H. — LE VERBE MENTAL. — LE JUGEMENT
On sait déjà, et l'expérience intellectuelle nous le fait voir, que l'enrichissement d'être obtenu par l'idée n'est pas vécu par nous, nécessairement, d'une façon actuelle. L'homme qui dort ne perd pas ses idées acquises; elles sont en lui à l'état d'acte mêlé de puissance : acte par rapport à la tabula rasa qu'était auparavant l'intelligence ; puissance par rapport à l'achèvement que suppose la considération actuelle. L'âme est un lieu d'idées [locus specierum) ; mais une évolution nouvelle est requise pour la mise en usage du trésor. A cette évolution, l'âme, par elle-même, est toujours prête; l'âme ne dort pas; mais il y faut des conditions organiques, lesquelles étant fournies par automatisme ou par volonté, l'idée latente éclôt en idée actuelle, engendre un fruit idéal dont la forme reçue (species impressa) est le principe, et qui exprime l'idée comme par une sorte de diction intérieure. D'où