‹ Rythmes des bruits du cœurChapitre 22 sur 65 · Grasset. Ibid., p · texte numérisé non relu

Grasset. Ibid., p

tachycardie, c’est le cœur; le rythme fœtal, ce sont les artères. Tachycardie et rythme fœtal sont donc tous les deux signes d’hypotension. Mais il y a deux éléments de tension : le cœur et les vaisseaux.

«c Dans l’hypertension la force du premier bruit et la rareté des contractions correspondent à l’élément cœur. Le rapprochement et l’intensité du deuxième bruit correspondent à l’élément artères. »

« De même dans l’hypotension, la faiblesse du premier bruit et la tachycardie correspondent à l’élément cœur; la faiblesse et le retard du deuxième bruit à l’élément artères.

« Donc le rythme fœtal n’est pas un rythme anormal du cœur. L’anomalie d’un rythme cardiaque ne se juge qu’au premier temps, puisque le. deuxième est artériel.

« Donc, dans la fièvre typhoïde, nous voyons se produire l’embryocardie ; le cœur commence d’abord à lâcher, il y a une diminution du premier bruit, de la tachycardie, les artères elles-mêmes lâchent ensuite, le deuxième bruit s’affaiblit et s’écarte assez du premier pour arriver à produire le rythme fœtal.

« Mais on conçoit d’autres cas bien moins graves où les vaisseaux lâchent sans que le cœur faiblisse ; il se produit une paralysie vaso-motrice ou une diminution d’élasticité, d’où rythme fœtal sans tachycardie. »

Cette nouvelle théorie, par ce fait qu’elle dissocie les phénomènes, rapprochés jusqu’ici, précise le mécanisme par lequel se produit l’embryocardie. Dans la première, on admettait une influence générale du

sang intoxiqué ou anoxémié, sur toüt le système circulatoire. M. Grasset fait la part qui revient au cœur et celle qu’il faut attribuer aux artères.

Il pense que dans l’embryocardie dissociée, l’asthénie artérielle est seule en jeu, que l’infection, et partant l’intoxication consécutive, n’a rien à faire dans la pathogénie des phénomènes. Si l’on ne peut invoquer l’infection chez son astério-scléreux, l’autointoxication ne peut se nier, comme le prouve la rétention des déchets dans le sang des cardiopothes, car chez eux, comme M. Huchard, puis son élève Tournier l’ont démontré, la toxicité urinaire baisse 1 par insuffisance rénale et hépatique.

Je pense qu’il faut conserver en tête de la pathogénie la modification de la crase sanguine, intoxication par infection, auto-intoxication ou anoxémie, comme cause générale, d’aùtant que le second bruit n’est pas aussi indépendant du cœur, puisqu il résulterait de l’aspiration ventriculaire.

Valeur séméiologique. — L’embryocardie peut se rencontrer dans la période ultime des affections cardiaques chroniques, surtout dans les cardiopathies artérielles, l’artério-sclérose, la sclérose des coronaires, l’angine de poitrine 2 .

Elle peut être l’indice d’une dégénérescence cardiaque, par excellence d’une myocardite, la plupart du temps secondaire à un état infectieux, comme le

\. H. Huçhard [loc. cit.). —E; Todrkier. La dyspnée cardiaque. Thèse, Paris 1892, p. 86 et suivantes.

2. H. Hüchard. Traité clinique des maladies du cœur et des vaisseaux, p. 529.

typhus, la fièvre typhoïde, la scarlatine, la variole, la septicémie, la pyohémie, l’impaludisme, la diphtérie, la méningite tuberculeuse, la phtisie pulmonaire (H. Huchard), l'hépatite tuberculeuse (Hutinel 1 ), la grippe (Huchard, Merklen).

On l’a observé à la période ultime du goitre exophtalmique et dans la phase asystolique de cette maladie récemment décrite ( Huchard , Debove et Boulay ) sous le nom de tachycardie paroxystique essentielle.

On la constate dans certaines intoxications, comme celle par l’hydrate de chloral, l’atropine, la nicotine.

Dans les cardiopathies artérielles, ainsi appelées parce qu’elles ont le cœur pour siège et les artères pour origine, le rythme à deux temps, tantôt n’apparaît que momentanément, un ou deux jours, ou seulement pendant une série de révolutions cardiaques. L’embryocardie n’est que transitoire et souvent même incomplète. Il en est de même dans l’angine de poitrine et dans les grandes hémorragies, comme après l’accouchement ou dans les épanchements sanguins abondants ; tantôt le caractère fœtal des bruits du cœur s’installe définitivement.

Dans la fièvre typhoïde, qui se distingue des autres pyrexies par une lenteur relative du cœur, l’apparition de l’embryocardie s’annonce par une plus grande fréquence des battements.

Cette tachycardie précède en général les modifications qui peuvent survenir dans le rythme du cœur et l’embryocardie en particulier. L’apparition

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