I* pars, q. LVIII, art. 1 et
3. P pars, loc. ull. cit.; In I Péri Hermenias, lect. i, init.
l'intelligence. 177
animal; cet homme est blanc, comme si l'homme et l'animal, l'homme et le blanc, étaient deux choses, alors que nous voulons au contraire affirmer l'identité, en ce cas, de ce qui est homme et de ce qui est animal; de ce qui est homme et de ce qui est blanc. Mais il y a pourtant, dans la réalité, de quoi fonder cette façon de procéder de notre intelligence. Le blanc est identique à l'homme ; mais la blancheur en est distincte : autre est la qualité, autre, d'une certaine façon, la substance1. D'autre part, la substance matérielle, objet de notre esprit, est composée de matière et de forme. Or la matière et la forme donnent un fondement réel aux genres et aux espèces que nos attributions utilisent. La matière fournit le genre et la forme l'espèce. Le genre suprême est la substance matérielle en tant que telle, c'est-à-dire le corps. Puis, par ses différenciations successives, nées de la forme, la substance matérielle réalise les genres intermédiaires-, qui sont espèces par rapport au premier et qui aboutissent à l'espèce indivisible (species atomd) que les prpcédés de la génération nous révèlent. Une double base d'attributions est ainsi constituée : une base d'attributions substantielles : L'homme est un animal; l'arbre vit, etc.; une base d'attributions accidentelles : Cet homme est savant, grand, vêtu ou logé ainsi, en tel temps, etc. Toujours est-il que les compositions de la nature ne sont pas transportées en nous telles quelles, mais adaptées au mode de l'esprit, dont le devenir est conditionné de tant de manières.