‹ S. Thomas d'AquinChapitre 142 sur 256 · In Sent., loc. cit., ad 7m · texte numérisé non relu

In Sent., loc. cit., ad 7m

2. Il convient de remarquer que la notion d'essence (quod quid est) est prise ici dans un sens tout à fait générique, et comme commune à toutes les déterminations de l'être. Un parisien intelligent du treizième siècle est, à ce titre, une essence.

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quelque chose est ou n'est pas, ce qui est le propre de l'intellect composant ou divisant1. »

On voit donc que pour saint Thomas, la similitude de V intellect et des choses, en quoi consiste la vérité, n'est pas une similitude directe. Elle ne consiste pas dans l'impression passive de l'objet, telle qu'elle a été posée à titre de principe de la connaissance; ni même dans le verbe mental incomplexe, qui conçoit selon la similitude de la chose, mais n'exprime point, par lui-même, cette similitude [apprehendit in comparatione ad rern, sed non apprehendit comparationem2). Elle consiste dans la proportionnalité qui s'établit, en cas de jugement vrai, entre les termes de ce jugement : sujet, prédicat, et les aspects de réalité qu'ils expriment. C'est une équation à quatre termes, sauf que la distinction réelle des termes rapprochés par le jugement ne se retrouve dans l'objet que virtuellement, en ce qu'il prête fondement au découpage que l'imperfection de l'intelligence nous oblige à opérer, pour connaître.

En tout cas, sous ce rapport, l'équation dont je parle subsiste, et le jugement est dit vrai pour autant que l'égalité de concepts qu'il exprime répond à une identité in re entre ce que le sujet de l'énonciatien présente sous un certain aspect, le prédicat sous un autre. Quand je dis in re, ce n'est pas pour prétendre que tout jugement vrai se rapporte à une réalité extérieure. Si je dis : La chimère est un animal fabuleux, ce jugement est vrai, bien que ne répondant à rien dans la nature; mais il répond pourtant à un certain être, qu'il qualifie correctement, à savoir l'être que nous donnons à ce que conçoit notre intelligence. « Il n'est pas nécessaire qu'à toute vérité corresponde quelque chose au dehors de l'âme, puisque la vérité est toute dans l'âme », au lieu d'être intrinsèquement, ainsi que le croient quelques-uns, une relation de l'âme aux choses 3.

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