‹ S. Thomas d'AquinChapitre 122 sur 256 · In H, De Anima, lect. xix · texte numérisé non relu

In H, De Anima, lect. xix

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partie intellectuelle par accident : la transmutation ayant lieu par soi clans la partie sensitive *. »

A fortiori, les fonctions organiques, nécessaires à l'utilisation du savoir, le sont-elles à son acquisition. Il est clair, pour tout homme que ne dominent point des a priori, que les concepts tirent tout leur contenu des représentations sensibles. Ce n'est pas avec la réalité extérieure, que l'intellect est directement en relation; c'est encore moins, ainsi que le croient les ontologistes, platoniciens ou autres, avec un monde d'Idées en soi, ou avec Dieu, ou avec les substances spirituelles : c'est avec l'univers intérieur que les sens ont construit en nous, et dont les différences de tout ordre sont à ce regard transcendant « ce que les couleurs sont à la vue2 ». L'intuition sensible : tel est notre point d'attache avec la réalité. Elle introduit en nous le monde et nous fait devenir ses objets. Ce monde physique, qui ne pourrait imprimer dans l'esprit, imprime dans le sens, qui est de la même pâte. Par là il s'unit à nous, et, parsuite, il s'unit à l'esprit, qui est nous. Dans cette synthèse vitale, c'est le sens qui fait le lien entre l'intellect, transcendant comme tel, mais uni au sens dans l'unité de la personne, et, d'autre part, l'univers physique, étranger comme tel à l'esprit, mais uni à l'homme, qui est esprit, grâce au couple sujet-objet d'où nait la connaissance sensible.

Le problème revient donc, de savoir comment l'esprit réalise le travail d'assimilation idéale que nous appelons anthropomorphiquement une lecture (Intelligere : intuslegere). Reprenons ce travail à son point de départ, en insistant toujours sur ce qui colore si fortement, et si heureusement aujourd'hui, le système thomiste : le caractère physique de l'âme.

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