I» rars> q- LXXV, art. 4, ad 1B
le De Anima subsistent, ainsi que l'admirable étude De Unitale Intelleclus, contra Averro'Utas [ .
On n'en comprend pas moins la difficulté, au point de vue positif, d'affirmer une survie qui se trouve être totalement indescriptible, à partir des données de la psychologie terrestre.
Ce qui permet au philosophe chrétien, renseigné par sa foi, renseigné par des nécessités morales et des convenances finalistes, de poursuivre en quelque façon l'étude de la vie psychique jusque au delà, c'est cette constatation que le rôle actuel de l'intellect passif, à savoir sa réceptivité idéale sous l'invasion du monde sensible porteur d'idéal, n'épuise pas sa puissance. Il est un réceptacle d'idées ; peu importe à sa nature que ces idées lui viennent du sensible. C'est là sa condition actuelle; ce n'est pas sa condition nécessaire. Sa nature séparée le rendant inaccessible à la mort, et sa nature réceptive, sans limitation modale, rendant possible son « information » ou détermination cognilive sous d'autres conditions, l'immortalité consciente et active a ses bases. Psychologiquement, elle peut être ; si moralement, elle le doit, tout est bien ; l'homme, avec ses aspirations; le moraliste, préoccupé de ses postulats ; le chrétien, attaché à sa foi peuvent se satisfaire.
La réponse de saint Thomas est donc celle-ci : Les fonctions qui dépendent du corps périssent : tels le sens, l'imagination, l'expérience sensible, la mémoire proprement dite, les passions ; mais les fonctions rationnelles ne périssent point. Seulement, elles retournent leurs axes. Au lieu de
1. Noter en particulier le passage « impossible à dépraver » où Aristole, parlant de l'àme quant à sa partie intellectuelle, déclare nettement qu'elle n'existe pas avant le corps (ce qui s'oppose à l'averroïsme), mais que rien n'empêche qu'elle persiste après (XI Met.. 1070», 20. Saint Thomas : XII,lect. in). Il dit seulement : Rien n'empêche, parce qu'en ce passade, il ne détermine pas. Il faut se souvenir, en enVt, que d'après sa propre promesse (II Phys.. 194.10, et XI Met., i, 1069», 30). Aristote devait traiter, en métaphysique : 1° des formes séparées ; 2° des formes unies à la matière, mais qui en sont séparables, et en tant qu'elles en sont séparables. Qu'eût-il dit de ces dernières, nul ne le sait. La Métaphysique ne nous est arrivée que morcelée, et il se peut fort bien qu'il y manque justement ce qui nous intéresserait si fort.
trouver leurs conditions dans le travail des sens, elles s'orienteront vers les réalités supérieures. (V. note II, p. 336.)
Ne sait-on pas que la source de l'intelligible est en haut? Le sensible, avant de nous informer, est informé lui-même d'une forme divine. Car Informe est divine *. A travers la nature, nous communions, sans le savoir, à sa Source idéale. Envisagée ainsi, la « vision en Dieu » est une vérité profonde. Nous ne pouvons puiser la vérité qu'en Dieu, où elle réside. D'une façon ou d'une autre, il faut que Dieu se mêle à la pensée, et que notre science, ou notre art, ou quoique ce soit de ce qui implique intelligibilité, soit une collaboration divine. Nos idées viennent d'en haut, tout en venant d'en bas, comme l'image du soleil, dans la mer, vient réellement du soleil, tout en venant de la mer. Notre pensée est un reflet idéal, comme les êtres sont un reflet réel, d'un Absolu à la fois idéal et réel.
Dans ces conditions, l'Absolu peut se refléter en nous sans l'intermédiaire du réel qui nous enveloppe. Le monde intelligible, dont l'âme fera partie après avoir brisé ses attaches, nourrira la pensée. Au lieu de contempler les idées en reflet, nous les recevrons de leur source et les contemplerons en nous, avec nous-mêmes, dans notre essence intelligible, utilisant d'ailleurs celles des idées que la vie présente a versées au trésor de l'âme 2.