I' II", q. LI, art
un retour sur nous (reditione compléta), nous essayons de le mettre en doute, c'est encore par son moyen. L'adhésion aux principes du savoir n'est donc qu'une adhésion à nousmêmes.
Mais si tel est le fondement du vrai, fondement en second du reste, le départ de tout étant la réalité connaissable en tant que telle, reste que le vrai lui-même n'apparaît qu'avec le jugement, et c'est pourquoi ces informations des sens que volontiers nous appellerions erronées, en ce que les jugements qu'elles provoquent naturellement ne répondent pas à la réalité des choses, ces informations, dis-je, ne sont nullement erronées en soi; elles sont ce qu'elles sont, reflet authentique du réel, étant donné les circonstances où elles se produisent. Qu'elles provoquent tel jugement erroné, la faute en est à notre précipitation, non à elles-mêmes. C'est à nous de critiquer leurs données, et si, par exemple, l'observation empirique nous met en face de faux continus, de fausses couleurs, défausses dimensions, défausses relations, etc., il appartient au jugement de les dénoncer, en faisant appel à d'autres ressources. Il faut répéter ici que l'opération de l'esprit où se trouve la vérité ou l'erreur n'est point passivité, mais action, et qu'ainsi de nos erreurs, une puissance purement passive comme le sens, ou même comme l'intellect simplement informé par le sens, ne saurait être tenu responsable1.
Qui approfondirait cette doctrine la trouverait compréhensive au delà de ce qu'on croit. Il n'aurait plus aucune peine à la mettre en rapport avec des théories scientifiques quelles qu'elles soient, pourvu que celles-ci ne prétendent pas plus à s'ériger subrepticement en métaphysiques que la doctrine thomiste du savoir, établie en métaphysique, ne devra s'avancer inconsidérément sur le terrain de la science expérimentale.
Enfin, la vérité, amorcée dans le concept, exprimée dans