‹ RutebeufChapitre 28 sur 36 · PERSONNELLES · texte numérisé non relu

PERSONNELLES

Satires personnelles.

En rassemblant les éléments ëpars de phie de Rutebeuf, nous avons analysé la satires personnelles, celles où il se moi même, des siens, de son débiteur Bri< sont là ses poésies les plus originales.

accent de pénétrante inélancolie il noi:

son « fol cœur », comme plus tard Villoi sa B jeunesse folle » ! Quelle peinture sj touchante il fait de son dénûmcnt, de son chaque jour déçue, en un lendemain mei.

On retrouve la même note dans une | mante, la plus courte de ses œuvres (e douze vers), le dit des Ribauds de Grèi a chanson des gueux n du Xiii« siècle; l'entrée de la mauvaise saison, adresse :

tissantes railleries aux pauvres ribauds de Grève : à peine vêtus, ils souffriront d sentiront les piqûres de la neige, ces mouches » de l'hiver.

Ribauds, bien ètes-Tous à point :

Les arbres dépouillent leurs bronchi

Voas en aurez (roid âtos hanches.

Combien ïous plairaient les pourpo

Et les Burcots fourrés à manches I

Voua allei en été si vifs,

Et en hiier si engourdis l

Vos souliers n'ont pas besoin d'huili

De -vas talons faites semelles.

POÀMBS ALLÉGOniQDES. \3b

Faute de comprendre suffisamment les allusions, nous perdons tout le sel de cette pièce, que nous n'essaierons pas d'analyser. Rappelons seulement que le nom de Renard revient souvent dans les autres poéstes de Rutebeuf, ]>ersonni fiant toujours l'hypocrisie religieuse, celle que le poète reproche volontiers aux ordres mendiants, particulièrement

Le Voyage du Paradis a plus de rapports avec le roman de la Rose de Guillaume de Lorris que Renard le Mal-tourné avec le roman de Renard. Le cadre du récit est aussi un songe, comme dans une autre pièce de Rutebeuf [le dit d'Hypocrisie), où le trouvère raconte, sous le voile de l'allégorie, l'élection du pape Grégoire X. Ce cadre, dont l'idée était empruntée au Songe de Scipion de Cicéron, avait d'ailleurs été employé au moyen âge avant te roman de la Rose. Guillaume de Lorris n'était pas non plus l'inventeur des personnages allégoriques, qui jouent déjà un rôle important dans la poésie des troubadours, et il imitait un a Voyage du Paradis « antérieur à celui de Rutebeuf

11 y a une ressemblance frappante entre le début du petit poème de Rulebeuf et l'introduction du roman de la Rose :

Me semblait qu'il était matin ; C'était en mai, je le rèTais, Au temps nmoureus, plein de joi< Temps où toute chose s' égayé, Que l'on ne voit buisson ni haie

ouvrent leur verdare, ■a tant que l'hiTer dore:

l'enorgueillil qui la mouille,

Guillaume de Lorris.

ebeuf :

Gvant l'été,

le couvrent de Teuilles ;

jnorgueillit la terre

au point du jour, Rutebeuf a

jrenant écharpe et bourdon et inage clans la voie de Paradis, chemin très large et très plaiiijours en se rétrécissant et au e un peuple félon qui ne laisse rin. Rutebeuf prend le chemin , le soir, dans la cité de Péni- I accueilli par un prud'homme lité :

n l'hûtel de mon hâte, et r écharpe il m'rjtc

Toge sur ma terre,

138 RUTBBBnF.

la fait tomber. Les clients d'Orgtieil en viennent à curer une étable pour du pain. Us sont vêtus de soie vermeille, mais qui déteint au soleil. Ils ont de merveilleux chapeaux de fleurs que la cbalear a vite

fanés. — Avarice, dans son manoir,

Emmi la salle sur un coffre Uicu8 semble être morte <jae Tivc;

ic grrande pierre d'Himant.

murs autour sont à ciment, It est bien fermée l'enceinte.

' Au fond d'une obscure Tallèc, D'où la clarté s'en est allée, S'esl Envie cachée et mise.

Elle couche dans l'ordure; sa maison n'a ni fenêtre, ni verrière, et jamais le soleil n'y luit. Elle se réjouit du deuil et s'afHige de la joie des autres; etc.

Gloutonnie va souvent frapper à la porte de Hasard le tavemier. Luxure (dont le chambellan est Fou-s'y-fie) est voisine de Gloutonnie.

Tel entre chez elle à cheval,

Bel Accueil, qui garde la parle. Connaît bien celui qui apporte :

Car il sait affoler le fou.

Celui qui y Ta bourse vide Est bien fou si trouver y pense Beau jeu, beau ris et belle chère; De vide main vide prière,

Le poète nous parle encore de Débonnaireté, de Charité, d'Abstinence, de Chasteté qui guide Rutebeuf à travers la cité. Rutebeuf ne pourrait raconter toute l'histoire de la cité de Repentance, même si le Rni de gloire lui avait donné autant de langues que de dents. L'une des quatre portes est faite d'amour fine. C'est celle qui conduit à Confesse, qui tout nettoie. Le poème s'arrête brusquement à la porte de Confesse.

Le Voyaye du Paradis et le dil d'Hypocrisie sont les seules pièces de Rutebeuf où l'allégorie règne d'un bout à l'autre , mais it introduit à chaque instant, dans ses autres poésies, des personnages allégoriques. C'était la mode de son temps, mode persistante dont on retrouve encore l'abus au commencement du siècle de Louis XIV, avec Clélîe et la carte du Tendre.

iMJ,

Le théâtre comique du au xv'^siécle, se réduit, connaissances, à un trè une courte farce, et les • Halle, contemporain de est une pastorale, l'autre où l'auteur met crûment s rains et compatriotes d'.

xv^ siècle qu'on voit se u ques, moralités, farces, s

Aux trois pièces indi ajouter le dit de VHerher tous les caractères de ce qui eurent tant de succè continuent, après une m monologues de notre (in raflinés, plus excentrique) tuels et moins gais.

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