LES MÊMES, RUTH
BOOZ
Approchez sans crainte , et confiante.
RUTH
ciell d'où me vient ce bonheur , Et cela se peut-il , que l'indigne servante Ait trouvé grâce aux yeux de son seigneur ?
BOOZ
Ma iille , je connais votre bonté pieuse.
On m'a dit qu'ici-bas Noémi n'a que vous ; Je sais que dans sa voie amère et douloureuse Elle marche , appuyée à ce cœur lort et doux. Soyez bénie , enfant vaillante et généreuse , Soyez bénie , au nom de Celui qui voit tout.
Vous ne sortirez pas de mon champ, de mon aire : Suivez ceux-ci , qui vont de nouveau moissonner. Au milieu d'eux buvez , mangez. A votre mère Porter autant d'épis que vous pourrez glaner !
RUTH, seule Ils s'éloignent. .. Allons, au travail, la glaneuse !
Songeuse
Sa bénédiction m'a fait l'àme joyeuse...
Elle glane
Tombez , tombez , épis , des mains du moissonneur ; Vous êtes mon butin... Oh ! ce soir, quel bonheur, Rapporter trois boisseaux pleins d'orges à ma mère , Et combien de sa bru Noémi sera fière !
Elle glane
Tombez, tombez, épis...
Songeuse
Quel cœur compatissant ! Lui, l'opulent Booz , lui , Booz le puissant, Il n'a point méprisé la pauvre et faible femme Qui venait le front bas et la douleur dans l'âme , n n'a point repoussé de Taire et du sillon L'étrangère aux pieds nus, veuve de Mahalon...
Elle glane
Tombez, tombez, épis...
Avec transport
Ah I ciel ! ma robe est pleine.
Quelle joie ! ab ! j'oublie en un instant ma peine.
Joyeusement
Merci , Booz !
Avec enthousiasme
Heureux le riche doux et bon I Que le Dieu de Juda , dur aux riches avides , Du généreux Booz centuple la moisson , Ecarte de son champ les orages arides , Et fasse du bonheur l'hôte de sa maison !