ACTE /, SCENE II. II
Oh ! plutôt qu'arriver jusqu'à ce déshonneur,
Plutôt qu'être, à ce prix, un riche et haut seigneur,
— Et je le dis ici pour Dieu qui voit mon âme, —
J'aimerais mieux, plutôt qu'être à ce point infâme, 5 Vil, odieux, pervers, misérable et flétri.
Qu'un chien rongeât mon crâne au pied du pilori ! Don Saj-luste.
Cousin...
Don César. De vos bienfaits je n'aurai nulle envie.
Tant que je trouverai, vivant ma libre vie, lo Aux fontaines de l'eau, dans les champs le grand air
A la ville un voleur qui m'habille l'hiver.
Dans mon âme l'oubli des prospérités mortes.
Et devant vos palais, monsieur, de larges portes
Où je puis, à midi, sans souci du réveil, 15 Dormir, la tête à l'ombre et les pieds au soleil !
— Adieu donc. — De nous deux Dieu sait quel est le juste.
Avec les gens de cour, vos pareils, don Salluste,
Je vous laisse et je reste avec mes chenapans. 20 Je vis avec les loups, non avec les serpents. Don Salluste.
Un instant...
Don César. Tenez, maître, abrégeons la visite.
Si c'est pour m 'envoyer en prison, faites vite.
Allons, je vous croyais, César, plus endurci. 2$ L'épreuve vous est bonne et vous a réussi.
Je suis content de vous. Votre main, je vous prie. Don César.
Comment ?
Don Salluste. Je n'ai parlé que par plaisanterie,
Tout ce que j ai dit là, c'est pour vous éprouver, 30 Rien de plus.
Don César. Ça, debout vous me faites rêver.
La. femme, le complot, cette vengeance... Don Salluste. Leurre!
Imagination! chimère!
Don César. A la bonne heure !
jS Et l'offre de payer mes dettes ! vision ?
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