Bruit de galop méso-systolique (Guffer et Barbillion
la ligne de chute, le ressaut produit par la fermeture des valvules sigmoïdes et la ligne basse horizontale.
Bruit de galop méso-systolique avec souffle. — 11 me semble qu’on doive aujourd’hui faire rentrer dans la catégorie des bruits de galop méso-systoliques un rythme cardiaque à trois temps décrit antérieurement par M. Teissier 1 . Dans tous les faits vus par l’auteur et daqs les trois observations qu’il rapporte, il s’agit de malades atteints de fièvre typhoïde avec présence d’une quantité légère d’albumine dans les urines.
Étude clinique. —Entrelebruit degalopméso-systo-
1. Teissier (Lyon)'. Note sur un rythme cardiaque à trois temps avec albuminurie dans le cours de la fièvre typhoïde. [Association française ■pour F avancement des sciences , 10» session, Alger, 19 avril 1881 ! Paris 1882, p. 915.)
lique de MM. Cuffer et Barbillion et le rythme à trois temps de Teissier, il'ne paraît y avoir de différence que dans la nature du bruit s lira jouté, qui prend le caractère d’un souffle. Voici en effet comme il serait constitué :
« 1° Premier claquement valvulaire ;
« 2° Léger souffle suivant immédiatement le claquement de façon à simuler le dédoublement de ce premier bruit ;
« 5° Deuxième claquement valvulaire. »
Ces phénomènes d’auscultation avaient leur maximum d’intensité au niveau du 3 e espace intercostal, à gauche du sternum.
Outre le caractère dicrote très accenlué du pouls, comme c’est pour ainsi dire la règle dans la fièvre typhoïde, quelques œdèmes légers localisés, aux paupières par exemple, il n’y avait pas de symptômes spéciaux surajoutés à ceux de la dothiénentérie.
Entre le rythme à trois temps et l’albuminurie le rapport semblait être plus qu’affaire de coïncidence, car les deux phénomènes apparaissaient et disparaissaient ensemble, le retour de l’un amenait la naissance de l’autre.
Parmi les bruits de galop méso-systolique, le rythme à trois temps de Teissier doit figurer au nombre des passagers ou intermittents.
Mécanisme. — Étant données les conditions dans lesquelles on voit se produire ce rythme, à quoi peut-on l’attribuer?
Teissier 1 avait pensé qu’il se trouvait « en présence i. Ibid., p. 515.
d’un léger souffle d’insuffisance' tricuspidienne (souffle fébrile de Parrot), souffle assez faible pour ne pas masquer le claquement de la valvule mitrale, mais assez prolongé pour s’entendre après lui, donnant aussi la sensation d’un dédoublement du premier bruit... ». M. Potain, qui vit les mêmes malades et les tracés cardiographiques, conclut à « un souffle extra-cardiaque » dû « à V affaiblis se ment atonique de la paroi ventriculaire au moment de la systole et à l’aspiration, au même instant, d une lame pulmonaire où naîtrait le bruit soufflé surajouté ».
Quelle que soit la théorie adoptée, il ressort de l’étude que ce rythme, malgré la présence de 1.albuminurie, n’indique pas une néphrite ; qu’il est probablement, comme l’albumine, la manifestation de l’infection générale, qui porte à la fois et sur les reins et sur le cœur et sur le sang. Le moment de son apparition coïncide avec le summum de la maladie, il nous en donne pour ainsi dire le taux.
Il nous dit donc qu’il y a infection forte, mais aussi qu'il n’y a pas de lésion durable du rein.
Valeur séméiologique des bruits de galop méso-systoliques. — C’est presque exclusivement dans la fièvre typhoïde qu’on a signalé les bruits de galop méso-systoliques, et dans les cas graves.
On les a trouvés aussi dans la tuberculose aiguë, la broncho-pneumonie.
Coup d’œil d’ensemble sur les bruits de galop.
Il ne semble peut-être pas très logique de ranger sous le nom de bruit de galop, même modifié, des rythmes qui ressemblent parfois plutôt au doublement du second temps, et encore plus à des bruits franchement systoliques.
M. 0. Fræntzel 1 se montre en effet intransigeant à cet égard. II dénie, comme tout le monde, le nom de bruit de galop à tout dédoublement du deuxième temps (ton) ou bruit de rappel de Bouillaud, que ce rythme pathologique provienne d’une résistance, soit dans le système de l’artère pulmonaire ou dans celui de l’aorte. Il n’y a pour lui qu’une modification du simple renforcement. Il ne comprend sous le nom de bruit de galop que « l’apparition de trois tons pendant une contraction cardiaque, deux de ces tons se produisant pendant la diastole et leur njthme ressemblant au bruit lointain d'un cheval au galop ».
Dans le bruit de galop, deux tons tombent pendant la diastole et le premier paraît accentué
(systole diastole)’
Mais, pour M. Fræntzel, il n’v a bruit de galop qu’avec l’accentuation de ce premier ton; tous les autres rythmes à trois tons avec accentuation du ton systolique ne doivent pas être considérés comme des bruits de galop.
I. 0. Fkæktzel. Vorlesungen über dieKrankheiten des Herzcns. I. Die idiopathischen llerzvergrœsserungen. Berlin, 1889. Hirschwald, édit.
Rigoureusement l’auteur allemand a raison. Mais il ne s’agit ici que de querelle de mots. S’il est inexact d’appliquer la dénomination de bruit de galop à un rythme qui appartient plutôt au dédoublement du. deuxième temps, ce que cette terminologie a d’incorrect est racheté par la lumière que jette sur les phénomènes cette vue d’ensemble de leur mécanisme, d’autant que ces soi-disant dédoublements ne sont pas des dédoublements dans le sens réel, qu’ils les simulent seulement pour l’oreille.
Le désaccord entre les auteurs qui Se sont occupés du bruit de galop doit être envisagé comme plus apparent que réel. Chacun d’eux a étudié une variété particulière ; ses déductions ne valent que pour cette variété exclusivement. Vouloir généraliser à tous les cas irait au delà même de la pensée de l’un quelconque d’entre eux.
Le bruit de galop comprend plusieurs types, ou plutôt il y a plusieurs bruits de galop.
Leur classification peut être tentée en tenant compte de deux facteurs : 1° le temps où se produit le ton surajouté; 2° l’état de la tension artérielle.