I. Diîbove et Letulle. Loc. cit
seul être lésé; c’était, par conséquent, en lui-même qu’il fallait chercher la cause de l’exagération de la pression.
Pour arriver à un tel détail, il ne fallut rien moins que l’accumulation d’un certain nombre de faits exceptionnels, à lésion bien localisée. Dans la pratique courante, on rencontre plus fréquemment une diffusion plus grande, qui avait jusqu’ici entretenu la confusion ; la néphrite avait pris une place trop prépondérante, il s’agissait de lui assigner son rang véritable et de donner aux cardiopathies artérielles et àl’artério-sclérose l’importance qu’elles méritaient,
Valeur séméiologique. — On compte en pathologie les signes vraiment pathognomoniques. Un signe n’appartient guère à une seule maladie ; un signe physique, malgré sa netteté mathématique, ne nous renseigne que sur l’état physique de l’organe soumis à l’examen, et non sur la cause de la lésion ellemême.
Le bruit de galop n’échappe pas à cette règle. Il traduit l’état d’inextensibilité de la paroi ventriculaire à laquelle l’ondée sanguine, chassée de l’oreillette ou en reflux, vient imprimer une brusque tension ( bruit de tension diastolique de M. Potain).
Chaque fois qu’à un excès de pression dans le système aortique correspondra la tension de la paroi, favorable à la production d’une vibration, chaque fois que ces conditions mécaniques seront remplies, apparaîtra le bruit de galop.
Si l'on a pu attribuer à ce rythme particulier des bruits du cœur une valeur de première importance
pour le diagnostic de la néphrite interstitielle,, c’est que l’état de sclérose cardiaque favorise la rigidité du myocarde nécessaire à la production du bruit surajouté, que la sclérose artérielle aboutit à l’hypertension pour la période d’état, ou que la rétention des toxines dans le sang provoque le spasme cardiovasculaire dans la période de début.
Mais le rythme de galop traduit si bien les conditions mécaniques auxquelles le cœur est soumis qu’on le retrouve au premier rang dans l’artério-sclérose du cœur pure, sans atteinte aucune de la substance corticale du rein.
L’inextensibilité des parois ventriculaires peut aussi dépendre de la dilatation, plus ou moins accentuée, de la cavité; c’est pourquoi le bruit de galop apparaît dans la symptomatologie des myocardites diverses et des dégénérescences cardiaques .C’est pourquoi on l’a signalé non seulement dans la néphrite interstitielle, mais dans les affections chroniques suivantes :
Symphyse cardiaque, anévrysme pariétal, péricardite, artério-sclérose, affections pulmonaires chroniques, anémie, cancer, maladie d’Addison.
Dans des maladies aiguës comme :
Néphrite aiguë, fièvre typhoïde, typhus exanthématique, pneumonie, rhumatisme articulaire aigu, scarlatine, diphtérie, gangrène pulmonaire, granulie.
L’apparition de trois bruits au cœur avec galop, n’appartient pas enpropreà aucune de ces affections, elle n’indique que l’état fonctionnel du cœur i par
RYTHMES DES BRUITS DU CŒUR, complication myoçardiaque, cardio-artérielle ou par trouble dynamique pur.
Dans la néphrite. — L’importance diagnostique, malgré les restrictions que nous avons vues, n’en reste pas moins considérable, au point que la constatation d’un bruit de galop doit nous faire d’abord penser à cette maladie, et nous ne devons chercher en dehors d’elle qu’après l’avoir éliminée d’une façon certaine.
Artériosclérose. — La possibilité d’une néphrite rejetée, la première idée qui doit se présenter est celle d’une artério-sclérose.
En dehors de ces deux diagnostics fondamentaux, qui n’en font presque qu’un, car le premier peut se libeller artério-sclérose du rein, l’autre artério-sclérose extra-rénale, le bruit de galop peut se rencontrer dans un grand nombre d’affections, mais assez rarement.
Symphyse cardiaque. — Parmi les affections du cœur dans lesquelles on rencontre le rythme de galop figure la symphyse cardiaque. Il y a môme longtemps que M. Potain 1 a signalé ce symptôme dans l’histoire clinique de cette maladie. M. François Frank rattache le. bruit surajouté à la dilatation cardiaque, par suite de la traction sur la paroi par les adhérences.
M. Friedreich donne le nom de ton diastolique au bruit surajouté, lorsque celui-ci se produit dans le grand silence, et il le met sous la dépendance de
1. Potain. Adhérences du péricarde. Triple bruit du cœur. {Bulletin de. la Société anatomique, 1856.)
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l’ampliation thoracique, qui se produit sous l’influence du choc diastolique et donne lieu à un phénomène acoustique, en même temps qu’à un phénomène mécanique.
Anévrysme 'pariétal. — Le bruit de galop peut se manifester comme signe d’un anévrysme pariétal du cœur. M. Rendu 1 en a publié un exemple intéressant à tous les points de vue. Il démontre le bien fondé de la théorie de la tension diastolique. Le ton surajouté se produit manifestement dans la diastole, mais son timbre beaucoup plus net, beaucoup plus éclatant, son étendue plus grande sont en accord avec le siège plus superficiel, la minceur et le manque de souplesse de la paroi anévrysmale, dont la mise en vibration par l’ondée sanguine lancée dans la poche peut seule donner l’explication du phénomène.
Péricardite. — La péricardite peut donner lieu à un bruit de galop vrai; mais elle peut aussi faire naître sous l’oreille une sensation analogue, mais qui ne reconnaît pas le même mécanisme ; ce galop péricardique ne doit pas compter comme un vrai bruit de galop.
Bruit de galop méso-systolique.
À côté de ces modalités de bruit de galop, il convient de mettre à part un rythme à trois bruits qui donne une sensation approchante à celle du bruit de galop, mais qui doit en être différencé ; c’est