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Bulletin médical, janvier

du rythme à deux temps indique l’action des toxines sur l’organe central de la circulation.

Dans les autres maladies infectieuses dans lesquelles le pouls peut déjà être fréquent, l’apparition de l’embryocardie ne s’annonce par rien. Il faudra cependant lui attacher la même valeur que précédemment.

Pronostic. — Complète et permanente, l’embryocardie dicte un pronostic très sévère.

Incomplète ou transitoire, elle indique l’atteinte du myocarde, mais non l’impossibilité du retour à la santé.

Parfois il arrive que, dans le cours d’une pyrexie d’intensité moyenne, le rythme à deux temps s’établisse. Cette apparition doit faire présager une issue fatale, quand bien même ce serait le seul symptôme grave qu’on puisse observer. C’est un point sur lequel a surtout insisté M. Huchard.

L’embryocardie dissociée (Grasset) n’implique pas le pronostic sombre del’embryocardie tachycardique, même lorsque le symptôme est permanent. 11 indique que le système artériel a lâché, mais que le cœur résiste encore suffisamment.

Traitement. — L’embryocardie traduit le plus souvent l’influence d’une infection sur le cœur; il faut commencer dans le traitement par remplir les indications créées par l’état général : soutenir 1 organisme, modifier les substances extractives ou autres matières toxiques contenues en excès dans le sang et les éliminer, et comme corollaire éviter d’en introduire par ingestion, par conséquent, régime

lacté exclusif, suppression des potages gras, de la viande.

Pour remonter l’organisme nous possédons l’alcool, à la fois stimulant diffusible, diurétique et antipyrétique. W. Stokes traitait par le vin ses malades atteints de typhus exanthématique avec complication cardiaque.

A côté de l’alcool vient le quinquina sous la forme d’extrait mou en particulier, tonique à faible dose, par son action excitante sur le système nerveux, anti-pyrétique, il diminue l’urée et aussi les matières extractives 1 .

A l’alcool et au quinquina on doit joindre le café torréfié, à cause de son principe excitant la caféone, et les injections d’éther.

Pour modifier les substances extractives et autres toxines nous n’avons guère que l’oxygène, avec lequel nous espérons brûler plus complètement les produits de combustion incomplète.

Les benzoates auraient la propriété de se combiner avec les matières extractives peu solubles et de faciliter leur élimination 2 .

Pour éliminer ces substances toxiques on aura recours aux diurétiques, à commencer par les boissons, l’eau et le lait en grande quantité, puis les diurétiques proprement dits, scille, nitrate de sodium.

i. Au;. Robin. Traitement des fièvres et des états typhoïdes par la méthode oxydante et éliminatrice. Archives générales de médecine, janvier, février 1888.

•2. Alb. Robin. Loc. cit.

Mais ici, avec l’explication pathogénique de l’embryocardie, on ne peut s’en tenir à la médication générale; à complication locale, il faut traitement local.

La méthode antiphlogistique doit servir à combattre les progrès de l’inflammation locale. Nous avons à notre disposition toute la série des révulsifs, depuis le sinapisme, le badigeonnage iodé, le vésicatoire, jusqu’aux cautérisations à l’ammoniaque, les pointes de feu, les applications caustiques- Dans un autre ordre d’idées on peut employer les compresses froides ou glacées, la glace. Sans y attacher une grande importance, cette partie de la thérapeutique n’est pas complètement négligeable.

Mais la nouvelle modalité circulatoire qui coïncide avec l’embryocardie doit servir de base à une médication symptomatique.

D’une part nous avons constaté la faiblesse du cœur, de l’autre rabaissement de la tension artérielle et l’atonie des vaisseaux ; il en résulte deux indications thérapeutiques capitales :

1° Tonifier le cœur;

2° Élever la tension artérielle.

De ces indications mêmes découlent les contreindications : proscription absolue de tous les médicaments qui affaiblissent le cœur (ipéca, kermès, tartre stibié et les autres antimoniaux), de toutes les substances qui abaissent la tension artérielle (chloral, trinitrinc, nitrites, iodures, antipyrine, vératrine, sels de potassium).

Pour relever la force du cœur, on pourrait penser

au premier abord à la digitale. Cependant, on en tire peu d’avantage, elle serait même contre-indiquée, tout au moins dans la fièvre typhoïde. M. Bernheim (de Nancy) 1 assimile le poison typhique à la digitale, qui, à faible dose, ralentit le cœur, mais l’accélère à dose toxique. On agirait donc dans le sens de la maladie; de plus, on n’agit qu’au bout de quelques jours.

Il est donc de toute nécessité de recourir aux autres substances considérées comme succédanés delà digitale, la caféine, le strophantus, laspartéine, le convallaria, l’adonis vernalis, etc.

De tous ces médicaments, un surtout se recommande aux cliniciens, c’est la caféine.

A la dose de 75 centigrammes à 1 gramme, jusqu’à 2 grammes au besoin dans les vingt-quatre heures, la caféine donne dans les cas d’affaiblissement cardiaque des résultats dignes de considération.. Les battements du cœur sont régularisés, ralentis et renforcés, la pression artérielle s’élève.

La caféine s’absorbe vite et s’élimine de même sans s’accumuler comme la digitale. La diurèse qu elle amène peut quelquefois être considérable. On en obtient les meilleurs résultats surtout si l’on emploie les injections sous-cutanées, à la suite desquelles l’amélioration est prompte à se faire sentir. On ne saurait trop recommander la méthode des injections sous-cutanées, particulièrement dans la

1. Bernheim. Forme cardiaque de la lièvre typhoïde. [Association française pour l’avancement des sciences. Congrès de La Rochelle ,

RYTHMES DES BRUITS DU CŒUR, fièvre typhoïde, où l’absorption intestinale est sujette à bien des aléas.

Associée au' benzoate ou au salicylate de soude, qui forment avec la caféine un sel double (Tanret), on peut en injecter .25 à 29 centigrammes par centimètre cube avec les formules rationnelles suivantes, données par M. Ch. E. Quinquaud 1 :

Caféine.® S r -

Salicylate de soude.5

Eau.q. s. pour faire 17 c. c.

dont on peut injecter de 6 à 20 seringues par jour.

Caféine.4 gr.

Benzoate de soude.7

Eau.q. s. pour faire 16 c. c.

Faire les solutions à chaud.

M. Huchard, qui a, dès 1882, songé à utiliser la caféine en injections hypodermiques et qui en a démontré tous les bons effets, a recours aux formules suivantes, qui permettent d’injecter 30 à 40 centigrammes de caféine par centimètre cube :

Caféine. 4 gr.

Salicylate de soude. 0

Eau ....... -,. 10

Caféine.,.. % 3

Benzoate de soude. 0

Eau.. • •

Faire la solution à chaud.

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