pars, q. LXXXIX, art. 4, cum comment. Cajet
3. Iapars, q. LXXXIX, art. 6, arg. 1. Cf. nEPPFYXH2, A. 408a, 27.
ces appellations équivalentes : dictio cordis, conceptus, conceptio mentis, species expressa, verbum mentis. Il y a là un travail semblable à celui de l'imagination qui rappelle et utilise les données des sens. Seulement, ce qui se réalise, ici, par un double pouvoir, se réalise là par un seul, en raison de l'immatérialité de l'intelligence.
C'est dans le verbe mental que s'acbève le travail de l'esprit; en lui que se réalise pleinement, puisque c'est consciemment, l'unité du connu et du connaissant en tant que tels. Aussi le verbe mental est-il proprement le connu, bien qu'il ne soit pas ce qui est connu. Ce qui est connu, c'est le réel extérieur; mais ce qui en est connu, c'est le contenu du concept, ou pour mieux dire le concept même, en tant que représentatif de la chose *. Il s'ensuit que ce qu'on appelle opérations de l'esprit fournit les divisions des concepts. Or les opérations fondamentales sont celles-ci : premièrement, la simple appréhension, par laquelle l'esprit forme en soi une représentation de l'objet par manière de définition incomplexe : homme, animal, blancheur, etc. ; deuxièmement, la composition et la division, par lesquelles l'esprit se donne une vue plus complète de la chose, en ajoutant au donné primitif des déterminations successives : l'homme est un animal; l'homme est blanc, etc.,
La définition et dénonciation, ou jugement, tels sont donc les deux types de paroles intérieures. Dans l'imagination s'en trouvera le reflet sous la forme d'images verbales, et la parole articulée en sera le signe pour autrui : telle une valeur d'échange 2. Quand une troisième opération, le raisonnement, viendra se joindre aux deux autres à titre de développement naturel, le verbe mental n'y trouvera pas une nature nouvelle (une proposition
1. De Intellectu et intelligibili, init. ; IV C. Gentes, c. xi.
2. In I Sent., dist. XXVII, q. II, art. 1 ; I C. Génies, c. Lin; IV, c. xi; q. VIII, De Pot., ait. 1. La connaissance tout entière est ainsi conçue à la façon d'un langage qui dit le monde au dedans, et qui l'exprime ensuite au dehors par des signes.
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conclue est en soi une énonciation comme une autre) mais simplement une nouvelle origine l.
Nous sommes amenés ainsi à analyser les progrès de l'esprit; à nous demander par quelles voies il procède, quelles conditions sont imposées à ses démarches, où se trouvent pour lui les fondrières.
Tout d'abord, notre esprit, partant de la potentialité pure, va nécessairement par étapes. « Il est semblable aux êtres qu'engendre la nature, lesquels n'ont pas immédiatement leur perfection pleine, mais l'acquièrent successivement 2. » En conséquence, comme fruit des expériences sensibles qui lui ont présenté ses objets, l'esprit en conçoit d'abord une idée générale, qui a valeur d'essence; il perçoit ce qu'est cette chose {quidditatem ipsius reî). Puis, poursuivant la recherche de ses propriétés, de ses accidents, de ses façons d'être, il arrive à la qualifier et à s'en faire une idée plus riche, qui est à la notion du début ce que le mixte est à l'élément, dans la nature 3. Les attributions successives ainsi obtenues sont positives ou négatives; positives, si l'on dit ce que la. chose est; négatives, si l'on dit ce qu'elle n'est pas, ce qui est une façon de la caractériser par contraste. La composition et la division apparaissent ainsi comme une nécessité de l'esprit, nécessité qui en entraînera une autre : celle du raisonnement, celui-ci n'étant pas autre chose que le passage d'une composition ou d'une division à une composition ou à une division ultérieures.
Un intellect hors la chair ne procéderait pas ainsi. N'ayant point à abstraire; recevant l'intelligible tout fait et le puisant à sa source, au lieu de le juger en reflet, cet