PROLOGUE
Lorsque après de longs deuils et d'amères épreuves Noémi dans Bethlém a voulu revenir, Dieu , qui tient enfermé dans ses mains l'avenir , Sur les champs de Booz a conduit les deux veuves.
Ainsi tu quittes tout , ô Ruth , amour, printemps, Pour suivre jusqu'au bout la pauvre vieille femme ? Béni soit ton courage, ô doux cœur, ô chère âme! Va donc où Noémi t'envoie , où Dieu t'attend.
Midi verse déjà ses ilammes. Depuis l'aube , Rulh marche sur les pas des moissonneurs courbés, Ramassant les épis dans le sillon tombés , Et portant son fardeau dans un pan de sa robe.
ABIÉZER, MOISSONNEURS, puis BOOZ
ABIÉZEU
Voici le maître : allons , mes compagnons , courage, n vient juger lui-même vos efforts.
LES MOISSONNEURS
Qu'il vienne ! nous pouvons lui montrer notre ouvrage : Rien ne lasse nos bras , nos bras souples et forts.
BOOZ
Salut, fils d'Israël, mes serviteurs fidèles.
LES MOISSONNEURS
Booz, que le Très-Haut te couvre de ses ailes I
BOOZ
Abiézer , que fait, dans les sillons.
Là-bas, cette inconnue, à l'air doux, en haillons?
ABIÉZER
Elle va sur nos pas , et recueille , attentive , Les épis échappés à notre main hàlive.
BOOZ
Qu'elle erre et glane, enfants , en toute liberté I Et pour mieux respecter sa chaste pauvreté , Laissez , comme au hasard , tomber de la faucille Des épis plus nombreux. — Connait-on sa famille , Son pays ?
ABIÉZER
C'est , dit-on , de Noémi la bru.
Elle la suit partout , comme eût fait une fille. C'est une Moabile. Elle se nomme Mb.
BOOZ
Qu'on l'appelle.