I. A. Freï. Berliner klinische Wochenschrift
Pronostic. — Probablement par suite des conditions diverses qui sont capables de provoquer l’allongement de la diastole, la question du pronostic ne donne pas une réponse uniforme ; tantôt sans conséquence, épiphénomène banal, la bradydiastolie devient parfois le signe de. la dilatation cardiaque avec débilité cardiaque extrême, fatale.
Valeur séméiologique. — Peut-on rencontrer l’allongement du grand silence chez certains individus dont le cœur bat lentement à l’état normal (pouls napoléonien)? Faute de document à l’appui, on peut avoir quelque mal à se faire une opinion ferme à ce sujet et risquer de tomber dans l’erreur en assimilant l’allongement du grand silence et la bradycardie. En attendant de plus amples inforiqations, vaut-il mieux s’en tenir à considérer la bradycardie physiologique comme non accompagnée de changement dans la durée relative des éléments de la révolution cardiaque.
II n’en est pas de même dans une alfection caractérisée par la triade symptomatique, pulsations cardiaques rares, pouls rare, attaques syncopales et épileptiformes, qu’on a reconnu appartenir à l’artério-sclérose combinée du cœur et du bulbe (maladie de Stokes-Adams) 1 .
On a eu le tort jusqu’ici de perpétuer une erreur de terminologie en décrivant sous le nom de pouls lent permanent et de lenteur des pulsations car-
1. H. Huchabd. Maladie de Stokes-Adams (Bulletin médical , 1890). — Traité clinique des maladies du cœur et des vaisseaux (2 e édition, 1893). .. .
diaques, les deux principaux signes cardio-vasculaires de la maladie. C’est pouls rares et pulsations cardiaques rares qu’il faut dire ; par définition, lente signifie qui ne va pas vite, qui traîne, qui met plus de temps à s’effectuer, et non qui se reproduit à long intervalle comme c’est le cas.
Sous un même processus, deux organes sont en cause, le cœur, le bulbe; au cœur revient le changement de rythme, au bulbe la rareté des contractions.
Outre les modifications spéciales du rythme des pulsations cardiaques, outre la bigémination ou la trigémination, l’un des premiers effets de la digitale est de resserrer la systole. Chacune des contractions de l’organe est plus forte, mais l’effort est brusque, rapide; ce que chaque systole acquiert en force, elle le perd en durée. Il y a d<yà longtemps que l’attention a été attirée sur cet allongement de la période diastolique par Easton 1 .
Les tracés cardiographiques pris chez l’homme, ou chez les animaux soumis à des doses modérées de digitale, montrent d’après M. F. Frank, le passage plus rapide des ventricules à la forme globuleuse, c’est-à-dire la brièveté de la systole ; le redoublement d’énergie fournie par le myocarde produit parfois sur le tracé, chez, le cheval par exemple, une ondulation sur la ligne d’ascension à laquelle on a théoriquement donné une certaine importance pour l’explication du rythme de galop (D’Espine).
D’autres substances allongent la diastole, non par