RYTHMES DES BRUITS DU CŒUR A L’ÉTAT PATHOLOGIQUE
Que le cœur lui-même soit atteint, qu’il y ait lésion de l’organe ou qu’il ne reçoive que le contrecoup d’une affection locale ou générale, qu’il n’y ait que trouble dynamique, il peut en résulter une modification dans le rapport des différents temps de la révolution cardiaque.
Les quatre parties constituantes de chaque pulsation, les deux bruits et les deux silences, peuvent, par leur prolongement ou leur raccourcissement, modifier le martellement physiologique.
Lorsque les bruits du cœur ont conservé à peu près leur timbre normal, même lorsqu’ils sont remplacés ou couverts par un souffle, l’agencement réciproque des divers temps peut n’avoir subi qu’une légère transformation, sans qu’il y ait à proprement parler rythme nouveau.
Une perturbation plus profonde est créée lorsqu’un souffle empiète tellement sur le temps suivant qu’il le remplit entièrement.
On ne peut cependant pas dire que de ce fait il existe un rythme particulier ; du reste, dans ce cas, c’est l’apparition du souffle qui vient donner la note dominante et le rythme n’occupe que le second plan.
Si donc il ne faut pas manquer de noter toutes les
atteintes qui peuvent être portées au rythme des bruits du cœur par l’état pathologique, il ne convient de retenir pour des chapitres séparés que les troubles dont résulte une variation bien nette et autonome et de décrire seulement à part les rythmes que les auteurs ont cru devoir mettre en vedette sous un nom spécial.
Un autre argument vient à l’appui de cette manière d’envisager cette étude. Les rythmes spéciaux seuls ont suffisamment attiré jusqu’ici l’attention des auteurs; pour eux déjà, les documents restent encore éparpillés de côté et d’autre et parfois incomplets; notre tâche a consisté à les rassembler et à leur donner un corps; nous ne nous dissimulons pas que bien des points restent encore dans l’ombre.
les atteintes que peut subir le rythme des bruits du cœur sont diverses et les rapports entre les temps de la révolution cardiaque, bruits et silences, éprouvent des modifications qui portent sur un ou plusieurs de ces éléments. Le mot même de rythme implique uniquement l’idée de rapport de durée, nous n’avons donc à tenir compte, que. secondairement de l’intensité et du timbre dans: les changements survenus dans les bruits du coeur.
Si la transformation d’un bruit en souffle ne doit nous occuper que d’une façon tout à fait accessoire dans l’étude des rythmes pathologiques des bruits du cœur, il n’en est pas de même lorsque, par suite de dédoublement d’un des bruits ou d’adjonction d’un bruit supplémentaire, les temps sonores de la révolution cardiaque se .trouvent augmentés de; nombre
ou lorsque, par l’extinction de l’un ou l’autre des deux bruits normaux ou même des deux, le rythme cardiaque ne comprend plus qu’un nombre réduit de bruits, un ou zéro.
De ces probabilités résulte une classification toute naturelle des rythmes des bruits du Cœur à l’état pathologique en deux catégories distinctes : 1° les rythmes des bruits du cœur sans changement dans le nombre des bruits, par simple trouble ou changement dans la durée des éléments normaux d'une révolution cardiaque ; 2° les rythmes des bruits du cœur par changement dans le nombre des bruits.