans l'hiver de 1523, les vaisseaux danois se trouvèrent resserrés entre des glaces dont ils ne pouvaient se dégager. Gustave profita de cette circonstance, prit avec lui les troupes lubeckoises qui se trouvaient dans son armée, s'avança sur la glace au miheu de la nuit , mit le feu à la flotte, et n'en eût pas laissé échapper un seul vaisseau, si Jean Flammel, général des Lubeckois, n'eût donné, malgré lui, le signal de la retraite. La garnison de Stockholm demanda , dès lors , à capituler ; mais Gustave ne voulait entrer dans sa capitale que la couronne sur la tête, afin de donner à la révolution qu'il avait faite plus d'importance et plus d'éclat. En conséquence , il s'empressa de convoquer les États- généraux à Stregner, où il fut proclamé roi (1523). Néanmoins la cérémonie de son cou- I. 15

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