PROLOGUE
Le soleil va s'éteindre à l'horizon. Les blés , Si hardis ce matin sur leurs tiges superbes , Abattus maintenant , liés en hautes gerbes , Dorment jusqu'à demain dans l'aire rassemblés.
Tout le jour , la glaneuse a glané , prompte et leste , Songeant qu'un peu de joie attend sa Noémi ; Puis revoyant Booz , ce doux visage ami , Ce front où la Bonté met un rayon céleste.
Et dans son cœur troublé , palpitant , radieux ,
L'inspiration sainte obscurément est née...
Allons, Ruth I Par la main invisible menée ,
Va , marche , élue et prête aux grands desseins de Dieu !