‹ Rymaille sur les plus célèbres bibliotières de Paris en 1649; avec des notes et un essai sur les autres bibliothèques particulières du tempsChapitre 11 sur 193 · BIBLIOTHÈQUE DE SORBONNE · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE DE SORBONNE

La Bibliothèque de Sorbonne, « l'une des plus florissantes qui existent, » dit Le Gallois, était formée du fonds primitif de la maison datant du xin e siècle, successivement agrandi par les dons des docteurs, augmenté de ceux du cardinal de Richelieu, et plus tard de Michel Le Masle, abbé des Roches. (Voir note 70.) Ce dernier légua ses livres à la Sorbonne, à la condition qu'ils seraient conservés dans un local spécial et communiqués à jour fixe au public, — instituant, à cet effet, une rente pour subvenir à l'entretien du bibliothécaire.

Richelieu n'avait pas laissé directement ses livres au collège de Sorbonne : par son testament, il les léguait à son neveu Armand Vignerot, avec charge par celui-ci de choisir un bibliothécaire aux gages de 1 ,000 livres, parmi trois candidats présentés par la Sorbonne , et d'entretenir un frotteur pour balayer tous les jours et battre les livres tous les mois — aux gages de 400 livres. De plus, il avait assigné 1,000 livres par an pour acquisition de livres nouveaux.

Cette bibliothèque était placée dans une galerie de vingt toises de long sur cinq de largeur, décorée aux deux extrémités des portraits de ses deux principaux bienfaiteurs : Richelieu et l'abbé des Roches. Elle atteignit au xviii 6 siècle le chiffre imposant de 60,000 volumes et 5, 000 manuscrits, parmi lesquels on remarquait le Correctorium biblicum, tant cité par les commentateurs, le Tite-Live à miniatures du xiv e siècle, et un curieux manuscrit des Songes du vieil Pèlerin, ouvrage curieux et singulier composé en 1397, par Philippe de Maizières. Quant aux incunables, on sait que la Sorbonne avait les

plus rares qui aient paru et entre autres 1 édition originale de Ylmitation de Jésus- Christ, imprimée par Higman et donnée en cadeau par le chanoine de La Mure. Je ne parle pas de tous les livres imprimés à Paris dès 1470, par Martin Crantz, Ulric Gering et Michel Friburger, entre autres les Épîtres de Gasparinus Perganiensis, in-4 ; la Bibliothèque de Sorbonne les possédait à bon droit, puisqu'elle eut l'honneur insigne et la gloire impérissable d'introduire l'imprimerie à Paris. C'est Jean de La Pierre, prieur de cette maison, qui fit venir les trois imprimeurs nommés ci-dessus, les logea dans la Sorbonne même et fit les frais de leur établissement.

« On remarquait dans cette collection, que les érudits du temps avaient surnommée : « l'Arsenal des Muses, » une belle suite de manuscrits que l'abbé Ladvocat, bibliothécaire de Sorbonne, mit depuis dans un très-bel ordre. (Note mss. de Jamet sur mon exemplaire des Biblioth. de Le Gallois.) ( 1 745- 1 76 1 .) »

Les PP. Geoffroy et Chevillé en furent bibliothécaires de 1 646 à 1690.

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