‹ Russie, Pologne, Suède et NorwègeChapitre 64 sur 77 · MORT I)K GUSTAVE-ADOLPHE (1G32-1C · texte numérisé non relu

MORT I)K GUSTAVE-ADOLPHE (1G32-1C

« che seulement à te sauver ; » et en même temps il tomba sans vie.

Ainsi périt le premier capitaine de l'Europe , le héros de la Suède. Le duc de Lauenliourii;, que Ton a accusé de sa mort, Tabandonna misérablement entre les mains de quelques Croates qui se disputèrent ses dépouilles et laissèrent son cadavre nu sur le champ de bataille. Mais les Suédois vengèrent noblement la mort de leur chef. AV allenstein, le tenible W allenstein, battit en retraite avec une précipitation qui ressemblait à une fuite; le comte de Pappenheim, le plus redoutable soldat de l'Autriche, tomba sur le champ de bataille pour ne plus se relever, et les bandes i>npériales, réfugiées dans Leipsick, échappèrent à grand' peine aux poursuites des Suédois.

Gustave-Adolphe, en mourant, laissait, pour lui succéder, une fille âgée seulement de six ans. Elle fut néanmoins proclamée, immédiatement, reine de Suède, sous la direction d'un conseil de régence, composé de cinq membres choisis parmi les plus hauts dignitaires de l'État (1633). Le principal d'entre eux par son influence et par les souvenirs de l'affection du feu roi, était le grand chancelier Axel Oxenstiern. Né en 1583, d'une famille suédoise depuis longtemps illustre dans le pays , Axel Oxenstiern avait étudié le droit et la théologie avant d'entrer dans la carrière politique. Devenu le plus intime conseiller de Gustave, il partagea avec son souverain les travaux du gouvernement. Oxenstiern présidait dans le conseil, tandis que Gustave combattait en Allemagne, et cette œuvre commune de patriotisme les avait unis par des liens si étroits, que leurs deux noms sont restés inséparables dans l'histoire, où ils se prêtent l'un à l'autre un mutuel éclat.

Dès que Gustave fut mort, Oxenstiern, afin de maintenir l'union protestante, privée désormais de son plus ferme appui , s'empressa de convoquer à Ulm tous les princes alliés de la Suède, et malgré les rivalités excitées par l'ambition de chacun d'eux, il parvint à empêcher la dissolution de la ligue protestante. Les troupes suédoises commandées par Gustave Horn, général formé à l'école de Gustave- Adolphe, battirent encore , en diverses rencontres, les armées impériales ; mais un dissentiir.ent entre Horn et le célèbre Bernard de Weymar qui commandait les forces protestantes des États allemands, amena, le 6 septembre 1 634, la défaite de Nordlingen.

Oxenstiern ne se découragea pas; il reprit les négociations avec la France, forma une nouvelle armée, et comme Horn avait été fait prisonnier à Nordlingen , il en donna le commandement à Banner, l'un des meilleurs lieutenants de Gustave-Adolphe. Banner, avec l'aide de Bernard de Weymar, releva les affaires de l'union et la gloire des armées suédoises. Après avoir battu deux fois, à Domitz et à Zyritz, les troupes de l'Électeur de Saxe qui s'était détaché delà ligue protestante , il remporta, le 4 octobre 1636, à Wittstack , une victoire décisive sur les armées saxonne et impériale réunies. L'année suivante, il réussit, par une retraite savante, à échapper aux impériaux forts de soixante mille hommes ; enfin , après avoir maintenu , pendant sept ans, la supériorité des armes suédoises en Allemagne, après avoir rallié, par ses succès, la France à la Suède , Banner termina à Helberstadt , le 20 mai 1641 , sa brillante carrière.

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