‹ Rythmes des bruits du cœurChapitre 8 sur 65 · L. Krehl. Ueber Herzmuskelton. (Du Bois-Raymond's Archiv · texte numérisé non relu

L. Krehl. Ueber Herzmuskelton. (Du Bois-Raymond's Archiv

aussi les expériences antérieures de Ludwig et de Dogiel. A l’aide d’un dispositif ingénieux, M. L. Krehl pouvait à volonté, sur des chiens, empêcher ou permettre la fermeture des valvules auriculo-ventriculaires. Malgré l’absence de fermeture de la valvule, un premier bruit n’en persistait pas moins. Du reste, Wintrich pouvait, à l’aide de résonnateurs à membrane, dissocier le premier bruit en ces deux composants, bruit de claquement valvulaire, bruit de contraction musculaire. Le redressement des valvules sigmoïdes, le glissement de l’ondée sanguine à leur niveau, ne donneraient normalement lieu qu’à des vibrations sonores négligeables; mais, lorsque des aspérités en garnissent l’orifice ou lorsque celui-ci est rétréci, le bruit produit peut être intense.

Le choc de la pointe contre la paroi thoracique apporterait aussi son appoint de vibrations sonores dans la constitution du premier bruit.

Le mécanisme du second bruit du cœur est plus simple. L’examen des tracés cardiographiques prouve son synchronisme avec le moment où retombent les valvules sigmoïdes au début du relâchement ventriculaire, lorsque l’aspiration ventriculaire fait naître l’ondée en retour.

Aucun autre phénomène ne se passe en même

1889, 5, p. 252.) — C. R. Illingwortii. The flrst Sound of the heart. ( Lancet, London, 1879, t. I, p. 178.) — J. B. Haycraft. The cause of the first Sound of the heart. (/. of physiol., Cambridge, 1890, t. XI, p. 486-445.)—A. Kasem-Bek. 0 przyczynach powstawania peerwszego tonu serca posznkiwania doswiadczalne (Gazelta lek. Varsovie, 1889,25, IX,p. 610-621) etUèber die Entstehungdeserstenllerztones. (Àrch. far der gesammie Physiol. Bonn, 1890, XLVI1, p. 51-68.)

temps que cette chute; ce «l’est donc qu’à elle qu’est dû le second bruit. Du reste, le lieu de sa formation serait, faute d’autre preuve, démontré par les altérations pathologiques du phénomène, par le souffle qu’on rencontre dans l’insuftisance aortique par exemple.

Expérimentalement, la section des valvules opérée à l’aide d’une sonde armée donne la même confirmation.

Afin d’éviter les confusions, il importe de préciser la signification des termes employés et en particulier de certaines expressions synonymes. Nous avons l’habitude, en France, de dire qu’un bruit a lieu au premier temps lorsqu’il s’entend pendant la systole et qu’un bruit est au second temps lorsqu’il se perçoit pendant la diastole. Par abréviation, on se sert de l’expression plus ou moins correcte de premier temps ou de second temps comme synonymes de bruit au premier ou au second temps. Ainsi on trouve mentionnées dans les observations des’ expressions comme celles-ci : premier temps soufflant, dédoublement du second temps, qui veulent dire que le premier bruit, normalement produit au premier temps (systole) possède un timbre soufflant, que le second bruit, né pendant le second temps (diastole), se répète.

Il est préférable de s’en tenir aux dénominations de premier ou de second bruit. A l’étranger, en Allemagne en particulier, on aime mieux employer les mots premier ou second ton, et l’on réserve le terme bruit (Gerausch) pour les modifications pathologiques des phénomènes acoustiques.

Variétés du rythme physiologique des bruits du cœur. — Si, comme tout phénomène biologique, le rythme des bruits du cœur ne s’astreint pas à un mathématisme rigoureux, il n’en est pas moins vrai qu’à l’état normal les particularités qui peuvent se présenter d’un individu à l’autre n’évoluent que dans un cercle restreint.

La différence que peuvent affecter les temps de la révolution Cardiaque d’un sujet à l’autre, n’altère pas d’une façon suffisante, la cadence normale pour nécessiter une description spéciale. Il suffit de noter que des variations soient possibles.

Ces variations existent de même selon les différentes conditions physiologiques du moment chez le même individu.

Mais à côté de ces minimes changements dans le rythme des bruits du cœur, on en a noté de plus importants, pour lesquels on a pas besoin de recourir ni à des finesses d’auscultation, ni à des démonstrations à l’aide d’appareils.

On a en effet trouvé, à l’état normal, les bruits du cœur dédoublés.

Dédoublements normaux des bruits du cœur. — Ce n’est guère que depuis le mémoire de M. Potain 1 que nous possédons quelques notions précises à ce sujet, sur lequel certains auteurs ont manifesté quelque réserve. Ce n’est pas que la génération médicale antérieure n’ait pas remarqué l’existence de ces

1. Potain. Note sur les dédoublements normaux des bruits du cœur. (Société médicale, des hôpitaux, 22 juin 1886 et Union médicale, août-septembre 1866, p. 307-357-438, 595-611.)

dédoublements 1 , produits à l’état physiologique, mais sur cette question, comme nous le montre M. Potain, régnait une grande confusion.

Ce que ses devanciers considéraient comme phénomène rare, M. Potain s’efforça de le démontrer très fréquent, pourvu qu’on y mette l’attention nécessaire. Sur 500 individus sains il rencontra 99 fois un dédoublement, 61 fois du premier, 30 fois du second et 8 fois des deux bruits, et encore cette proportion d’environ 5 pour 100 est trop faible, si l’on veut compter les cas où le phénomène existe esquissé. Ces dédoublements se rencontrent aussi bien chez les enfants que chez les vieillards ou les adultes.

On ne doit comprendre comme dédoublement que « la répétition à court intervalle de l’un des bruits du cœur ou de tous les deux » ; mais l’observation minutieuse permet de constater toute une série de variantes, depuis le simple prolongement jusqu’à la séparation nette en deux bruits ou tons différents, dont le second peut parfois l’emporter en force sur le premier, et chacun avoir une ligne de propagation et un lieu d’élection différents.

Deux caractères distinguent ces rythmes normaux des dédoublements pathologiques ; c’est d’abord leur

1. Gendbiv. Leçons sur les maladiesdu cœur, t. I, p. 88. — Barth et Roger. Traité pratique d'auscultation, Paris, 1865, p. 368. — Skoda. Traité de percussion et d'auscultation. Trad. Aran, Paris, 1854, p. 262. — Walshe .Practic Treatiseon disease of the lungs and heart, 1851, p. 211. — Stokes. Diseases of the heart and aorta, 1854, p. 116. — Richardson-. Clinical Essaye, 1862, p. 47. — Scikefer und Seitz. Ueber die Auscultation der normalen Herztœne. (Archiv für qem. Arch., Bd. V, 1869, p. 137.)

constance et les rapports étroits qu’ils affectent avec les mouvements respiratoires qui les influencent d’une façon absolue.

« Quand la respiration est libre, ample, facile et lente, le dédoublement du premier bruit a toujours lieu à la fin de l’expiration et au commencement de l’inspiration ; celui du second bruit à la fin de l’inspiration et au commencement de l’expiration 1 . »

Par suite de la différence de vitesse de la respiration et des battements cardiaques, il n’y a pas dédoublement des deux bruits dans la même pulsation, par conséquent pas quatre bruits.

« Si... on gêne très notablement l’entrée et la sortie de l’air par une occlusion incomplète de la bouche ou du nez, ou de la glotte, on voit l’influence des mouvements respiratoires sur les dédoublements se renverser.le dédoublement du second bruit se produit à la fin de l’expiration et au commencement de l’inspiration 2 »; tandis que le dédoublement du premier bruit se fait, à la fin de l’inspiration et au commencement de l’expiration. Ce dernier dédoublement est souvent moins net que l’autre.

« Enfin, si on exerce des efforts énergiques d’inspiration et d’expiration sans livrer aucun passage à l’air, il arrive que les dédoublements se produisent' au moment même où commence l’effort et cessent avant qu’il soit terminé....»

Le second bruit se dédouble dans la première

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