lbid., lect. vn
mères de jugements instinctifs, que saint Thomas appelle inlentiones', les images fournies directement par les sens lui demeurent étrangères, attribuées qu'elles sont déjà au trésor imaginatif. Maisparmi les déterminations dont on parle, et liées d'ailleurs à elles, se trouvent les notions appréciatives du temps. Or, armée de ces dernières, la mémoire envisagée comme puissance s'étend aux déterminations acquises de tout ordre ; mais elle les utilise sous un rapport spécial, à savoir en fonction du temps. Elle est donc, de ce chef encore, faculté spéciale. Les autres facultés sensibles sont centripètes; celle-ci est centrifuge, allant de l'âme aux objets, non des objets à l'âme. On ne peut donc les confondre1.
B. d. — La Réminiscence.
Comme annexe de la mémoire, chez l'homme, saint Thomas pose, avec Aristote, la réminiscence. Se ressouvenir, dans le sens actif où on le prend ici, ce n'est pas uniquement se souvenir de nouveau, ni se souvenir qu'on s'est souvenu. Réminiscence implique recherche. C'est un mouvement de poursuite, une « chasse », un processus intentionnel qui veut réveiller en nous des images endormies et, par elles, nous re~présenter des choses. Naturellement, il y faut un point de départ, et cène peut être qu'un souvenir déjà donné. Comme la démonstration procède ex prioribas notis, ad ignotum, ainsi la réminiscence procède ex prioribus memoratis2. Or, ce point de départ peut être un temps, ou une chose ; comme si, pour se souvenir, on remonte les jours d'une semaine ; ou comme si l'on recherche les antécédents ou concomitants d'une chose pour se souvenir d'une autre, et ce, par similitude, contraste ou relation de proximité quelconque. Ce qui permet de réussir cet effort, c'est qu'il y a enchaînement dans les mouvements intérieurs qui relient
L Q. un. De Anima, art. 13, med.