‹ Ruy BlasChapitre 52 sur 98 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Quand à ce duel, dis-lui que j'ai tort, que je suis A ses pieds, qu'il me plaigne et que j'ai des ennuis. Qu'il porte chez la reine à l'instant mes suppliques, Et que je lui ferai des excuses publiques.

5 Qu'elle est en grand péril. Qu'elle ne sorte point. Quoi qu'il arrive. Au moins trois jours !— De point en

point Fais tout. Va, sois discret, ne laisse rien paraître.

Le Page.

Je vous suis dévoué. Vous êtes un bon maître.

Cours, mon bon petit page. As-tu bien tout compris ?

Le Page.

10 Oui, monseigneur ; soyez tranquille.

lisort.

Ru Y Blas {reUéseuly tombant sur un fauteuil.)

Mes esprits Se calment. Cependant, comme dans la folie, Je sens confusément des choses que j'oublie. Oui, le moyen est sûr. — Don Guritan... — Mais moi ? 15 Faut-il attendre ici don Salluste ? Pourquoi ? Non. Ne l'attendons pas. Cela le paralyse Tout un grand jour. Allons prier dans quelque église. Sortons. J'ai besoin d'aide, et Dieu m'inspirera !

Il prend son chapeau sur une credence^ et secoue une sonnette posée sur la table. Deux nègres^ vêtus de velours vert clair et de brocart d'or^ jaquettes piissées à grandes basques paraissent à la porte du fond.

Je sors. Dans un instant un homme ici viendra. 20 — Par une entrée à lui. — Dans la maison, peut-être, Vous le verrez agir comme s'il était maître. Laissez-le faire. Et si d'autres viennent...

Après avoir hésité un moment.

Ma foi, Vous laisserez entrer !

// congédie du geste les noirs qui s* inclinent en signe d ^obéissance et qui

sortent.

25 Allons !

Il sort.

Au moment oà la porte se referme sur Ruy Blas^ on entend un grand bruit dans la cheminée^ par laquelle on voit tomber tout à coup un homme^ enveloppé d ''un manteau déguenillé^ qui se précipite dans la chambre. Cest don César.

70 RÛY BIAS.

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