SATIRES, L
Il y eut un grand se exactement conforme au3 Erard de Valéry. AjJrè rieuse à la première c repartit en 1265 pour la Eude de Nevers; puis, c battre en Italie pour Cha pagna saint Louis à 1 Fouille, il contribua larj de Tagliacozzo. Les enn s'avançaient en rangs s joindre leurs lignes poi se jeter au milieu d'eu Erard, avec l'assentimei d'un stratagème qui réi de trente chevaliers d'éj l'armée, et, comme s'il côté où la fuite parait i par cette manœuvre, le:
a Us fuient 1 Us fuient!
suite de la petite troup< au milieu d'eux avec qu'Erard et les siens fi sant de grands cris.
Cependant l'expéditioi pour aider Charles d'^ Terra Sainte. C'est ah célèbre Dispute du Cr exprime les arguments ] avec une telle impartial!
S sentiments. On l'a représenté lire timide des croisades, sans se ; la timidité n'était point son fait, leurs il pousse à la guerre sainte n dont la sincérité n'est pas doume qu'il développe dans sa a Disqu'on savait d'autre part, que ces ns commençaient ù être discutées.
ut désapprouvée par une bonne ige de saint Louis, notamment par inement succède h l'enthousiasme, isades.
tebeuf débute par un court récit :
irs la Saint-Remi , il chevauchait pensant aux malheurs de la Terre ir cette pensée, il se détourna de une maison où il y avait quatre ces souper allèrent s'ébattre dans 1 bois. Il descendit pour s'accoter ^s écouta parler. L'un d'eux avait un autre ne la voulait prendre.
lait décider l'autre à suivre son
Vous voulez que j'abandonne mon e mes enfants à garder aux chiens.
le Dieu enseigne qu'on doive ainsi
j naquis de ta mère nu, et mainst bien recouverte, Qu'as-tu fait nd cent fois ce qu'on lui donne ?
On peut aujourd'hui avoir facilement le paradis. Saint Pierre et saint Paul l'ont acheté bien plus cher, d'un bien fort précieux, la tête et le cou.
Le Décroisé, — Sans courir les aventures, on peut gagner Dieu ici, et vivre de son héritage.
Le Croisé. — Tu penses, sans tribulation, gagner Dieu par ton beau rire ! Ils furent donc fous, les saints qui souffrirent le martyre pour obtenir la rédemption ?
— Seigneur qui prêchez la croisade, Sermonnez donc ces haut tondus, ' Ces grands doyens et ces prélats....
Clercs et prélats doivent. venger Notre Dieu, puisqu'ils ont sa rente.
Ils ont à boire et à manger, Il ne leur chaut s'il pleut ou vente. Le monde est tout en leur pouvoir.
S'ils vont à Dieu par telle sente, Seraient bien fous de la changer.
Car c'est de toutes la plus gente.
Le Croisé, — Laisse les clercs et les prélats, et vois le roi de France qui, pour conquérir le paradis, expose son corps et ses enfants. Il aurait de meilleures raisons que nous de demeurer dans son royaume.
Le Décroisé, — Je veux rester au milieu de mes voisins et mener douce vie. Vous irez outre mer, vous qui pouvez embrasser de grands faix. Dites au Soudan que je me moque de ses menaces. S'il vient par ici, il lui en cuira, mais là-bas je ne Tirai pas chasser. Je ne fais tort à personne, me couche tôt et fais grand somme, et aime bien mes voisins.
— Ici tu veu8 à Taise Tiyre, Sais-tu si tu viTras longtemps?...
C'est tout un, tiens-le pour certain, Et Tie d'homme et œuf brisé.
Las! Malheureus! Mort te pourchasse, Qui tôt t'aura lacé et pris :
Dessus ta tête tient sa masse :
Viens et jeunes ont même pris.
Tôt a fait d'un pied une échassc.
Le Décroisé. — C'est grand merveille que les gens qui vont outre mer et dont Tâme est pour meilleure tenue, ne vaillent rien quand ils reviennent.
Pourquoi aller chercher Dieu si loin ?
Si Dieu est quelque part au monde, Il est en France, c'est sans doute. Ne pensez qu'aille se cacher Entre gens qui ne l'aiment mie.
Votre mer est si profonde qu'il est bien juste que je la redoute.
Le Croisé, — Tu ne redoutes pas la mort et sais qu'il te faut mourir; et tu dis que la mer te fait peur ! Quelle folie ! Les mauvais mourront ici en leur lit « comme des vaches ». Bienheureux qui mourra là-bas ! Pour moi , pourvu que le corps puisse sauver l'âme, peu m'importe la prison, la bataille, ni de laisser enfants ni femme!
Le Décroisé. — Beau cher sire, quoi que j'aie dit, vous m'avez vaincu et maté, je prens la crois.
On est frappé de voir le Décroisé se déclarer subitement vaincu, sans préparation, sans qu'on l'ait senti faiblir dans ses ripostes. Mais la brus-
SATinES. LES CROISADES. 12
querie de la conclusion n'est pas, quoi qu'on en ai (lit, un moyen habile du poêle pour marquer r" secret sentiment tout en concluant, pour la fon en faveur de la croisade. C'est le contraire d'i habileté. L'intérêt du sujet et le charme des détj dissimulent mal la gaucherie de l'auteur dans conduite générale du dialogue. On n'avance pas, piétine sur place, chacun des interlocuteurs re nant sans cesse aux mêmes arguments. Dans conditions le débat ne pouvait se clore que par i conversion instantanée, par une sorte de coup grâce. Rutebcuf qui est, sans aucun doute possil un partisan du Croisé, néglige même l'artillce ( mentaire qui consiste à atténuer les raisons du p sonnage à qui on veut donner tort; il était t heureux de mettre dans la bouche du Décrc de vigoureuses attaques contre les prélats.
Malgré d'honorables exceptions , l'inexpérie dans l'art du dialogue est générale au moyen â Cependant les dialogues, sous le nom de « débat: formaient un véritable genre, qui remontait d'aîlle à l'antiquité. Les débals du vin et de l'eau, de l'hi et de l'été, du corps et de l'âme, sont célèbres d notre ancienne littérature. Rutebcuf en a comp deux : celui qui vient d'être analysé, et la Disf de Chariot et du Barbier, qui est une satire pers nelle, et dont il sera question plus loin.
Le dit de la Croisade de Tunis [de la Voie Tunes] est le manifeste de la dernière croisade.
Les évangélistes, les apfitres, les confesseurs
RUTBBBOP. -
pour Dieu des supplices. Prenez-y garde, i êtes leurs successeurs, on n'a pas Je paradis irtyre. En s'abandonnant aux délices de la n va tout droit àla grande fournaise, au puits
Prenons garde,
dit dans l'Kvangile : a Si le prud'homme quelle heure viendra le larron, il veillerait, ron ne pourrait lui nuire ». Aussi ne savonsand Dieu dira ; « Venez ! n Malheur à ceua seront pas prêts, car Dieu sera pour eus un lion forcené. Vous n'y pensez pas, vous lez toutes vos aises. Le roi ne les prent pas, la. à travers les mers combattre les infidèles ! quitter douce France. Dieu lui donne de îr en joie à Paris ! Le comte de Poitiers et le ate d'Artois (frère et neveu de saint Louis), Philippe et le comte de Nevers (fils de saint uivent le roi de France, ainsi que le bon roi rre Thibaut : ii laisse si belle terre qu'on ne ;n trouver une plus belle. Et le poète ajoute, i générosité intéressée : « Quoique les deus )i et le comte d'Artois soient tardifs et lents à du bien, j'ai de pitié pour eus le cceur dolent n. leuf s'indigne ensuite contre ceux qui hésilivre le roi :
a (ait une autre qui coûte peu d'argent....
Dès lors que Thomme naît, il a bien peu à vîyre ; Quand il a quarante ans, il en a moins encore. Quand il doit servir Dieu, il s'abreuve et s'enivre : Il ne se prendra garde que lorsque mort viendra....
Voyez et d'où vous vîntes et où vous reviendrez. Dieu ne fait tort à nul; n'est nul juge si droit. Il est seigneur des lois, il est maître des droits, Tous jours le trouverez droit juge en tous endroits.
Le moment est venu qu'il a besoin d'amis.
Il ne veut que le cœur de ce qu'il mit en vous.
Qui lui aura le cœur et promis et donné,
Pour gagner son royaume aura fait un grand pas.
Les mauvais demeureront :
S'ils sont mauvais ce jour, ils seront demain pires : De jour en jour iront de royaume en empire *.
Puisse le Roi qui conduisit les trois rois à Bethléem conduire les croisés et leur permettre de triompher du Soudan !
Rutebeuf avait d'autant plus de mérite de pousser à la croisade, qu'elle éloignait, comme il le dit, les a bonnes gens ». C'est à cette époque même qu'il s'adressait au roi pour lui conter sa \détresse, dans le dit de la Pauvreté de Rutebeuf.
On sait la déplorable issue de l'expédition de Tunis. Le zèle de Rutebeuf n'en est pas refroidi. 11 souhaite encore une nouvelle croisade, et il la prêche avec éloquence dans la Nouvelle Complainte d'outre-mer,
1. Ce vers répète purement et simplement l'idée du précédent, avec un jeu de mots que Rutebeuf ne manque jamais une occasion de reproduire.
longue pièce de 366 octosyllal
, ilit le poètf secourt pas la Sainte Terre. Sain sommes tous un corps en Je sommes donc membres les uns di dant nous sommes comme les ch pour un os. Il en dirait plus, mai plein de miséricorde, mais il e:
de droiture, fort, puissant et sag le jour du Jugement.
Roi de France, roi d'Angleter quérir ])endant votre jeunesse l'h le profit de l'âme, avant que le pierre, si vous voulez avoir para la Sainte Terre, qui est perdue s aide cette année même. Et si elle < temps, en quel temps sera-t-ell Sicile, à qui Dieu a permis de ci et la Sicile, souvenez-vous de 11 ordonne de laisser pour Dieu pc et enfants. Barons, à quoi pensez-^ ils jamais défendus par vous, ceu en grand danger et en espérance < de Flandre et de Bourgogne, i quelle honte pour vous si la Terre de votre temps! Tournoyeurs, qu rir les tournois l'hiver, quelle I ainsi votre temps et de laisser ) gloire! Souvenez-vous de mons
Sergines, qui fut si brave et qui est aujourd'hui couronné en paradis, et du comte Eudes de Nevers, sur lequel on ne peut chanter que de bonnes chansons. Vous devriez prendre . exemple sur eux et secour^ir Saint- Jean-d' Acre et les chevaliers du Temple. Jeunes écuyers « au poil volage », vous ne pensez pas à bien faire! Vous êtes fils de maints prud'hommes — je les vis tels, tels je les nomme, — et vous êtes musards et fous. Vos éperviers sont mieux dressés que vous ; car, lorsque vous les lancez, ils vous rapportent l'alouette sur le poing.
Honni soit qui ne sert que lui, Et non son Dieu et son pays !
Vous ne faites que ce qui peut vous être agréable. Vous enlevez aux pauvres filles leur honneur, et quand elles ne peuvent trouver mari, elles deviennent « du grand nombre ». C'est un péché qui pèse sur votre âme. Vous marchez sur vos pauvres voisins, et oubliez votre noblesse. Vous attendez, pour penser à bien faire, d'avoir la face ridée et d'être vieux et chenus. Si vous aimiez l'honneur et le renom de votre race, vous seriez prud'hommes et sages.
Quand avez votre temps vécu Sans que païen vît votre écu, Que demandez-vous à Celui Qui sacrifice fit de lui?...
Prélats, clercs, chevaliers, bourgeois, Qui trois semaines pour un mois Laissez aller à votre guise Sans servir Dieu et Sainte Église,
HUTEBBUP.
Grégoire X s'efforçait alors vainement d'orga-
une nouvelle croisade ;
ère Guillaume de Beaujeu, grand maitre du lie d'outre-mer et de France, vous pouvez voir l'on sait faire aujourd'hui pour le service de ! Ce n'est plus le temps de Godefroy, Je Bohé- , de Tancrède !
Or prions au Roi glorieus
Et à son cher £ls précieus
Et au Saint Esperit ensemble.
En qui toute bonté S'assemble,
Et à la précieuse Dame
Qui est salut de corps et d'âme,
A tous saints et à toutes saintes
Qui pour Dieu enrent peines maintes,
Qu'il noue octroi(e) sa joie fine.
^ôlé des lieux communs habituels sur la mort 1rs menaçante, sur le paradis qu'il faut conquém aura remarqué dans cette complainte une ■atinn plus originale , lorsque le poète nous des beaux projets de croisade qu'on forme le après un bon dîner, et qui s'évanouissent au , Huit ans auparavant il avait ébauché ce .u dans la complainte du comte de Nevers ;
Au feu prés de la cheminée.
Lors nous nous croisons de grand c< El quand arriïc molinée, Est la croisade terminée.
retouche a été heureuse.