BRDITS DE GALOP GAUCHES
systolique (ou bruit de trot), hypertrophie j diastolique concentrique j dilatation- ] présystolique avec hypotension t systolique j més stolique .
artérielle: j j \
Dans ce groupement, l’état de faiblesse du myocarde
ec hypertension \ artérielle )
augmente de la première à la dernière ligne. Seulement esquissé dans le bruit de galop systolique, il s’accentue avec le diastolique et le présystolique et arrive à son summum avec le méso-systolique.
Le bruit de galop systolique indique l’hypertension artérielle et traduit la résistance qu’éprouve le ventricule dans sa contraction, de sorte qu’il exagère sa reprise normale. Mais dans ce premier degré rien ne montre que le cœur soit lésé, autrement que par légère hypertrophie simple.
Aussi rencontrerons-nous ce rythme dans les premières périodes des néphrites, dans les congestions rénales passagères, dans la phase prémonitoire de l’artério-sclérose pendant laquelle il y a contracture des artères sans lésion encore (Huchard).
Dans ces affections, la cause de la vaso-constriction artérielle doit être cherchée soit dans un réflexe, soit dans l’action des toxines sur les vaso-moteurs.
Avec le bruit de galop franchement diastolique, le trouble dynamique devient lésion organique, les artères et le cœur sont déjà altérés.
Ces altérations s’accentuent encore lorsque le galop devient présystolique et plus il s’approche du premier bruit, plus le cœur dilaté faiblit à sa tâche.
Enfin dans les états graves infectieux, le fonctionnement du cœur se fait de plus en plus mal et le hruit de galop occupe la seconde partie de la systole après le premier bruit, c’est le bruit de galop mésosystolique, qui s’accompagne d’abaissement de la pression artérielle.
Pronostic. Bruit de galop passager, bruit de galop permanent. — Le bruit de galop traduit simplement l’état spécial du fonctionnement cardiaque sous l’influence de certaines causes : faiblesse cardiaque, pression supérieure ou inférieure à la normale, suivant qu’il s’agit de l’une ou l’autre catégorie de bruits de galop.
Il est évident que ce rythme pathologique à trois bruits pourra être permanent ou n’être que passager, suivant que la cause qui lui a donné naissance sera elle-même permanente ou passagère.
Qu’il soit transitoire ou définitif, le phénomène ne change rien à sa pathogénie ni à son mécanisme; les renseignements qu’il fournit sur les modifications survenues dans les conditions de la fonction circulatoire restent les mêmes, à cette grande différence près que le pronostic varie du tout au tout, selon qu’il s’agit de l’une ou l’autre des catégories, du galop passager ou du galop permanent.
Tel artério-scléreux, jusqu’ici sans grande manifestation morbide, qu’un retentissement diastolique du second bruit au siège d’auscultation de l’aorte, présente un peu de bronchite, ou une de ses poussées congestives du poumon assez communes chez ces sortes de malades. Jusqu’ici le rythme des bruits du cœur n’offrait chez lui aucune altération. Il a suffi de l’apparition d’une de ces complications, et même de plus banales encore, pour que sous cette influence s’entende un bruit supplémentaire et qu’un rythme de galop s’établisse. Mais la bronchite s’amende, la congestion pulmonaire rétrocède et leur disparition
amène celle du bruit de galop. Le retour à la normale ne sa fait pas tout d’un coup : parfois la transition est ménagée par la production d’un dédoublement du second temps, ou, si l’on aime mieux, le bruit surajouté d’abord franchement médio-diastolique ou présystolique, lorsque le cœur faiblit à sa tâche, se rapproche de plus en plus du second temps à mesure que l’organe central de la circulalion récupère ses forces et que sa contraction se fait mieux.
En Yoici un exemple :
Une dame de quatre-vingt trois ans, bien portante d’habitude et sans aucune infirmité, n’ayant eu qu’une fièvre typhoïde grave compliquée de pleuropneumonie à quarante ans et des coliques hépatiques récentes, i toussait un peu depuis quelques jours, lorsqu’elle est prise subitement de frisson, de vomissement, avec douleur dans le côté gauche de la poitrine. A la base gauche s’entendent des râles crépitants. Les crachats sont transparents, muqueux, striés de noir, mais sans aspect pneumonique..
Au cœur, on perçoit un bruit de galop diastolique très net, à gauche, avec un premier bruit légèrement soufflé. Pas d’albumine dans l’urine; acide urique abondant, indican. La fièvre cède dès le lendemain, et le troisième jour, bien que les râles n’aient pas disparu, le bruit de galop a perdu de sa netteté et se confond avec un simple dédoublement du second bruit. Le quatrième jour, il y a à peine de râles; pas de bruit de galop, pas de dédoublement du second temps, le premier bruit reste seulement encore soufflé.
RYTHMES DES BRUITS DD CffiBR. 161
Tout semble rentré dans l’ordre; le cinquième jour on retrouve une petite plaque de râles crépitants, mais le cœur n’a que son premier temps un peu roulé. L’état général reste bon.
Les quatre jours suivants sont marqués par une crise de colique hépatique, mais sans retentissement du côté des poumons.
Le dixième jour la santé semble parfaite.
Mais le onzième jour, nouvelle douleur de côté à gauche ; nouvelle plaque de râles crépitants à la base gauche, au cœur, dédoublement du second temps.
Après cet incident tout se calme, et le cœur ne garde qu’un premier temps un peu roulé.
Chez cette malade, le rythme anormal a correspondu aux instants dans lesquels son cœur manquait de résistance et se laissait dilater. Le bruit de galop dictait une indication thérapeutique, en faisant voir le retentissement de la complication pulmonaire sur le cœur.
Mais la marche des phénomènes indiquait aussi qu’au trouble cardiaque passager ne correspondait pas une lésion organique du cœur et le pronostic bénéficiait de cette constatation.
Dans d’autres circonstances, le bruit de galop, quoique transitoire, n’entraîne pas la même bénignité relative du pronostic, et la raison de cette différence foncière réside dans J a nature même du rythme cardiaque qui remplace le bruit de galop ou alterne avec lui. Pour que le bruit de galop conserve tout son bénéfice de rythme pathologique passager, il faut qu’à sa place ne s’installe pas une
autre modalité d’un indice grave. C’est ce qui a lieu lorsque le rythme foetal des bruits du cœur remplace le rythme de galop.
Dans un cas que nous avons rapporté dans notre thèse 1 2 * * * * * , il s’agissait d’une jeune femme qui succomba à la pyohémie puerpérale, sans abcès du cœur. Au début, on entendit au cœur un bruit de galop qui fut remplacé par l’embryocaidie, peu de jours avant la mort.
Dans la myocardite aiguë, M. A. Steffen 8 (Stettin) indique chez l’enfant, à côté de la faiblesse du choc de la pointe du cœur, de l’accélération extrême des battements, la modification du rythme des bruits; tantôt apparaît le rythme fœtal Sans lequel les bruits se succèdent à des intervalles égaux (ingleichmæsiger Aufeinanderfolge der Toene, mit pendelartigenRhythmus), tantôt le bruit de galop.
On saisit facilement que si le bruit de galop est remplacé par le rythme fœtal, il ne peut être question de pronostic plus favorable. Un symptôme grave succède à un autre grave, voilà tout.
Au lieu de cesser ou bien au lieu de se transformer, le bruit de galop peut rester permanent , le pronostic varie avec les modalités de ce rythme,