pars, q. LXXIX, art. 6, ad
A l'égard de la vie future, ou voit les graves conséquences qui pourraient sortir de cette thèse, si elle ne se trouvait corrigée par ce qui a été dit plus haut, conjecturalement, au sujet de l'âme séparée de l'organisme { . L'âme séparée pense, désormais, par une descente d'intelligible, et non par une montée abstractive. L'abstrait qui demeure en elle n'y est pas inutile : il constitue une disposition spéciale qui conditionne l'emploi des idées venues de plus haut, détermine leur généralité à certains objets, et fait ainsi que l'âme repense ce qu'elle a autrefois pensé, en se rendant compte qu'elle le repense2. C'est bien là se souvenir d'une certaine manière. Mais il reste qu'en rigueur et selon le langage accoutumé des philosophes, la parole d'Aristote est vraie : Le corps dissous, l'amené se ressouvient pas3.