‹ S. Thomas d'AquinChapitre 140 sur 256 · Cf. supra, t. I, 1. I, ch. m, B · texte numérisé non relu

Cf. supra, t. I, 1. I, ch. m, B

SAINT THOMAS d'AQI'IN. — T II. 12

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qu'elles ont rapport à l'intelligence '. Mais puisque cette dernière solution est acquise, on pourra partir d'elle et raisonner de la façon suivante2.

La chose vraie est celle qui a la forme convenable à sa nature. Un intellect sera donc vrai, quand il aura une forme de connaissance achevée et répondant à la réalité : car telle est bien sa forme propre, en tant que puissance connaissante. A cause de cela, on définit la vérité par la conformité de l'intellect avec ce qui est, et connaître cette conformité, c'est connaître la vérité.

Mais, il importe ici de comprendre. Par les sens, nous avons en nous une certaine similitude des choses; cette similitude, obtenue, nous permet de vivre les choses en vivant notre propre vie : il y a là une synthèse. Mais de cette synthèse, le sens est l'un des termes, le réel est l'autre terme, de sorte que la synthèse comme telle n'est pas vécue par nous, n'est pas reconnue par nous. Le sens sent, et le sens sent qu'il sent ; mais s'il éprouve ainsi les choses et luimême, il n'en ignore pas moins et les choses et lui-même, ne jugeant point de sa ressemblance, ne portant en soi rien qui exprime qu'une chose est, ni que lui-même soit, ni que rien soit commun à lui-même et aux choses. Si donc le sens est vrai, c'est à la façon d'un portrait, d'un miroir où l'objet se reflète, en un mot, d'une chose morte. Comme connaissant, il n'est ni vrai, ni faux, ne possédant, sous ce rapport, rien en propre ; ne portant point en soi le connu comme connu [cognitum ut cognitum), lequel, ainsi reçu, prêterait à la vérité ou à l'erreur, selon le rapport qu'entretiendrait la forme de conception avec la réalité même.

Du moins, la vérité se trouvera-t-elle dans l'intelligence en tant que celle-ci, continuant, en le dépassant, notre outil sensitif, abstrait de notre expérience sensible une forme

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