Easton. Monthly medical Journal, Glascow, juillet
renforcement de la systole, mais par amoindrissement de la contraction myocardique.
Dans l'empoisonnement par le chloral 1 , le cœur tend à s’arrêter en diastole et les systoles se raccourcissent d’autant, jusqu’au moment du relâchement terminal. Même action pour la muscarine. On comprend à propos de cette dernière, dont on a trouvé l’analogue parmi les ptomaïnes, la pathogénie de certains troubles cardiaques dans les maladies infectieuses.
Le grand silence se prolonge par rapport aux autres temps de la révolution cardiaque dans la convalescence des grandes maladies, en particulier des fièvres graves, au moment où les pulsations cardiaques deviennent plus rares. Mais celle rareté ne se lie que lâchement à cet allongement diastolique, puisque dans le cours de ces mêmes maladies, fièvre typhoïde, pneumonie par exemple, malgré l’augmentation du nombre des pulsations cardiaques, le grand silence s’exagère, comme on peut le voir par la comparaison des tracés 12, 13,14 :
Le tracé n° 12 provient d’un adulte de 30 ans à l’état physiologique ; les pulsations sont peu rapides. L’inscription du temps en 1/2 secondes montre que chaque contraction dure 9/12 de seconde, dont 5/12 pour la diastole. Au-dessous fig. 13, pris avec le même appareil, à la même vitesse, sur le cardiogramme d’un sujet atteint de pneumonie double en pleine période d’état, en pleine fièvre, chaque révo-
1. Yulpian, École de médecine. Leçon sur le chloral , cours fait à la Faculté de médecine, 1877, p. 9.
lution cardiaque, systole et diastole, se fait en 1/2
Fig. 11. — Tracé normal lent.
seconde seulement; malgré cela la diastole prend
Fig. 12. — Tracé avec allongement du grand silence, dans le cours de la pneumonie.
pour elle 5/12 de seconde autant que dans le tracé
Fig. 13. — Tracé dans le cours de la fièvre typhoïde.
du cœur normal une demi-fois plus lent donné par la figure 12.
Même constatation pour la troisième figure prise sur un typhique, au cours de la maladie.
, Sans l’analyse que permet seul l’enregistrement cardiographique, on ne se rendrait peut-être pas bien compte de ce trouble du rythme cardiaque, parce que la vitesse des battements cardiaques atténue pour l’oreille la différence de durée entre les éléments de la révolution cardiaque, tandis que leur rareté tendrait à produire sur l’ouïe un effet opposé, en nous faisant prendre pour allongé un grand silence qui a pourtant scrupuleusement gardé ses rapports dans le rythme cardiaque avec les autres composants.
Traitement. — La valeur de l’allongement diastolique varie trop selon les circonstances pour dicter une ligne de conduite générale ; la médication symptomatique se noie dans la médication de la maladie causale. La bradydiastolie, signe de dilatation, contre-indique la digitale (Huchard).
RACCOURCISSEMENT DU GRAND SILENCE I. — Raccourcissement sans rythme spécial.
Dès que le grand silence n’a plus sa durée normale, dès qu’il ne détache plus les couples de bruits cardiaques par une pause suffisamment longue pour comprendre à lui seul un intervalle égal ou supérieur aux trois autres éléments réunis, il donne à l’oreille une sensation.qui se rapproche d’un rythme à deux temps.
Nous retrouverons ces modifications sous le nom d’ embryocardie incomplète.
Le raccourcissement du grand silence se manifeste dans l’insuffisance aortique et M. Fr. Kraus 1 donne ce phénomène comme un signe diagnostique à ajouter! à ceux qu’on décrit ordinairement dans cette affection. Mais ici la présence du souffle altère trop
Fig. 14. — Raccourcissement du grand silence dans l’insuffisance aortique.
le rythme des bruits, pour permettre à l’oreille de mesurer les éléments de la révolution cardiaque. Ce n’est que l’enregistrement cardiographique qui a pu faire constater cette particularité (fig. 14).