‹ S. Thomas d'AquinChapitre 10 sur 256 · De Natura materiae, c. i · texte numérisé non relu

De Natura materiae, c. i

4. Iapars, q. LXVI, a. 1 ; q. IV, De Vol., art. I; QuodL, lil, art. 1.

dans sa notion. La forme dont nous parlons est idée, mais non pas idée quelconque. Impliquant organisation, ordre de parties, qualités ayant la quantité pour base1, elle est idée à réaliser dans une matière; c'est pourquoi on l'appelle forme matérielle, par opposition aux formes pures, qui se réalisent en elles-mêmes2. La forme détermine l'idée à réaliser; la matière la reçoit, de sorte que celle-ci fournit le genre, l'autre l'espèce3. Or, comment réaliser un genre sans le déterminer à une espèce4? Ceux qui croient que la matière peut exister seule se figurent implicitement que l'être lui-même est, un genre; que la matière en est une espèce, et que cela suffit à la déterminer comme être. Mais cette donnée est fautive. L'être n'est pas un genre, c'est une notion transcendante et multiple [eus dicitur mullipliciter). Le genre est fourni ici par la matière ; son ampleur comprend toutes les réalisations de la nature, mais n'en détermine aucune : il faut que cette détermination intervienne avant qu'on puisse attribuer à la matière l'existence. Aussi, même par Dieu, la matière n'êst-elle pas à proprement parler créée, mais concréée; c'est-à-dire que le sujet de l'action, ou, pour mieux dire, de la relation créatrice, c'est le composé matière et forme, non la matière seule5.

A. b. — La Forme.

La génération étant pour chaque chose le passage du non-être à l'être, et la matière, support du devenir, étant un pur pouvoir, il faut bien que ce qui est acquis par la génération substantielle soit source de la toute première détermination, et par là source d'être, pour la chose dont on parle. Ce qui est acquis ainsi, c'est la forme, et c'est

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