I. Rehdu. Société médicale des hôpitaux
le bruit de galop méso-systolique 1 . Le qualificatif assigné dit assez où git la dissemblance. Tandis que le bruit surajouté du rythme de galop vrai se place toujours, bien qu’à un momentvariable, avant le premier bruit, dans la diastole même, c’est-à-dire pendant le grand silence qu’il coupe ou tout au moins immédiatement avant le premier bruit au début même de la systole, le bruit supplémentaire du bruit du galop méso-systolique se produit toujours après le premier bruit, pendant la systole et vers le milieu de celle-ci, dans le petit silence.qu’il sépare en deux.
Étude clinique. — Lorsqu’on examine le malade, on peut déjà, à la simple inspection, saisir un soulèvement double de la paroi thoracique pendant la même systole au niveau de la région qui correspond aux ventricules.
Le premier se fait dans le 4 e espace intercostal gauche, le second dans le 5 e . On peut rendre le phénomène encore plus manifeste, en plaçant sur ces deux points un index de papier (Cuffer et Barbillion) que vient faire osciller le soulèvement respectif.
A la palpation, la main sent « une sorte de mouvement de bascule qui s’effectue entre la région de la pointe et la région moyenne ».
A l’auscultation, le premier bruit systolique ordinaire s’entend avec tous ses caractères de timbres d’intensité à son siège habituel.
Immédiatement lui succède un second bruit sem-
Cuffer et Barbillios. Le bruit de galop dans les affections du cœur. (Archives générales de médecine, février-mars 1887.)
blable, avec des caractères approchants, mais à maximum situé un peu plus haut que la pointe elle-même et « affectant plutôt le tact que l’ouïe ». Le rythme se rapproche assez de celui que donnerait une longue suivie de deux brèves (dactyle).
Selon le moment de l’examen, il se peut que le bruit apparaisse et disparaisse.
Parmi les phénomènes concomitants, il faut noter le pouls dicrote, mais ce caractère appartient plutôt à la fièvre typhoïde, qu’à l’état spécial du cœur.
En somme, le phénomène se caractérise par une systole à double détente.
Modalités. — Comme le diastolique, le bruit de galop méso-systolique peut varier depuis le simple prolongement jusqu’au redoublement net du premier temps.
Ces variétés même donnent la clef de la pathogénie.
Mécanisme. — Dans les deux cas, le changement pathologique du rythme cardiaque dépend de l’insuffisance de la systole cardiaque à vider le ventricule.
Aussi en résulte-t-il soit un prolongement dans la durée de la contraction, d’où prolongement également du premier bruit, soit une systole en deux temps, d’où la répétition, le redoublement du bruit systolique.
Cardiographie. — La lecture des tracés cardiographiques légitime cette interprétation (fig. 21).
Voici ce qu’on voit : un premier ressaut modéré présystolique y traduit la contraction de l’oreillette, que suit la ligne d’ascension systolique. Celle-ci
retombe très légèrement, mais la descente ne se fait pas et, avant qu’elle ne se produise, la courbe se redresse momentanément. Le sommet du dessin offre donc deux élévations et prend la forme en dos de chameau. Ce double sommet systolique est le signe révélateur du redoublement de la systole.
Le tracé se termine ensuite à la façon normale par