‹ Ruy BlasChapitre 62 sur 98 · ACTE IF, SCÈNE IK · texte numérisé non relu

ACTE IF, SCÈNE IK

Don César.

Charmante !

La Duègne. La suivante est d'abord accomplie.

Elle m'a pris à part au milieu du sermon. ) Mais belle ! un profil d'ange avec l'œil d'un démon.

* 5 Puis aux choses d'amour elle paraît savante.

Don César (^/aro.

Je me contenterais fort bien de la servante ! La Duègne.

Nous jugeons, — car toujours le beau fait peur au laid, —

La sultane à l'esclave et le maître au valet.

La vôtre est, à coup sûr, fort belle.

Don César. Je m'en flatte !

La Duègne {faisant une révérence pour se retirer).

1 1 Je VOUS baise la main.

Don César {lui donnant une poignée de doublons).

Je te graisse la patte.

Tiens, vieille !

La Duègne {empochant),

La jeunesse est gaie aujourd'hui !

Don César {la congédiani). Va.

La Duègne. {Révérences.)

16 Si vous aviez besoin... J'ai nom dame Oliva, Couvent San-Isidro. —

Elle sort. Puis la porte se rouvre ^ et Von voit sa tête reparaître.

Toujours à droite assise Au troisième pilier en entrant dans l'église.

Don César se retourne avec impatience. La porte retombe ; puis elle se rouvre encore^ et la vieille reparait.

20 Vous la verrez ce soir ! monsieur, pensez à moi Dans vos prières.

Don César {lachassant avec colère).

Ah!

La duègne disparaît. La porte se referme.

Don césar {seut). Je me résous, ma foi, A ne plus m'étonner. J'habite dans la lune. 25 Me voici maintenant une bonne fortune ; Et je vais contenter mon cœur après ma faim.

Rivant.

Tout cela me paraît bien beau. — Gare la fin !

La porte du fond se rouvre. Parait don Guritan avec deux longues '

épées nues sous le bras.

Page 1