CHAPITRE XVI
La Limné de l'Occident. Si elle était située en Amérique? Nations Cares de l'Amérique méridionale et leurs alliés. Les Tayronas ou peuples forgerons des montagnes de Santa-Marta. Leur habileté dans la mise en œuvre des métaux et des pierres précieuses. Cultes divers qui s'y rattachaient. Mythe de Bochica et de Chia.
Les questions d'origine présentent partout de grandes difficultés, et ce n'est qu'en recherchant dans les traditions des peuples les lambeaux de leur histoire, et en les comparant entre eux qu'on parvient quelquefois à faire sortir une lueur de ce chaos. Celles qui se rapportent aux origines de la métallurgie américaine, dont nous parlions tout à l'heure, ne sont pas des moins importantes. C'est sur ce point qui parait se rattacher encore d'une manière si curieuse au nom des Cares, que nous désirons porter maintenant l'attention du lecteur. On sait la quantité de métaux précieux qui ont été tirés du continent américain depuis Colomb; mais on a vu également la preuve que dans les temps anciens ce continent n'avait pas moins de célébrité sous ce rapport. M. d'Eckstein, que nous aimons à citer à l'occasion, va lui-même nous donner une description poétique et savante à la fois, des lieux où la tradition des Cares plaçait anciennement les mines les plus renommées : « L'Hélios d'Homère, dit-il (1), sort d'une Limné empourprée par les feux du couchant et remonte ensuite à l'Orient pour trôner dans un ciel d'airain. Yoss et Welker, ainsi que Vôlker, ont rapproché ce passage de
[\)Surles sources de la cosmog. de Sanchonialhon, page 130.
celui d'an fragment da Promélhée délivré d'Eschyle, où le cbasr des Titans vient retrouver Promélhée attaché au mont Ciucise: il arrive de la Limné qui est d'un rouge ardent ou d'un golfe k couchant sur les rives de l'Okeanos, fleuve qui enveloppe le glotte. Cest là que descend Hélios avec ses coursiers fatigués de u course du jour, dans le pays des Ethiopiens de l'occident, i
Maintenant, si l'on jetait les yeux sur une carte de la mer ë Antilles et des cotes voisines da Dariea et de Sainte-Marthe, w pourrait s'imaginer, en réunissant, avec cela, les données géographiques et les traditions de ces contrées, que c'est là pré» ment que l'auteur aurait voulu placer cette Limné, ainsi qneir séjour des véritables Éthiopiens de l'occident. C'est, en eÉX dansles montagnes qui s'élèvent en amphithéâtre autour duj# de Darien, entre la baie de, Maracaibo et l'isthme de Panama, qn se trouvent encore aujourd'hui des mines d'or et d'argent, fe plus riches et des moins exploitées du globe : c'est entre les secmets les plus inaccessibles de ces montagnes qu'existent te ruines gigantesques des cités cares, ainsi que les débris » forges célèbres où les cyclopes de l'Amérique forgeaient les*mures d'or des rois et des princes de ces régions. C'est IM* l'avons dit, aussi bien que dans les portions du continent qoisetendent au sud et à l'est, arrosées par les plus grands flenres' 11 monde, que se retrouve plus qu'en aucun lieu de l'Asie et* l'Amérique elle-même, ce nom de car ou de cara. dans les no* des populations et des villes, sans compter une multitude i r* très noms, dont le son et l'étymologie sont familiers a tous «n qui ont présents les souvenirs delà Phénicie et de l'Asie JflsW*
A la suite de Panama, vient Pananome, puis les provint les rivières de Tabor, A'Abinamechi, d'Abibeiba, etc. (l)! 18
(1) Sans compter les suivants : I Abipi, Abitani, noms de jj** Abactulii on Abacari. dans le 1er- \àev\\\ea;Abibeya,Abrey a ' im ti ritoireilesAmazones; Abanot, tribu lilirapnc, etc., comme oui" de la Nouvelle-Grenade ; Abigira, I chefs dans ces contrées.
— Ml — montagnes d'Oromina, iï'Aàibi, baignées au sud pap le grand fleuve Cauca, dont le nom rappelle encore le Caucase et les Caucaunes\ puis Cartama, Caramanta, et plus au nord les Cofancs, tribu puissante habitant les bords d'un fleuve du même nom (1), autre souvenir des Cophanes ou Cêphènes de l'orient, issus d'une soucbe chamïtique comme les Cariens. Aux bords de la mer vers le nord, dans ces régions de Terre-Ferme, où presque cbaque nom de tribu ou de bourgade commence encore aujourd'hui par car, se présente Malambà, dont le son phénicien n'échapperaa personne; c'est celui d'une tribu célèbre anciennement avec les Bandas, les Chimilas et les Tayronas ou les forgerons, les gens de l'enclume, populations essentiellement métallurges et des plus distinguées entre toutes les nations cares dont ils faisaient partie, et qui fournissaient d'or et de bijoux la plus grande partie de l'Amérique méridionale et des Antilles (2). Toute la chaîne des montagnes, avec ses ramifications, aux cimes couvertes de neige, entre le golfe de Darien et la ligne de l'Equateur, où l'on devrait chercher peut-être le véritable Atlas, ce nombril du monde, était renommée pour l'abondance et la richesse de ses veines métalliques, pour la splendeur de ses cristaux, pour la beauté de ses pierres précieuses, et surtout l'existence de ses mines de jade vert, la pierre sacrée de l'Amérique qu'on ne trouvait, qu'on ne taillait que là (3).
(1) Montesinos, Memorias antiyttai hisïoriales del Peru, lib. I, cap. ix. MS de ma Coll., tira des Arch. de l'Acad royale d'Iiiat. de Madrid. — Alcedo, Dicc. geogr.
hist., art. Cofanes.
(2) Voici ce que dît a ce sujet l'évéque de Panama, l'iedrahîta :
" Oyo la voz 'Ursua i que celebrada » lariquezasdelTayrona,delcerro y » valle en que estahan tos minorav les de oro, y plateria, en que se * fundion las primorosas joyas de « feligrana en varias figuras , de
k aguitas, de sapos yculcbras, oresjeras, chagualas, médias limas, y
■ canulillos, de que lan vislosa y • ricamente se arreaban todaa lus » naciones que corren desde el cabo » de la Vêla, ha&ta las exlreinida- » des de Uraha, y U suma quan- » tiosa do oro en punlas y pol-
■ vos, etc. b (Hist. gen. del reyno deNwva Granada, etc., lib. II, cap. 9.)
{3) Juiian, la Perla de la America, etc., part. I, dise, m, iv,vm, et part. II, dise. h.
Les immenses ruines que les premiers conquérants espagnols découvrirent dans ces contrées, surtout en s'avançant dans la direction de Cortama et de Caramanta, au bassin du haut Magdalena, les routes taillées dans le roc vif, ou construites de pierres énormes, dans des proportions plus vastes encore qu'au Pérou (1), tout cela avec des traces remarquables 'd'antique canalisation, et en face des vestiges de la civilisation qu'avaient conservés les nations riveraines de ce fleuve, prouve de quel haut degré de culture celles-ci étaient alors descendues. Dans les montagnes, l'or et l'argent, travaillés avec tant d'art (2) , le cuivre si admirablementtrempé(3},les pierres fines et dures, le jaspe, le
(1) Relation de lo que sucedio al Magni/ico ténor eapitan Jorge liobledo en el dmeubrimiento que hiso de las provincial de Anliochia, etc.
MS. des Archives de l'Acad. roy. de Madrid. Copie de ma Coll.
(2) Piedrahita, Hisl'.deN. Granada, etc., lib. cap. xiv. — Juliati, (% Perla de h Amtrica, passim. — ■ Il esl certain que les mathématiciens français, dit Carli, n'ont jamais pu comprendre comment ces peuples sont parvenus à faire des statues d'or et d'argent toutes d'un jet, vides au dedans, minces et déliées, etc. » (Lettres américaines, tome I, lettre^ 1.) «J'en ai tenu une, dit l'annotateur de ces lettres, qui était une espèce de momie. On n'y voit aucune soudure. On a pareillement admiré des plaU à huit faces, chacune d'un mitai différent, c'està-dire alternativement d'or et d'argent, sans aucune soudure; des poissons jetés en fonte, dont les écailles étaient mêlées d'or et d'argent; des penoquets qui remuaient la léle, la langue et les ailes; des singes qui faisaient divers exercices, tels que filer au fuseau, de manger des pommes, ele Ces Indiens entendaient fort bien l'art d'émailler, qu'a tant cherché Palissy, et de mettre en œuvre toutes sortes de pierres précieuses. » le possède un
vase à dessins entaillés dans ma collection, provenant des ruines de Palenqué ; il me fut donné par le dernier gouverneur de l'État de Chiapas, don Angel Corso, el je crois que c'est l'unique en Europe.
B. de B.
(3) « Parmi les arts que nous avons appris des Américains, ou que nous aurions pu en apprendre, nous rangerons celui de donner au cuivre une trempe aussi dure que celle de l'acier el d'en faire des haches excellentes et d'autres instruments tranchants. C'est un secret qui nous est totalement inconnu.
Le comte de Caylus examina une de ces haches en France et la jugea de la plus haute antiquité, pareequ'eile était semhlable aux anciens ouvrages analogues de la Grèce. Ils savaient aussi donner au cuivre un poli qui réfléchissait parfaitement les images des objets et servait de miroir. C'était l'espèce des miroirs communs ; car ceux des femmes de la cour étaient d'argent.... Ils mêlaient aussi l'or au cuivre et donnaient à ce mêlai mixte une trempe assez dure pour en faire des haches debonusige. Oviedo nous apprend, dans son Histoire générale , que parmi les présents que les Indiens apportèrent au port Saint- Antoine, il y avait trente-six haches de métal
porphyre et le marbre qu'on ciselait encore avec tant d'habileté (1) ; aux bords de la mer, la pèche des perles les plus brillantes, rappelaient sans nul doute cette civilisation des Gares, qui avaientcouvert le monde de leurs colonies. Au souvenir de ces traditions extraordinaires, en face de ces montagnes qui portent le nom de la Limné, par excellence, nous sommes bien souvent tenté de voir là la source de ces légendes mexicaines où Quetzalcohuall joue un si grand rôle; nous sommes tenté d'y placer cet Orcus de l'Océan et de la terre ; ce Mîctlan où ce personnage my r -thique allait chercher ces os. de jade (2), ces pierres si précieuses au point de vue religieux, dont il voulait faire des hommes, de
mêlé d'or et de cuivre. L'ancien Ulloa dit avoir observé, dans le Journal de Colomb, que lorsqu'il arriva à la terre Terme d'Amérique (ou continent), que certainement il découvrit avant Vespuce, il y avait parmi ces peuples des rasoirs et antres instruments faits de bon cuivre, c'est-à-dire bien trempés. »
(Garii, (oc. cil.) « L'arl de tremper le cuivre, ajoute l'annotateur, connu des Grecs et des Romains, se conserva en Occident jusqu'à la prise de Constanlinopte. • Voyez Art des sièges, par M. Joly de Maizeroy, 1778, page 4. — Je possède plusieurs haches de cuivre mêlé d'or et de bronze, trouvées dans des tomheaux américains, et un masque en bronze admirablement Tondu, le seul objet de ce genre qui existe en Europe. Un membre de l'Institut fort distingué, M. Rossignol, a publié Sur tes métaux dans l'antiquité, etc., un ouvrage remarquable de recherches et d'érudition. Mais il en eût doublé l'intérêt, s'il y availajouté quelque chose de l'art métallurgique des Américains, si analogue è.
celui de l'antiquité classique. Les détails à ce sujet dans les auteurs espagnols sont aussi curieux que nombreux et intéressants. B. de B.
(1) « Les académiciens français et espagnols en virent (des miroirs) chez les Guauches, et l'on ne soit pas s'ils sont de pierre naturelle ou de composition. Ceux de Gallinoce (obsidienne} étaient ovales, et quelques-uns avaient même un pied et demi de diamètre. La surface en était concave ou convexe. La Coudiimine assure qu'ils étaient aussi bien travail lés que si ces gens avaient eu les instruments les plus parfaits et avaient connu les règles les plus précises de l'optique. La Conda-
d'Inca dans la caisse qu'il envoyait u Paris et qui périt dans le voyage »
(Garii, loc. cit.) — » Je suis étonné, ajoute ici l'annotateur, que l'auteur ne nous dise rien de ces miroirs d'un très-beau métal blanc particulier, aussi brillant que l'argent, qui faisaient partie des riches présents que Montézuma envoya la première fois a Cartes. Us étaient enchâssés en or. Etait-ce du platine f Cela me parait fort probable.
On savait donc le fondre et le traiter. «(Ibid. loc. cil.)
(2) Alcedo dit quelque part que l'on trouvait le jade vert dans )es mines d'argent {Dice. geogr. hist.).
reculer jusque dans cette terre puissante des Cares, le TlapaUan, si longtemps mystérieux et où Quetzalcohuatl avait puisé tocs les éléments delà civilisation primitive du Mexique.
Établis au centre des montagnes les plus élevées de l'Amérique, entourés des fleuves gigantesques qui s'en échappent entre les scènes de la nature la plus ricne du monde, et qui semblent l'image lu plus vraie du paradis terrestre, est-il étonnant que les Cares, quel que soit d'ailleurs leur berceau primitif, aient pu rayonner de là vers toutes les régions, dans les deux hémisphères? est-il étonnant qu'ainsi que dans lés contrées phlégéennes de l'Asie centrale, il aient eu, les premiers, le monopole des métaux précieux, et qu'on ait retrouvé encore au xvi* siècle, parmi les peuples descendus d'eux, en Amérique, ou parmi lesquels ils se mêlèrent, l'art métallurgique porté à un si haut degré de perfection? peut-on s'étonner, enfin, que ce qui restait d'eux et de leurs institutions, malgré la barbarie relative où ils étaient tombés, depuis leur mélange avec des tribus anthropophages, eût un caractère d'analogie si frappant avec les institutions primitives de l'Asie? Car il est une chose dont on devrait toujours se souvenir, en lisant les histoires de la conquête de l'Amérique; c'est que bien des populations qu'on se représente si souvent comme des nations sauvages, l'étaient bien moins alors qu'on ne saurait se l'imaginer aujourd'hui (I) : que ce n'est qu'en lisant les relations originales des conquérants qu'on entrevoit la vérité à l'égard de ces nations , dont plusieurs ne sont devenues sauvages et anthropophages même qu'à la suite de la conquête.
Au-dessous des volcans qui continuent à remuer la terre dans ces régions phlégéennes, les populations, de leur côté, continuent encore aujourd'hui à porter leurs hommages au lac dlguague, à quatre lieues de Tunja, dans la Nouvelle-Grenade, où la tradition place une des scènes de leur antique cosmogonie. Dans ce lac, qui
(1) Voir le Popot-Vuh, mlrod., page xxii et suiv.
parait avoir succédé à un volcan éteint (1}, ils adoraient naguère la déesse Bachué qui, fécondée par son fils, né sans père, était devenue la mère des nommes, et après avoir peuplé le monde, s'était précipitée avec lui dans les eaux du lac, où ils avaient été l'un et l'autre transformés en de gigantesques serpents. Le plateau de Bogota est également entouré de montagnes élevées : le niveau parfait de son sol, sa construction géologique, la forme des rochers de Suba et de Facativa, qui se dressent comme des Ilots au milieu des savanes, tout y semble indiquer l'existence d'un ancien lac. La rivière du Funzha, communément appelée Rio de Bogota, après avoir réuni les eaux de la vallée, s'est frayé un chemin a travers les montagnes situées au sud-ouest de la ville de Santa-Fé. C'est là que la mythologie des Muyscas ou Chibchas place encore une des scènes de ses origines cosmogoniques . Dans les temps les plus reculés, avant que la lune accompagnât la terre, dit la tradition, les habitants du plateau de Bogota vivaient comme des sauvages, nus, sans agriculture, sans lois et sans religion. Alors apparut Bochica, appelé quelquefois le fils du soleil, d'autres fois identifié lui-même avec cet astre : il était accompagné d'une femme appelée Chia, non moins remarquable par sa beauté que par son extrême méchanceté. Par son art magique, elle fit enfler la rivière de Funzha, dont les eaux inondèrent bientôt toute la vallée. Ce déluge fit périr la plupart des habitants ; quelques-uns seulement s'échappèrent, en se réfugiant au sommet des montagnes voisines, Bochica, irrité , chassa Chia de la terre, et elle devînt la lune qui , depuis cette époque, commença à éclairer notre planète. Ayant ensuite pitié des hommes, il brisa par sa puissance la barrière de rochers qui fermaient le plateau, et fit écouler ainsi les eaux en créant la rivière de Funzha (2).
(1) Simon, Nolicias de Tierra-1 (2) Simon, loc. cit. — Ternaus, /traw,etc.,part.H,not. iv, cap. iv. I t'fitd. — Piedrahita, BUt. de JV, — Ternaui Comparas, Essai wr\ Grtmada, lib. I, part, i, cap. 3. l'ancien C undinamarca, page 8. i
— lîî —
Le temps reculé où la lune n'existait pas encore rappelle la prétention des Arcadiens sur l'antiquité de leur origine (1). L'astre delanuit est peint comme un être malfaisant, qui augmente l'humidité sur la terre, tandis que Bochica, fils du soleil, sèche le sol, protège l'agriculture et devient le bienfaiteur des Muyscas. Ce» Muyscas ou Moscou de la Nouvelle-Grenade, nation métallurge également comme les Tibareni et les Mosckki, ces autres alliés des Cariens, dans l'Asie occidentale, adoraicntencora IVemodocon, ou Nemiatocoa, regardé en particulier comme le dieu des orfèvres et des tisserands. C'était lui qui présidait aux orgies, où il apparaissait sous la forme d'un ours, affublé d'un manteau, qui dansait et s'enivrait avec les danseurs. On ne lui offrait jamais de sacrifices, parce qu'il se contentait de la ckicha ou hydromel qu'il buvait dans ces occasions. On le désignait aussi sous le nom de Fo, le renard (2).
Ce culte et celui de Chia t la lune, se rattachaient encore aux conceptions lascives des Cares, a qui toutes ces contrées devaient leur civilisation primitive. Car Chia était la déesse des sortilèges et des amours, souveraine des lieux souterrains, où elleavait ses sanctuaires; c'est pourquoi les dieux ne lui permettaient de paraître que dans les ténèbres ou de nuit. Véritable Hécate, elle était représentée sous la forme d'une chouette, et son culte se célébrait par des danses, mêlées d'orgies licencieuses, ce qu'on retrouve chez les Garas et ensuite chez les nations de la race naliuati [3). Au culte de Chia paraissait se rapporter celui de Dobaylm, la mère des dieux (4), dont le temple, caché au fond d'une caverne, dans les montagnes les plus après du Darien, recê-
{!) Humboldt, Vues des Cordillères, etc., tome I, page 80.
('2) Simon, Nolicias, etc., part. II, Jib. iv,not. 4.
(3) La race nahuatl paraît s'fltre apparentée de bonne heure avec les
Caras, avec lesquels elle s'identifie en bien des lieux.
(4) Ilerrerti, Uist. gen. de las Ind. occid., decarî. II, lib. I, oap.i, et lib. II, cap. siv.
lait, disait-on, des richesses prodigieuses; mais soit que ces richesses n'existassent que dans l'imagination avide des Espagnols , soit que les indigènes eussent réussi à leur en dérober le chemin, il est certain que les conquérants ne parvinrent jamais a le découvrir.