Médecine moderne , 21 décembre 1892, n" 56, p
Ne serait-il pas plus simple d’admettre que les toxines portent directement leur effet sur les vasoconstricteurs des vaisseaux pulmonaires ?
On comprend difficilement un réflexe permanent et de longue durée comme c’est le cas dans une observation publiée par M. IIenoch 1 . Son petit malade tombé dans le collapsus cardiaque, après une.attaque prolongée d’urémie convulsive, présentait un bruit de galop qu’on put encore entendre longtemps pendant la convalescence du sujet.
Du reste M. Lépine pencherait à admettre comme cause la dyscrasie, comme il l’exprime en note dans la traduction de Bartels 2 .
Lorsque le bruit de galop existe à droite, il peut se rencontrer dans le cours des affections mitrales , dans la période de rupture de compensation. 11 indique un excès de pression dans l’artère pulmonaire. On le relrouve pendant la chloroformisation ou l’éthérisation (d’Espine), chez l’enfant né en état d 'asphyxie, et expérimentalement chez le chien.
C’est le galop de l’asphyxie. 11 reconnaît comme mécanisme la systole en deux temps avec toutes ses variétés, premier bruit traînant, bruit de trot, bruit de galop, par double claquement de la tricuspide (d’Espine).
Traitement du bruit de galop droit. — Par suite du caractère de trouble dynamique qu’affecte le plus
1. Henoch. Handbuch der Kinderkrankeiten. (Leçons cliniques sur les maladies des enfants, trad. Hendrix, Paris, 1885.)
2. Bartels. les maladies des reins, trad. par Edelmann. Note de !.épine, Paris, 1884.
souvent le bruit de galop droit, c’est à la cause même qui engendre le réflexe sur le cœur que la thérapeutique doit s’adresser.
Non seulement, dans ces circonstances, il n’y a pas d’indication thérapeutique particulière, mais toute médication dirigée exclusivement dans ce sens ferait fausse route, inutile ou dangereuse qu’elle serait. La digitale ne sera prescrite qu’avec ménagement et discrétion. .
Lorsque le bruit de galop ressortit à une affection gastro-intestinale, on le voit peu à peu disparaître à mesure que par les moyens appropriés, désinfections oastro-intèstinaies, lavages, évacuants, régime alimentaire, aboutissent à l’amendement ou la guérison de la maladie causale. Chez les dyspeptiques on se trouvera bien de l’emploi de l’eau chloroformée. De faibles doses d’éther sous forme de perles amélioreront les malades atteints d’affections hépatiques. Dans les troubles intestinaux, la thériaque agira comme un vrai pansement, par suite du mélange intime de l’opium avec des substances diverses (Potain). ' .
Toutefois la persistance du rythme pathologique peut au point de vue du traitement nous guider, nous indiquer que nous sommes encore en deçà de l’effet à obtenir.
On ne négligera pas de calmer 1 irritabilité nerveuse; le bromure, lebromhydrated’ammoniaqueen lavement, 1 gramme en deux fois dans un quart de lavement (Potain), -la valériane, rempliront celte seconde indication.
Toutefois la signification un peu différente et la plus grande gravité du pronostic dans certaines catégories de rythme de galop droit, galop de débilité cardiaque, galop de l’asphyxie, dictent des indications thérapeutiques un peu autres, dont la principale consiste à restituer au myocarde sa force contractile par les médicaments dits toniques du cœur.