‹ RutebeufChapitre 25 sur 36 · SATIRES. LE MONDE ET L · texte numérisé non relu

SATIRES. LE MONDE ET L

Les prévùta, les baillis et m:

Ainsi ConvoitiBc le veut.

Car je vois bien que les pré' Qui afferment les prÉTdtés, Veulent plumer toutes lea cAi De ceua qui sont en leur jusl Et se dérendeat en tel guise u Nous p oyons cher les prèv

Font-ils, partout lever et pn

Or y a gens

De choses plus de cinq cents Qui sont nu monde nécessaii Je vous le dis bien vraiemer Ils font plus d'un mouvais et Et ils jurent que leurs dcaré< Sont et bonnes et épurées, Souvent que e'est mensonge

Qui besognent parmi les rue Et chacun fuit divers métieri Comme il est au monde beso Ils ont, eus aussi, d'autres p Ils veulent être bien payés, Et très peu de besogne faire Même les paysans des vigl Veulent avoir bon payement Pour peu faire. Dieu me pa^

Les plaisanteries dirigées cont:

qui trompent aur la qualité de la mi lea ouvriers et les paysans qui ' payés sans rien faire, sont un temps. Ce qui est plus particulii c'est la justice des prévôts pt maii

àlâiài__..

quait déjà au siècle précédent dans 1 >re de la fable le Loup et l'Agneau :

trouvent bien pour les canCandrc.

font goûtent citer au plaid, chair leur prennent et la peau inic le loup fit à l'agneau.

enfaits de saint Louis a été de réprimer is l'adraînistration de la justice. Mais it demander à un satirique de signaler le lu mal.

ne ménage pas la chevalerie plus que états B ; les ménestrels ne trouvent plus valiers la générosité des vieux âges :

J'arriTO it lu chevalerie, ui aujourd'hui est ébahie.

oint de Holand, point d'Olivier,

n peut bien voir et bien entendre u'il n'y a plus nul Alexandre.

eur métier se pert et décline; a plupart vivent de rapine,...

elui qui donne, au temps présent ;

SATIRES. LE MONDE ET l'ÉGLISE. 97

Je n'ose ainsi que les deus autres.

Car tout ainsi qu'on sait que l'or Est le meilleur métal qu'on trouve, Elle est le puits là où l'on puise Tout sens, tout bien et tout honneur :

Il est bon que je les honore.

Mais tout ainsi que draperie Vaut mieus que ne fait friperie.

Valurent mieus cens qui sont morts Que cens qui sont et qu'on voit vivre ; Car le monde est si fort changé , Qu'un loup blanc les a tous mangés, Les chevaliers loyaus et preus.

Ce sont là de beaux vers, mais ils recouvrent un lieu commun familier aux moralistes et aux satiriques de tous les temps. Bien des gens sont disposés aujourd'hui à considérer le siècle de saint Louis, non seulement comme un grand siècle, mais comme un âge d'or. Voyez ce qu'en pense un contemporain du saint roi ! Il regrette le temps des chansons de geste. Et si nous interrogeons un écrivain du XI® siècle, il nous répondra avec l'auteur de la Vie de saint Alexis :

Bon fut le monde au temps des anciens.

On pourrait remonter ainsi jusqu'à l'origine même de l'humanité, où sans doute les moralistes, s'il y en eut, vantaient l'époque du chaos.

La Vie du monde ou la Complainte de Sainte Église exprime encore la même idée générale; mais cette pièce a, grâce au rythme, une tout autre allure que les précédentes. On y trouve en outre une allusion intéressante à la malheureuse guerre d'Aragon,

BOTEBEUF.

!85 par Philippe le Hardi pour i que son fils Charles tenait d'une te. L'année précédente en effet, le Simon de Brie) avait répondu aux s en donnant l'Aragon â Charles : à cette occasion imposé une dîme ce, dont Rutebeuf soutient les intél'avarice de la cour de Rome, ce

pas de prodiguer ses sarcasmes lont il prend la défense et de les convoitise. Les chevaliers ne sont

la Chanson de geste d'Aspremont ^ne triompher d'Agolant, roi païen e son fils Eaumont : a Les Eaumont lit Rutebeuf, ne trouvent plus de raincre ». Ici la satire atteint le roi

te par une courte introduction.

, dans un jardin, sous une aubéouve un petit livre en parchemin, auquel il donne ce titre : la Vie

e le poème • de quatre alexandrins :

plamt, et ce n'est point mem >yer cuntre elle se prépare ; ormi«, pour elle nul ne Teille 1 péril si Dicn ne la conaeillB.

qu'on appelé Simon, Tégof d'Aragon, ite joara de pardon ae de fsire nn tel don....

ipe la dimc en Allemagne.

it qu'il ait l'épée.

pour être roi d'Espagne !

I de faire tout ce que Dieu er jour et nuit, ceindre leurs >ieu est délaissée, livrée à y viendra pour vendanger, nais il saura se venger des lis qu'on fait de ses biens.

lise se complaint Jésus-Christ

s. fourrure, petit-grii.

queues Margot et Béatrii, Dieu sont pauvres, nus, sans pain.

ménagés; le poète leur res'enrichir et de bâtir des lit gré de l'opposition qu'ils «eut qu'on est déjà loin des lit soulevées la question de

ml gens de bon nais il leur faui

s veulent taire.

SATIRES. LE HONDI

Les curés doyens reçoivei tives de Rutebeuf ;

J'ai bien longtemps pensé à i Cor je croyais trouTer quelqu HaÎB il n'est si prud'homme, < S'il devenait doyen, qui ne de

Parmi les prêtres et curés

Que l'érèque peut dire : j'ai I

Or prions à la En le Seigneur Que par lui nos péchés nous i Qu'il nous laisse en ce siècle Qu'ayons bi

Le dit des Règles est de b pièce qui précède : au ton di Guillaume de Saint-Amoui banni, on comprend que ce j

mot régies e

dent le parai plaint de n":

s pa m n d Ru b uf a 1 lu la U

On verra poi donne pas au

n qnln s

X prélats de

bouche quand l'accord qu'ils versité et les Jacobins a é En revanche, il témoigne u pauvres prêtres de campagnt

Puisqu'il faut la véri De parler n'ai-je plu Vérité j'ai dite en ma La dire devient péril

A ccus qui n'aiment Yérité, Qui ont mis en autorité Tels choses que mettre n'y doivent.

Ils nous trompent et nous déçoivent Comme Renard fait aus oiseaus.

Savez le tour du damoiseau ?

En terre rouge s'enveloppe, Fait le mort et la sourde oreille :

Lors viennent les oiseaus des nues, Et il aime moult leurs venues, Car il les tue et les affole.

Ainsi vous dis en peu de mots :

CeuS'ci nous tuent, nous affolent, Qui de paradis font leur chose.

A cens le donnent et délivrent Qui les abreuvent et enivrent Et qui leur engraissent la panse, Mais sont souvent vrais hérétiques Et en paroles et en fait, Ou usuriers faus et retors.

Dont nous est dit en un verset Qu'ils sont tous damnés et perdus...

Si l'on avait le paradis, Après la mort pour son avoir, Ferait bon voler et piller.

Si on vend le paradis, Dieu sera du moins à la livraison. Saint Pierre n'a pas abandonné les clefs.

Ces gens-là flattent les riches et se font donner par testament les biens mal acquis. Puis ils gardent tout, sans plus s'occuper de l'âme du mort.

Et le curé n'en peut avoir

Qu'à grand peine du pain pour vivre,

Ni acheter un petit livre

Où il puisse lire complies.

Mais eus, ont la panse remplie.

Ont bibles et psautiers glosés.

On les voit gras et reposés....

SATIRES. LE MONDE ET l'ÉGLISE. 103

Quand chez un pauvre prêtre ils Tiennent,

Il semble que ce soient des rois :

Il faut pour eus grand appareil,

Ce dont le pauvre homme est en peine.

Et dût-il engager sa chape,

Il faut qu'il serve d'autres mets

Que l'Ecriture ne commande.

S'ils ne sont repus sans défaut,

Si en cela le prêtre manque,

Sera tenu pour mauvais homme,

Valût-il saint Pierre de Rome.

Dans la satire de Sainte Eglise Rutebeuf développe à nouveau cette idée que les saints ont eu bien tort de s'exposer au martyre, s'il est si facile de gagner le paradis.

Des yeus du cœur ne voyons goutte Plus que la taupe sous la motte....

Si l'on peut paradis avoir Pour habit brun ou blanc ou noir, Qu'il est de fous parmi les saints !

Je tiens bien pour fou, pour niais, Saint Paul, saint Jacques de Galice, Saint Barthélémy, saint Vincent, Qui furent sans faute et sans vice, Et prirent, sans autre délice.

Plus de cent supplices pour Dieu.

Les saints prud'hommes s'occupant A rechercher parmi les bois Racines pour toute richesse, Furent aussi bien fous vraiment Si on a Dieu si aisément Pour large cotte et pour pelisse !

Le dit d'Hypocrisie nous transporte à Rome au moment de l'élection de Thibaut, ancien chanoine de Lyon, archidiacre de Liège, qui devint pape sous le nom de Grégoire X (septembre 1271). 11 n'y avait

SATIRES. Ll

Et de V

Avec VOS rimea, p.

connaître ceu:c qui hypocrites. Ceux qui tremblent et se cache qui se soucient peu chaud et qui ne craif entendre dire par voi

A son tour, après son aimable hdte que a J'ai nom Courtois, prisent moins qu'un me montre au doigt, font bonne mine qu gens pauvres sont retourner dans leur [ cour où la justice s'a regarder aux mains; vous n'avez pas, vous la glace. Ils rognent .

Le nom des habitan

Hypocrisie a tant travai presque tout le pays. C'est parti dans l'assemblée. Ma l'humanité :

Ils 9e prirent à entr'i L'un à l'autre Courte . Chacun le ïeul, nul i Ainsi fat lors Courte.

Et je Tus bien de joie Et je m'Ëveillei sur li

Grégoire X devait se moi opinion qu'avait de lui Ru l'établissement de nouveaux

Dans toute la littérature i latins comme en vers fran l'étranger qu'en France , o attaques contre la cour de P lats. D'ailleurs les religieu ménageaient guère les uns 1 conclure de semblables polën tentés de prendre au mot le) La réciprocité parfaite des ac qu'elles fussent entièrement j permet au moins d'affirmer qi du moyen âge, tant séculîe sérieusement prise à la cr d'ailleurs se méprendre sur état de choses inspirait au j favoris; ils voyaient le mal, mais leur religion n'en était

112 ROTEBEUF.

vint de Grèce en France et en Bretagne', y a été longtemps chérie. Mais Ogier et Charlemagne sont bien morts! Loyauté, la compagne de Chevalerie, est morte aussi! On n'aime plus les chevaliers, qui pourraient défendre la Sainte Eglise. Le roi ne leur rend pas justice, il les méprise; au lieu de Naime de Bavière, le sage conseiller de Charlemagne, il tient près de lui des gens à double face, vêtus de robe blanche et grise! Si la France était menacée, il ferait beau voir les armes et le conseil remis aux mains de la gent béguine! Puis le poète feint de croire que le roi ne quitte pas son royaume pour éviter un pareil danger.

Qu'ont fait les clercs pour la croisade? On sermonna les gens, on les invita à prendre la croix, on pensa vendre le paradis et le livrer de par le pape. L'on put bien le germon entendre; mais nul ne voulut tendre la main à la croix, quelque émouvant que fût l'appel.

Le roi dépense sans compter pour les pieuses fondations. Si tout l'argent qu'on a donné à ceux qui de Dieu se disent amis avait été employé en Terre Sainte, cela eût mieux valu. Les religieux recueillent des héritages sans que la cause de Dieu

s du cycle de l'anti'

nUTEBEUF.

es pourrait prendre à la main.

I n'uTuns point de demain, lerrae vient et approche mort noua clora la bouche.

i pièce, Rutcbeuf, mélangeant les ! l'histoire et ceux de la légende t Engclier de Gascogne, le compaà cflté de Tancrède et de Godefroy lore qu'on ne trouve plus de Tanigeliers, plus de Godefroys, plus de

[ues départs isolés pour la Terre lut peut-être faire honneur à l'ar- ! de Rutebeuf. Le comte de Nevers, lourait malheureusement deux ans ie la complainte qui lui est consalouvelle son cri de détresse :

i de France, roi de France 1 ujours est en danger, :z-la, il en est temps I

e faites-vous ici? Comte de Blois, mte de Saint-Pol',

Qt crier à Dieu merci, ort en tos lits tous tue ?...

t n'accorde nul délai, ppe à coupa de massue :

clair t6t elle a Tait nuit.

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