‹ Ruth, d'après la Bible: Poème d'oratorioChapitre 5 sur 8 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Lorsque après de longs deuils et d'amères épreuves Noémi dans Bethlém a voulu revenir, Dieu , qui tient enfermé dans ses mains l'avenir , Sur les champs de Booz a conduit les deux veuves.

Ainsi tu quittes tout , ô Ruth , amour, printemps, Pour suivre jusqu'au bout la pauvre vieille femme ? Béni soit ton courage, ô doux cœur, ô chère âme! Va donc où Noémi t'envoie , où Dieu t'attend.

Midi verse déjà ses ilammes. Depuis l'aube , Rulh marche sur les pas des moissonneurs courbés, Ramassant les épis dans le sillon tombés , Et portant son fardeau dans un pan de sa robe.

ABIÉZER, MOISSONNEURS, puis BOOZ

ABIÉZEU

Voici le maître : allons , mes compagnons , courage, n vient juger lui-même vos efforts.

LES MOISSONNEURS

Qu'il vienne ! nous pouvons lui montrer notre ouvrage : Rien ne lasse nos bras , nos bras souples et forts.

BOOZ

Salut, fils d'Israël, mes serviteurs fidèles.

LES MOISSONNEURS

Booz, que le Très-Haut te couvre de ses ailes I

BOOZ

Abiézer , que fait, dans les sillons.

Là-bas, cette inconnue, à l'air doux, en haillons?

ABIÉZER

Elle va sur nos pas , et recueille , attentive , Les épis échappés à notre main hàlive.

BOOZ

Qu'elle erre et glane, enfants , en toute liberté I Et pour mieux respecter sa chaste pauvreté , Laissez , comme au hasard , tomber de la faucille Des épis plus nombreux. — Connait-on sa famille , Son pays ?

ABIÉZER

C'est , dit-on , de Noémi la bru.

Elle la suit partout , comme eût fait une fille. C'est une Moabile. Elle se nomme Mb.

BOOZ

Qu'on l'appelle.

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