Ibid., p
4. Charcelaï. Mémoire sur plusieurs cas remarquables de défaut de synchronisme des battements et des bruits des ventricules du cœur. (Archives générales de médecine, 1858, t. III, p. 393).
5. Barr. On reduplication of the cardiac sounds. (Medic. Times and Gazette, 1877.) —Sansons. (Med. Times and Gaz., 9 juillet 1881.)
A propos de cette manière d’envisager le bruit de galop comme un dédoublement du premier temps,
M. Peter critique l’appellation même de bruit de galop, dont le type harmonique correspond au dactyle. Or, dans le rythme à trois bruits en question, l’auscultation révèle deux brèves et une longue, c’est-à-dire la cadence de l’anapeste. Bruit de rappel conviendrait mieux, si débaptiser ainsi ne jetait la confusion dans les esprits.
2° Théorie de la brusque tension diastolique. — La seconde théorie fournit une explication tout autre du phénomène.
A l’état normal, pendant la diastole, le sang passe de l’oreillette dans le ventricule d’abord par son propre poids, puis pour terminer la répléjion du ventricule, qui possède alors une certaine pression intérieure, l’oreillette se contracte, comme pour donner un dernier coup de piston. Cette contraction del oreillette, visible dans les expériences, se marque sur un tracé cardiographique par le ressaut qui précède la ligne d’ascension, mais à l’auscultation 1 oreille n est pas capable de. percevoir un bruit quelconque pas plus du côté de l’oreillette que de celui du ventricule. - .
A l’état pathologique, quand se produit le bruit de galop, l’oreillette rencontre un ventricule à pression intérieure augmentée par suite de l’hypertension artérielle et par suite de la diminution d’extensibilité de la paroi ventriculaire, hypertrophiée, scléreuse ou dilatée. Dans ces conditions, on comprend que l’oreillette subisse le contre-coup de cette résistance,
s’hypertrophie et donne un coup de piston plus énergique.
Ce serait à cette seule contraction exagérée de l'oreillette qu’on devrait la naissance du bruit morbide ; Johnson s’arrête à cette opinion et assigne le Iroisième espace intercostal soit gauche, soit droit, comme siège à la perception possible de la contraction. La thèse d’Exchaquet défend la même théorie.
Pour M. le professeur. Potain et le grand nombre des auteurs français (Debove et Letulle,Barié, Cuffer), ce n’est pas à la contraction auriculaire qu’on doit rapporter le bruit diastolique surajouté, mais à la brusque tension diastolique de la paroi ventriculaire,
. moins extensible sous le choc subit et. plus énergique du sang lancé par l’oreillette.
Cardiographie. —La lecture des tracés met sous' les yeux la réalité du phénomène (fig. 18).
Si l’on inscrit simultanément les mouvements de la jugulaire, de la pointe du cœur et du pouls radial ou carotidien, on remarque sur les deux premiers que le léger soulèvement que donne à l’état normal la contraction de d’oreillette se transforme en un ressaut très marqué.
A l’auscultation, le bruit surajouté se perçoit au même moment où s’inscrit l’augmentation de volume présystolique du ventricule gauche.
Il y a donc juxtaposition entre l’impulsion imprimée à la paroi ventriculaire à ce moment précis et le phénomène acoustique. De là à faire dépendre ce dernier dè la première il n’y a qu’un pas.
Par la méthode de l’inscriptien simultanée des changements de volume et des bruits, sur laquelle a insisté M. Martius, MM. Kriege et Schmall 1 ont produit des tracés confirmatifs de l’opinion de M. Polain.
Le bruit surajouté coïncide avec le moment de la
Fig' 18. — Bruit de galop diastolique.
contraction auriculaire; pour ces derniers auteurs, le phénomène sonore ressortit à cette contraction, comme le pensait déjà Guttmann 2 ; tandis que Neukirch met le bruit diastolique sur le compte de la vibration de la valvule mitrale rétréci spasmodiquement par la contraction auriculaire.
1. Kriege et Schmall. Ueber den Galopprhythmus des Herzens. (,Zeitschrift fur klinische Medicin, Bd XVIII, 1890.)